Action, Arts Martiaux, Fantastique, Science fiction, Thriller

MORTAL KOMBAT (1995) ★★★✮☆

Temps de lecture : 5 minutes
Affiche du film Mortal Kombat (1995) montrant le logo du dragon en pierre craquelée sur fond noir.
« Nothing in this world has prepared you for this. » L’affiche qui a fait trembler les salles en 95.

Le nanar de luxe culte…

Paul W.S. Anderson signe ici l’un des rares miracles du genre : une adaptation de jeu vidéo qui ne donne pas envie de s’arracher les yeux. C’est kitsch, ça transpire la techno des années 90, mais c’est d’une efficacité redoutable face à la platitude du cinéma d’action actuel. Découvrons à travers cette critique de Mortal Kombat (1995) comment ce tournoi sanglant a survécu au game over temporel.

Note : 3.5/5 (★★★✮☆)

Trois combattants d’élite — un moine Shaolin revanchard, une flic tenace et une star de cinéma imbue d’elle-même — sont convoqués sur une île mystérieuse. Leur mission ? Remporter le Mortal Kombat, un tournoi millénaire contre les forces de l’Outre-monde. Si les humains perdent, l’Empereur Shao Kahn envahit la Terre. Entre deux fatalités, il faudra surtout survivre au charisme de Christophe Lambert.

Notre avis sur MORTAL KOMBAT

On ne va pas se mentir, donner un avis sur Mortal Kombat en 2024 demande une certaine dose de nostalgie, mais le constat reste surprenant : le film tient mieux la route que beaucoup de blockbusters numériques sans âme. Là où d’autres se noient dans des explications méta-physiques inutiles, Paul W. S. Anderson embrasse le premier degré total. C’est une série B qui s’assume, un plaisir coupable qui respecte son matériau d’origine sans chercher à l’intellectualiser. C’est bête, c’est méchant, et c’est pour ça qu’on l’aime.

Le point fort, c’est cette fidélité quasi religieuse à l’ADN des salles d’arcade. Le film ne se contente pas de citer le jeu, il en adopte la grammaire visuelle. Les arènes (le temple, la forêt, le navire) sont stylisées avec une direction artistique colorée qui évite le réalisme grisâtre. Et puis, il y a la musique : ce thème techno assourdissant qui propulse le rythme et transforme chaque duel en clip MTV survitaminé. On est dans l’épure du combat, une succession de tableaux où la chorégraphie prime sur le verbe.

Évidemment, si tu cherches du William Shakespeare, passe ton chemin. Le scénario est aussi épais qu’une feuille de papier à cigarette et sert uniquement de prétexte pour passer de l’arène A à l’arène B. La structure narrative est d’une linéarité effrayante, sacrifiant toute tension dramatique au profit du spectacle pur. Certaines transitions sont tellement abruptes qu’on a l’impression qu’il manque des scènes de dialogue (ce qui n’est peut-être pas plus mal).

Paul W.S. Anderson filme l’action avec une générosité qu’on ne lui retrouvera plus forcément par la suite. C’est fluide, lisible, et l’usage des décors réels (les temples en Thaïlande) apporte une texture que le CGI ne remplacera jamais. Côté casting, Robin Shou est impérial, Cary-Hiroyuki Tagawa cabotine avec un génie maléfique en Shang Tsung, et Christophe Lambert… fait du Christophe Lambert. Son Raiden est lunaire, entre rire iconique et sagesse de comptoir, mais il apporte ce grain de folie nécessaire.

Christopher Lambert en Raiden dans Mortal Kombat (1995), yeux projetant des éclairs bleus.
20Raiden, ou quand Christophe Lambert décide que l’électricité statique est un accessoire de mode.

Le tournage ne fut pas de tout repos : Brandon Lee devait initialement incarner Johnny Cage avant sa mort tragique sur The Crow. Quant aux décors, l’équipe a dû transporter tout le matériel à dos d’éléphant dans des zones reculées de Thaïlande pour obtenir ces visuels de temples authentiques. Enfin, sache que la célèbre chanson « Techno Syndrome » n’était même pas prévue pour être le thème principal au départ !

Mortal Kombat est la capsule temporelle parfaite de 1995. C’est le film idéal pour une soirée entre potes qui ne veulent pas réfléchir mais qui apprécient une esthétique marquée et une action honnête. Il reste, malgré ses rides, le mètre étalon de l’adaptation fidèle. Rejoins la chaîne WhatsApp CritiKs MoviZ : c’est gratuit, 100 % anonyme et tu reçois mes derniers verdicts ciné direct sur ton smartphone ! Si tu aimes les tournois kitsch, va voir ma critique de Street Fighter (1994), c’est bien pire mais tout aussi fascinant.

Le film pose une question intéressante : une adaptation de jeu vidéo doit-elle forcément chercher à « s’élever » au-dessus de son support ? En restant fidèle aux archétypes de base, Mortal Kombat a mieux vieilli que des films plus ambitieux qui ont tenté de réinventer la roue en oubliant le plaisir ludique.

Alors, prêt à crier « Get over here » devant ta télé ou tu trouves que ce film mérite de finir dans la fosse aux piques ? Dis-le moi en commentaire !


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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