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1987 : L’ANNÉE DE L’IMPACT

Temps de lecture : 7 minutes
Affiche de l'année 1987 pour Critiks MoviZ présentant RoboCop au premier plan, le Predator en arrière-plan et les silhouettes des héros de L'Arme Fatale.

Si 1986 était l’année du frisson, 1987 est celle de l’impact brutal. On est au sommet de l’ère des « Action Heroes« . Le box-office est une jungle où seuls les plus forts survivent, et pour nous, les fans de genre, c’est un festin permanent. On voit apparaître une nouvelle forme de violence : plus technologique, plus cynique, mais aussi plus iconique. C’est l’année où le flic de fer côtoie le chasseur spatial, et où l’on comprend que le divertissement peut être aussi intelligent que viscéral.

1/. RoboCop (Paul Verhoeven)

Robocop (1987)
  • Fiche Technique : Réalisateur : Paul Verhoeven | Budget : 13 M$ | Box-office : 53,4 M$
  • L’Analyse : Verhoeven arrive à Hollywood et pose ses couilles sur la table. Sous couvert d’un film de cyborg, il nous livre une satire ultra-violente et brillante sur le fascisme, la privatisation et la déshumanisation. Peter Weller est incroyable : faire passer autant d’émotion avec seulement une mâchoire apparente, c’est du génie.
  • Pourquoi c’est un choc : C’est sec, c’est gore (la scène d’exécution de Murphy est traumatisante), et c’est d’une intelligence rare. Un film qui n’a pas pris une ride et qui, en 2026, semble presque prophétique. « I’d buy that for a dollar! »

2/. Predator (John McTiernan)

Predator (1987)
  • Fiche Technique : Réalisateur : John McTiernan | Budget : 15 M$ | Box-office : 98,3 M$
  • L’Analyse : Tu prends Arnold Schwarzenegger, une équipe de mercenaires bodybuildés, une jungle étouffante et tu rajoutes un chasseur extraterrestre invisible. McTiernan réinvente le film de guerre en y injectant de la SF pure. La mise en scène est un modèle de gestion de l’espace et du suspense.
  • L’impact : C’est le film de « bonshommes » par excellence, mais qui finit en duel primitif et silencieux. Le design de Stan Winston pour le Predator est tout simplement légendaire. Si tu n’as pas de frissons quand Arnold hurle dans la boue, je ne peux rien pour toi.

L’Arme Fatale (Richard Donner)

Lethal Weapon (1987)
  • Fiche Technique : Réalisateur : Richard Donner | Budget : 15 M$ | Box-office : 120,2 M$
  • L’Analyse : Le « Buddy Movie » ultime. Shane Black au scénario écrit des dialogues qui claquent comme des coups de fouet. Le duo Mel Gibson (le suicidaire Riggs) et Danny Glover (le vieux Murtaugh) fonctionne instantanément.
  • Pourquoi c’est culte : C’est bien plus qu’un film de flics. Il y a une vraie noirceur, une mélancolie chez Riggs qui donne du poids à l’action. Richard Donner équilibre parfaitement l’humour et les fusillades. C’est le mètre étalon du polar d’action de la fin des eighties.

Aux frontières de l’aube (Near Dark) de Kathryn Bigelow

  • Fiche Technique : Réalisatrice : Kathryn Bigelow | Budget : 5 M$ | Box-office : 3,4 M$
  • L’Analyse : Oublie les vampires qui brillent au soleil ou les ducs en dentelle. Bigelow (avant d’être la star qu’on connaît) filme des vampires comme des junkies nomades dans une ambiance de Western poisseux.
  • Pourquoi tu dois le voir : C’est brutal, romantique et viscéral. On y retrouve une partie du casting d’Aliens (Lance Henriksen, Bill Paxton). La scène du bar est une leçon de tension cinématographique. Un échec cuisant à l’époque, mais un film qui transpire le style et l’audace.

