
Le chaos visuel par excellence…
Note & Verdict d’entrée
Une purge visuelle qui ferait passer un épisode de Power Rangers pour du Andreï Tarkovski. John R. Leonetti signe ici un naufrage industriel où le mauvais goût le dispute à l’incompétence technique. Découvrons à travers cette critique de Mortal Kombat Annihilation (1997) comment cette suite a réussi l’exploit de transformer une licence culte en un accident industriel fascinant.
Note : 2/5 (★★☆☆☆)
Le Pitch
À peine le tournoi précédent terminé, l’empereur Shao Kahn brise les règles du Mortal Kombat en envahissant la Terre. Liu Kang, Kitana et les derniers défenseurs du Royaume ont six jours pour empêcher la fusion des mondes. S’ensuit une cavalcade de combats sans queue ni tête où les personnages entrent et sortent du cadre sans la moindre logique narrative ou dramatique.
Notre avis sur MORTAL KOMBAT ANNIHILATION
Écrire un avis sur Mortal Kombat Annihilation, c’est s’attaquer à l’essence même du « nanar » à gros budget. Si le premier opus de Paul W.S. Anderson conservait une certaine tenue, cette suite s’effondre sous le poids d’une production précipitée. Le scénario n’est qu’un prétexte grossier pour aligner des personnages dont on ne retient ni le nom, ni l’utilité, transformant le récit en une succession de vignettes sans lien organique. C’est un produit pur jus des années 90, mais dans ce qu’elles avaient de plus superficiel et de moins maîtrisé.
Les atouts majeurs
En cherchant bien, on peut saluer une forme d’ambition dans la direction artistique qui tente de reproduire l’esthétique saturée et sombre du jeu vidéo. Les décors de studio, bien que kitchs, conservent ce charme « campy1 » des productions de l’époque. Par ailleurs, la bande-son techno-industrielle de George S. Clinton insuffle une énergie qui sauve certains duels du marasme total. C’est un plaisir coupable pour ceux qui cherchent une immersion brute, presque naïve, dans l’univers de Midway sans aucune prétention intellectuelle.
Les faiblesses et limites
Le film est un désastre de montage. La structure narrative est totalement fragmentée, sacrifiant toute émotion pour un rythme effréné qui finit par lasser. On sent que le script a été charcuté pour faire tenir un maximum de « Kombats » en un minimum de temps. Bien que l’intention soit de plaire aux fans, ce fan-service constant finit par étouffer le film, empêchant toute caractérisation sérieuse des nouveaux venus comme Sindel ou Nightwolf, réduits à des fonctions purement mécaniques.
La mise en scène / Le jeu
John R. Leonetti, chef opérateur de métier, prouve qu’il n’est pas un metteur en scène. Sa caméra est incapable de magnifier les chorégraphies, et les effets numériques sont, même pour 1997, d’une laideur abyssale (la scène de l’Animality est un cas d’école de CGI ratés). Côté casting, James Remar tente de sauver les meubles en Raiden, mais le reste de la distribution semble perdu dans des dialogues stéréotypés et des costumes qui ressemblent à des panoplies de carnaval mal ajustées.

Le saviez-vous ?
- Changement de visage : Presque tout le casting original a refusé de revenir, à l’exception de Robin Shou et Talisa Soto. Christophe Lambert a décliné le rôle de Raiden pour tourner Beowulf (1999), pressentant probablement le naufrage.
- Tournage mondial : Malgré son rendu « studio », le film a été tourné dans des lieux impressionnants comme les grottes d’Ajanta en Inde et le château de Petra en Jordanie, des décors réels malheureusement gâchés par des incrustations numériques douteuses.
- Musique culte : La bande-originale a été un succès commercial massif, certifiée platine, prouvant que l’emballage sonore était bien plus solide que le film lui-même.
Conclusion et recommandation
Mortal Kombat Annihilation (1997) est réservé aux nostalgiques purs et durs ou aux amateurs de soirées « nanars » entre amis. Il occupe une place de choix dans le panthéon des adaptations de jeux vidéo ratées, illustrant parfaitement comment le spectacle pur peut s’autodétruire sans une vision artistique cohérente. Rejoins la chaîne WhatsApp CritiKs MoviZ : c’est gratuit, 100 % anonyme et tu reçois mes derniers verdicts ciné direct sur ton smartphone ! Si tu veux voir ce que la licence a donné de mieux (ou de pire), jette un œil à notre critique de MORTAL KOMBAT (1995) pour comparer.
Pistes de réflexion
Le film pose la question de la limite du fan-service : suffit-il de porter à l’écran les coups spéciaux d’un jeu pour faire du cinéma ? En sacrifiant la cohérence au profit du catalogue de personnages, John R. Leonetti a oublié qu’une licence, aussi forte soit-elle, a besoin d’un cœur narratif pour battre.
À vous de juger
Alors, plaisir coupable ou torture visuelle indéfendable ?
Donnez-moi votre avis en commentaire, si vous avez survécu à l’Animality finale.

- Le style « Camp » exagère volontairement certains éléments du genre ou du thème. Le style « Kitsch » est souvent confondu avec le style « camp ». Le kitsch, c’est ringard ou de mauvais goût. ↩︎
En savoir plus sur CritiKs MoviZ
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Discussion
Pas encore de commentaire.