
1997 : Entre visages volés, naufrages colossaux et ombres sombres
L’avis de CritiKs MoviZ : 1997, le spectacle sans frein
Notre avis sur le cinéma de 1997 est limpide : c’est l’année de la démesure. En effet, les réalisateurs ont eu carte blanche et des budgets colossaux pour pousser leurs concepts jusqu’au bout. Par ailleurs, 1997 réussit le grand écart parfait entre le blockbuster déchaîné et le polar noir d’une élégance folle. Bien que certains studios aient commencé à abuser des effets numériques naissants, la générosité des propositions à l’écran reste ahurissante. Finalement, c’est un cru mémorable où l’action et le suspense ont tutoyé les sommets.
Le « Big Three » : Les piliers du culte
1/. FACE/OFF (VOLTE/FACE) – John WOO

- Fiche Technique : Réalisateur : John Woo | Budget : 80 M$. Box-office : 245 M$
- L’Analyse : John Woo au sommet absolu de sa période américaine. Nicolas Cage et John Travolta échangent leurs visages et leurs jeux dans un opéra baroque et hystérique. Les fusillades au ralenti avec colombes sont poussées au rang d’art pur.
- Le verdict : Le chef-d’œuvre de l’action des années 90. Un délire jubilatoire et parfaitement maîtrisé.
2/. L.A. CONFIDENTIAL – Curtis Hanson

- Fiche Technique : Réalisateur : Curtis Hanson | Budget : 35 M$. Box-office : 126 M$
- L’Analyse : L’adaptation magistrale de James Ellroy. Curtis Hanson ressuscite le film noir avec une reconstitution minutieuse du Los Angeles des années 50, portée par un trio Russell Crowe, Guy Pearce et Kevin Spacey intouchable.
- Le verdict : Un polar froid, complexe et brillant. La référence moderne du genre.
3/. TITANIC – James Cameron

- Fiche Technique : Réalisateur : James Cameron | Budget : 200 M$. Box-office : 2,2 Mds$
- L’Analyse : Le film de tous les records et de toutes les démesures. James Cameron livre une fresque romantique et catastrophe monumentale où la rigueur technique sert une émotion brute.
- Le verdict : Un monstre de cinéma qui a terrassé la planète entière.
Le cycle de critiques : l’héritage de 1997 sur CKMZ
Pour approfondir cet avis sur le cinéma de 1997, la base de données du blog est exceptionnellement riche. En effet, des confins de l’espace aux méandres des thrillers psychologiques et du cool selon Tarantino, l’année a été prolifique :
- COP LAND (1997) : Stallone livre la meilleure performance de sa carrière dans ce polar crépusculaire au casting XXL.
- DONNIE BRASCO (1997) : Face-à-face bouleversant entre Al Pacino et Johnny Depp dans un drame mafieux d’une justesse folle.
- THE LOST WORLD: JURASSIC PARK (LE MONDE PERDU) (1997) : Spielberg assombrit sa franchise avec une suite plus sombre, sauvage et féroce.
- MEN IN BLACK (1997) : Will Smith et Tommy Lee Jones forment le duo d’agents secrets le plus cool et décalé de la galaxie.
- SCREAM 2 (1997) : Wes Craven réussit le tour de force d’offrir une suite méta et ultra-efficace qui rivalise avec l’original.
- BREAKDOWN (1997) : Kurt Russell piégé au milieu du désert dans un modèle absolu de thriller poisseux et sans répit.
- JACKIE BROWN (1997) : Quentin Tarantino signe son film le plus mature et élégant en rendant hommage à Pam Grier.
- THE FIFTH ELEMENT (LE CINQUIÈME ÉLÉMENT) (1997) : Luc Besson invente une SF pop, colorée et survoltée portée par un Bruce Willis en pleine forme.
- TOMORROW NEVER DIES (DEMAIN NE MEURT JAMAIS) (1997) : Pierce Brosnan affronte un magnat des médias dans un James Bond nerveux et prophétique.
- CONSPIRACY THEORY (COMPLOTS) (1997) : Mel Gibson et Julia Roberts dans un thriller paranoïaque typique des années 90.
- ABSOLUTE POWER (LES PLEINS POUVOIRS) (1997) : Clint Eastwood repasse derrière et devant la caméra pour un thriller politique et sophistiqué.
- THE PEACEMAKER (LE LEADER) (1997) : George Clooney et Nicole Kidman traquent la menace nucléaire dans un film d’action carré.
- THE DEVIL’S OWN (ENENNIS RAPPROCHÉS) (1997) : Choc des générations et des styles entre Harrison Ford et Brad Pitt.
- THE DEVIL’S ADVOCATE (L’ASSOCIÉ DU DIABLE) (1997) : Duel au sommet entre Keanu Reeves et un Al Pacino diabolique.
- METRO (1997) : Eddie Murphy redevient un flic négociateur dans un polar d’action calibré.
- DOUBLE TEAM (1997) : Jean-Claude Van Damme s’associe à Dennis Rodman dans un délire d’action jouissif et déconnecté.
- THE FULL MONTY (1997) : La comédie britannique phénomène qui a su lier humour, détresse sociale et impertinence.
- I KNOW WHAT YOU DID LAST SUMMER (SOUVIENS-TOI… L’ÉTÉ DERNIER) (1997) : Le slasher post-Scream par excellence avec son tueur au crochet.
- THE GAME (1997) : David Fincher enferme Michael Douglas dans une machination labyrinthique et étouffante.
- STARSHIP TROOPERS (1997) : Paul Verhoeven signe une satire antimilitariste tranchante sous couvert de SF gore.
- LES AILES DE L’ENFER (CON AIR) (1997) : Nicolas Cage à chevelure au vent dans un avion rempli de psychopathes.
- EVENT HORIZON (1997) : Paul W.S. Anderson mélange SF et horreur gothique pour un cauchemar spatial sous-estimé.
- BIENVENUE À GATTACA (1997) : Une anticipation élégante et philosophique portée par Ethan Hawke et Uma Thurman.
- CONTACT (1997) : Robert Zemeckis propose une quête scientifique passionnante avec Jodie Foster.
- CUBE (1997) : Vincenzo Natali révolutionne le Huis Clos avec un concept minimaliste redoutable.
- AIR FORCE ONE (1997) : Harrison Ford fait le ménage dans l’avion présidentiel face à Gary Oldman.
- G.I. JANE (1997) : Demi Moore sous la direction de Ridley Scott pour un drame militaire intense.
- ALIEN RESURRECTION (1997) : Jean-Pierre Jeunet apporte sa touche baroque à la franchise xénomorphe.
- HOODLUM (1997) : Laurence Fishburne et Tim Roth dans un polar mafieux période Harlem.
- RED CORNER (1997) : Richard Gere piégé par le système judiciaire chinois.
- THE APOSTLE (1997) : Robert Duvall livre une performance magistrale en prédicateur habité.
- LE COLLECTIONNEUR (1997) : Morgan Freeman et Ashley Judd affrontent un serial killer machiavélique.
- MURDER AT 1600 (1997) : Wesley Snipes mène l’enquête à la Maison-Blanche.
- THE JACKAL (LE CHACAL) (1997) : Bruce Willis en tueur insaisissable face à Richard Gere.
- DANTE’S PEAK (1997) & VOLCANO (1997) : Le double choc catastrophe volcanique.
- MENACE TOXIQUE (1997) : Steven Seagal joue les justiciers écolos.
- SPEED 2: CRUISE CONTROL (1997), MORTAL KOMBAT ANNIHILATION (1997) & UN AMOUR DE SORCIÈRE (1997) : Les naufrages industriels du millésime qu’il fallait bien répertorier.
La pépite oubliée : Cure – Kiyoshi Kurosawa

