
L’acier trempé dans l’ennui…
Verdict d’entrée
Un polar générique qui tente désespérément de masquer sa vacuité par un second degré frelaté et des digressions narratives épuisantes. On est face à un produit calibré qui échoue même à remplir son cahier des charges de série B efficace. Découvrons à travers cette critique du film Cold Steel (1987) comment une promesse de thriller urbain se transforme en une errance cinématographique sans âme.
Le pitch
Johnny Modine (Brad Davis), un flic de la section criminelle, voit son père sauvagement assassiné par un psychopathe aux mains gantées d’acier. Soif de vengeance en bandoulière, il plonge dans les bas-fonds de Los Angeles. Entre une Sharon Stone pré-Basic Instinct et un complot aux ramifications prévisibles, Modine devra affronter ses propres démons pour rayer le « Iceman » de la carte.
Les atouts majeurs
Le casting reste la seule curiosité de ce naufrage. Voir Sharon Stone dans ses premières années de « femme fatale en devenir » et Jonathan Banks (le futur Mike de Breaking Bad) apporte un maigre intérêt documentaire. Quelques fulgurances dans la photographie nocturne sauvent certains plans du désastre total, rappelant l’esthétique clipesque mais efficace de cette fin de décennie.
Les faiblesses et limites
Le scénario est un catalogue de clichés mal agencés. Dorothy Ann Puzo tente d’insuffler un humour forcé qui tombe systématiquement à plat, brisant la tension au lieu de l’enrichir. Les digressions scénaristiques, censées apporter de la profondeur, ne font qu’étirer inutilement un récit qui aurait gagné à être plus sec et nerveux. C’est verbeux, convenu, et cruellement dénué de suspense.
La mise en scène / Le jeu
Pour un premier essai, Dorothy Ann Puzo manque cruellement de poigne. Sa caméra est statique là où l’action devrait exploser. Brad Davis en fait des tonnes dans le registre du flic torturé, tandis qu’Adam Ant campe un méchant de cartoon qui détonne avec la noirceur recherchée par le genre. L’alchimie est absente, laissant le spectateur sur le bord de la route.
Le saviez-vous ?
- Héritage lourd : La réalisatrice Dorothy Ann Puzo est la fille de Mario Puzo, l’auteur du roman Le Parrain. Malgré ce pedigree, elle n’a jamais réitéré l’expérience de la réalisation après ce film.
- Casting Rock’n’Roll : Le rôle du méchant est tenu par Adam Ant, icône de la New Wave britannique, illustrant la tendance des années 80 à recycler les popstars dans le cinéma de genre.
Conclusion et recommandation
À réserver aux complétistes de la filmographie de Sharon Stone ou aux nostalgiques incurables des ambiances « neon-noir » des eighties. Pour les amateurs de vrais polars tendus, passez votre chemin.
Pistes de réflexion
L’humour dans le thriller est un art délicat. Ici, il sert de cache-misère à une absence de vision. Peut-on sauver un polar dont le protagoniste semble plus agacé que réellement en danger ?
À vous de juger
Est-ce un plaisir coupable ou un ratage complet selon vous ?
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