
Du sang, des pixels et des larmes…
Note & Verdict d’entrée
Une adaptation qui caresse le fan dans le sens du poil à coups de Fatalities sanglantes, mais qui s’encouble dans un script d’une pauvreté affligeante. Simon McQuoid livre un produit calibré, techniquement propre, qui oublie malheureusement d’injecter une âme dans sa carcasse numérique. Découvrons à travers cette critique de Mortal Kombat (2021) si le tournoi mérite vraiment votre attention ou s’il n’est qu’un simple « Button Masher » cinématographique.
Note : 2.5/5 (★★✮☆☆)
Le Pitch
Cole Young, un combattant de MMA raté, ignore tout de son héritage jusqu’à ce qu’il soit traqué par Sub-Zero, l’assassin du clan Lin Kuei. Pour protéger sa famille, il rejoint une équipe de champions choisis pour défendre la Terre lors du Mortal Kombat, un tournoi millénaire contre les forces de l’Outre-Monde dirigées par le sorcier Shang Tsung.
Notre avis sur MORTAL KOMBAT
Vouloir adapter Mortal Kombat en 2021 imposait un cahier des charges schizophrénique : satisfaire les puristes assoiffés de gore tout en introduisant un nouveau public via un protagoniste inédit. En effet, si le contrat esthétique est rempli, notre avis sur Mortal Kombat (2021) reste mitigé tant le film ressemble à une longue introduction de deux heures pour une suite qui tarde à venir. On apprécie la générosité des effets visuels, mais on déplore une narration qui se prend bien trop au sérieux pour un matériau de base aussi outrancier.
Les atouts majeurs
Le film brille dès son prologue, une confrontation magistrale entre Hanzo Hasashi et Bi-Han qui enterre instantanément les versions nanardes des années 90. La direction artistique embrasse enfin la brutalité du support original. Les Fatalities ne sont pas là pour faire de la figuration ; elles sont viscérales, inventives et parfaitement exécutées techniquement. Par ailleurs, la présence de pointures comme Hiroyuki Sanada et Joe Taslim apporte une crédibilité martiale indéniable. Les chorégraphies, bien que parfois trop découpées, respectent les styles iconiques des personnages, rendant justice aux pouvoirs élémentaires de Scorpion et Sub-Zero sans tomber dans le ridicule total.
Les faiblesses et limites
Le bât blesse dès qu’on s’éloigne de l’arène. L’introduction de Cole Young, personnage créé de toutes pièces pour le film, est une erreur stratégique majeure. Fade et sans charisme, il vole un temps précieux aux icônes que l’on est venu voir. Bien que le lore soit respecté, le scénario s’embourbe dans une exposition interminable sur les « arcanas » (l’explication magique des pouvoirs), une invention inutile qui alourdit un récit déjà prévisible. Les dialogues volent bas, oscillant entre le fan-service forcé et des répliques de séries B qui manquent cruellement de l’ironie nécessaire à ce genre d’exercice.
La mise en scène / Le jeu
Simon McQuoid, issu de la publicité, soigne son cadre mais peine à dynamiser ses transitions. Si les combats singuliers ont du punch, la gestion du rythme global est inégale, avec un ventre mou pesant au milieu du second acte. Côté casting, Joe Taslim est impérial en Sub-Zero, dégageant une menace constante. À l’inverse, Lewis Tan fait ce qu’il peut avec un rôle ingrat, tandis que Josh Lawson (Kano) tente désespérément d’apporter une touche d’humour qui finit souvent par tomber à plat.

Le saviez-vous ?
Le réalisateur a insisté pour utiliser le maximum de décors réels en Australie afin de limiter l’usage des fonds verts, une rareté pour une production de ce type. La bande-son de Benjamin Wallfisch réinvente le célèbre thème « Techno Syndrome » de 1994, en y injectant des sonorités orchestrales modernes et sombres. Enfin, Hiroyuki Sanada a réalisé la quasi-totalité de ses cascades, prouvant qu’à 60 ans, il reste le patron du cinéma d’action asiatique.
Conclusion et recommandation
Mortal Kombat (2021) s’adresse prioritairement aux joueurs qui veulent voir leurs « coups spéciaux » préférés sur grand écran. C’est un divertissement honnête pour une soirée pizza, mais il échoue à devenir le grand film d’aventure fantastique qu’il aurait pu être. Finalement, on est plus proche du plaisir coupable que du chef-d’œuvre du genre. Rejoins la chaîne WhatsApp CritiKs MoviZ : c’est gratuit, 100 % anonyme et tu reçois mes derniers verdicts ciné direct sur ton smartphone !
Pistes de réflexion
Le cinéma peut-il un jour s’affranchir de la structure « Origins Story » pour les adaptations de jeux de combat ? En voulant tout expliquer, le film perd l’essence même du tournoi : l’urgence et le mystère.
À vous de juger
Alors, Fatality ou Flawless Victory ?
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