- L’Analyse : Un inspecteur traque un tueur en série amnésique qui pousse des gens ordinaires au crime par hypnose. Une ambiance poisseuse et dérangeante au possible.
- Pourquoi tu dois le voir : Parce que c’est le sommet du thriller psychologique japonais qui servira de fondation à toute la vague d’horreur asiatique des années 2000.
- Découvrir la critique complète : Cure (1997).
Le contre-pied : « Le Ciel est à nous », la marge qui patine
En 1997, la France essaie de faire son Pulp Fiction décalé avec le film de Graham Guit. C’est déjoncté, ça veut casser les codes avec un trio Élodie Bouchez, Romane Bohringer et Melvil Poupaud… mais l’énergie tombe à plat. Bien que la tentative de sortir du drame bourgeois soit louable, le film s’égare dans sa propre pose « cool » artificielle. Face à la furie visuelle d’un Volte/Face ou au ciseau de L.A. Confidential, le cinéma décalé hexagonal montre cruellement ses limites de moyens et d’écriture.
Conclusion : 1997, le feu d’artifice avant la mutation
1997 restera dans les mémoires comme l’apogée d’une certaine idée du cinéma américain : démesurée, organique et viscérale. En effet, entre la débauche de cascades pyrotechniques de Volte/Face, la rigueur esthétique de L.A. Confidential et le choc émotionnel de Titanic, ce cru aura poussé le spectacle grand format dans ses derniers retranchements. Par ailleurs, c’est l’un des derniers millésimes où les effets de plateau et le savoir-faire des cascadeurs l’emportaient encore sur l’omniprésence du numérique. Bien que la décennie touche doucement à sa fin, les cinéastes n’ont jamais semblé aussi libres d’imposer leur vision sans concession. Finalement, 1997 aura prouvé que le cinéma de genre pouvait être à la fois un rouleau compresseur commercial et une œuvre d’auteur inoubliable.
En route vers 1998 : La guerre, la paranoia et le virtuel
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Préparez-vous à boucler votre ceinture, car 1998 s’annonce déjà comme une année d’une intensité rare sur CritiKs MoviZ. Entre la claque guerrière et réaliste de Steven Spielberg (Il faut sauver le soldat Ryan), le vertige paranoïaque de Peter Weir (The Truman Show) et l’invasion imminente d’astéroïdes géants (Armageddon, Deep Impact), 1998 va redistribuer toutes les cartes du divertissement. Rendez-vous très vite pour décortiquer cette nouvelle année de cinéma !
En savoir plus sur CritiKs MoviZ
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Discussion
Pas encore de commentaire.