Action, Ciné-Asia, Crime - Policier, Hong-Kong, Thriller

CITY ON FIRE (1987) ★★★★✬

Temps de lecture : 5 minutes
Affiche de City on Fire montrant les visages en noir et blanc de Sun Yueh, Chow Yun-fat et Danny Lee.
Les trois visages de la tragédie : Sun Yueh, Chow Yun-fat et Danny Lee.

La trahison comme seul horizon…

Ringo Lam signe ici le mètre étalon du polar urbain poisseux, bien loin des envolées lyriques et romantiques d’un John Woo. C’est brutal, sec, dépourvu de fioritures et porté par un Chow Yun-fat au sommet de son art tragique. Découvrons à travers cette critique de City on Fire (1987), l’acte de naissance du polar hongkongais moderne.
Note : 4.5/5 (★★★★✬)

Ko Chow est un flic infiltré épuisé par sa double vie. Sous les ordres d’un inspecteur manipulateur, il doit intégrer un gang de braqueurs de bijouteries ultra-violents. En se rapprochant de Fu, l’un des criminels, une amitié sincère naît entre les deux hommes. Coincé entre son devoir moral et sa loyauté envers son « frère » d’armes, Ko Chow s’enfonce dans une spirale destructrice.

Notre avis sur CITY ON FIRE

Proposer un avis sur City on Fire (1987), c’est avant tout parler d’une rupture esthétique majeure dans le cinéma de Hong Kong. En effet, Ringo Lam délaisse le « Gun-fu » chorégraphié pour une approche viscérale, presque documentaire, de la violence urbaine. Le film transpire la paranoïa et la solitude. Bien que le récit de l’infiltré soit aujourd’hui un classique, la force du film réside dans sa noirceur absolue et son refus du manichéisme. C’est un monument de tension qui n’a pas pris une ride, contrairement à beaucoup de productions françaises de la même époque qui semblent aujourd’hui sorties d’un musée de la naphtaline.

Le film brille par sa capacité à transformer un récit de braquage en une tragédie grecque moderne. La réalisation de Ringo Lam est nerveuse, capturant l’asphalte brûlant de Hong Kong avec une acuité rare. L’étude de la loyauté est ici le cœur battant de l’œuvre : le lien qui se tisse entre l’infiltré et le braqueur (interprété par un Danny Lee impeccable) est plus solide que celui qui lie le flic à sa hiérarchie corrompue ou indifférente. Par ailleurs, la gestion de l’espace lors du final dans l’entrepôt est un modèle de découpage, créant une atmosphère de siège étouffante où chaque coup de feu résonne comme un glas.

Si l’on veut chipoter, on pourra noter un pacing légèrement inégal dans le deuxième acte, où les tourments sentimentaux de Ko Chow avec sa compagne (Carrie Ng) ralentissent un peu l’urgence du récit principal. Finalement, certains personnages secondaires manquent un peu de relief, servant davantage de fonctions narratives que de véritables entités psychologiques.

City on Fire (1987)
City on Fire (1987)

Chow Yun-fat est tout simplement impérial. Il parvient à injecter une vulnérabilité déchirante sous son masque de voyou décontracté. Sa performance est le moteur émotionnel qui empêche le film de n’être qu’un simple exercice de style. La mise en scène de Lam, quant à elle, privilégie les impacts secs et la sueur. On sent le danger à chaque coin de rue. On est loin de la violence esthétisée ; ici, quand on tire, ça fait mal, et on saigne pour de vrai.

  • Le film a eu une influence colossale sur le cinéma international. Quentin Tarantino s’en est très largement (pour ne pas dire plus) inspiré pour le final de Reservoir Dogs (1992).

  • La bande originale, teintée de saxophones mélancoliques, souligne parfaitement l’aspect « Polar Jazz » et désenchanté voulu par Ringo Lam.

  • Le film fait partie de la « Trilogie de la Terreur » (ou du Feu/Prison/École) informelle de Ringo Lam, explorant les dysfonctionnements de la société hongkongaise.

City on Fire est indispensable pour tout amateur de polar qui se respecte. Il représente la quintessence du Ciné-Asia des années 80. À conseiller à ceux qui cherchent du cinéma couillu, intense et sans compromis. Si tu as aimé ce climat de tension, jette un œil à mon dossier sur 1987 : L’ANNÉE DE L’IMPACT.

Le film pose une question universelle : la morale se situe-t-elle du côté de la loi ou du côté de la parole donnée ? En filmant la trahison comme un poison lent, Ringo Lam nous interroge sur le prix de notre propre intégrité dans un système qui broie les individus.

Alors, chef-d’œuvre fondateur ou simple polar efficace ? Donnez-moi votre avis en commentaire, je suis curieux de voir si vous avez encore du goût.


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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