En 1987, pendant que Paul Verhoeven dénonçait les dérives sécuritaires et que John McTiernan dynamitait la jungle, la France, elle, était en pleine extase mystique avec Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat (Palme d’Or à Cannes).

Écoute, Maurice Pialat est un grand cinéaste, pas de doute. Mais passer deux heures à regarder Gérard Depardieu en curé tourmenté qui se flagelle, quand tu as RoboCop sur l’écran d’à côté, c’est une épreuve de force. C’est tout le paradoxe de notre cinéma : on préfère l’austérité de l’âme aux pulsations de l’adrénaline. Heureusement qu’on avait un peu de « Cinéma du look » pour sauver les meubles, mais face à l’efficacité américaine de 1987, on jouait dans la cour de récré.

Affiche de City on Fire montrant les visages en noir et blanc de Sun Yueh, Chow Yun-fat et Danny Lee.

Pendant que Hollywood muscle son jeu, Hong Kong redéfinit la noirceur urbaine. Avec City on Fire, Ringo Lam foudroie le genre et offre à Chow Yun-fat l’un de ses rôles les plus tragiques. Un film viscéral, dont l’onde de choc se fera sentir jusqu’à Quentin Tarantino quelques années plus tard.

Voici les pépites et les chocs de ce millésime passés au scalpel.
Les liens s’activeront au fur et à mesure des publications de la semaine :

  • PREDATOR (1987) : Le chef-d’œuvre de McTiernan, entre testostérone et survie.
  • ROBOCOP (1987) : La satire sanglante de Verhoeven qui n’a pas pris une ride.
  • LETHAL WEAPON (1987) : L’invention du buddy movie moderne : « Je suis trop vieux pour ces conneries ».
  • ANGEL HEART (1987) : Un polar poisseux et mystique où Mickey Rourke vend son âme au diable.
  • FULL METAL JACKET (1987) : Kubrick et l’enfer du Vietnam découpés en deux actes traumatisants.
  • HELLRAISER (1987) : L’horreur viscérale et fétichiste de Clive Barker qui a redéfini la douleur.
  • THE RUNNING MAN (1987) : Schwarzy dans une dystopie médiatique plus visionnaire qu’elle n’en a l’air.
  • FATAL ATTRACTION (1987) : Le thriller qui a fait trembler tous les maris infidèles des années 80.
  • BEVERLY HILLS COP 2 (1987) : Tony Scott injecte son esthétique turbo dans la franchise d’Eddie Murphy.
  • STAKEOUT (1987) : Un mélange parfait de polar nerveux et de comédie, bien plus qu’une simple curiosité.
  • GOOD MORNING, VIETNAM (1987) : Le cri de guerre radiophonique et improvisé de Robin Williams.
  • DIRTY DANCING (1987) : Parce qu’on ne laisse pas le cinéma de genre dans un coin, même quand il danse.
  • NO WAY OUT (1987) : Un thriller d’espionnage impitoyable avec un Kevin Costner au sommet du suspense.
  • PRINCE OF DARKNESS (1987) : Carpenter et l’horreur métaphysique : quand la science rencontre Satan.
  • A NIGHTMARE ON ELM STREET 3: DREAM WARRIORS (1987) : Enfin une suite qui a du punch et de l’imagination visuelle.
  • COLD STEEL (1987) : Une rareté de vengeance bien brute comme on les aime.
  • BEST SELLER (1987) : James Woods en tueur à gages face à Brian Dennehy, un duel d’écriture et de sang.

Entre les cyborgs, les créatures de l’espace et les flics suicidaires, 1987 a été une année de rupture, une annéavec un impact brutal. Elle a prouvé que le cinéma de genre pouvait être social, brutal et émotionnel à la fois.

Et toi ? Tu es plutôt « Mort ou vif, tu viens avec moi » ou « T’as pas une gueule de porte-bonheur » ? Viens me dire en commentaire quel film de 1987 t’a laissé le plus de marques !


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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