
Axel Foley en mode clip vidéo : le rutilant vide de Tony Scott…
Verdict d’entrée
Une suite qui confond vitesse et précipitation, transformant le charme de l’original 1en une publicité géante pour voitures de luxe et couchers de soleil orangés. Eddie Murphy fait le job, mais l’âme du premier volet s’est évaporée dans les fumigènes de Tony Scott. Découvrons à travers cette critique du film Beverly Hills Cop 2 (1987) comment le style pur a fini par dévorer la substance policière.
Note : 2.5/5
Le pitch
Le flic de Detroit, Axel Foley, retourne à Beverly Hills après que son ami le Capitaine Bogomil a été grièvement blessé par des criminels responsables de « crimes de l’alphabet ». Accompagné de Rosewood et Taggart, il doit démanteler un réseau de trafic d’armes dirigé par un homme d’affaires véreux et son implacable bras droit. Foley va devoir user de son bagout habituel pour naviguer dans une enquête explosive.
Les atouts majeurs
Le film bénéficie d’une esthétique indéniable, typique de la patte Tony Scott de l’époque : une photographie saturée, des cadres soignés et une énergie de « clip vidéo » qui maintient un rythme soutenu. La dynamique entre le trio Murphy, Reinhold et Ashton fonctionne encore, notamment grâce à un Judge Reinhold (Rosewood) qui bascule délicieusement dans une obsession pour les armes lourdes et le style « Rambo« , offrant les rares moments de franche drôlerie du film.

Les faiblesses et limites
C’est ici que le bât blesse. Là où le premier film équilibrait humour et enquête solide, cette suite n’est qu’une succession de scènes d’action bruyantes sans réelle tension. Le scénario est paresseux, se contentant de copier la structure de l’original en augmentant simplement les décibels. On sent déjà cette dérive du cinéma américain — que le cinéma français récent imite d’ailleurs avec une médiocrité gênante — consistant à privilégier l’emballage plastique au détriment du développement des personnages.
La mise en scène / Le jeu
Tony Scott filme Beverly Hills comme une voiture de sport : c’est brillant, ça brille, mais c’est froid. Sa mise en scène est une démonstration technique efficace mais sans cœur. Eddie Murphy, bien que toujours charismatique, commence à s’enfermer dans une répétition de ses propres tics. Face à lui, Brigitte Nielsen campe une antagoniste monolithique dont la présence physique compense à peine l’absence totale de nuances.
Le saviez-vous ?
- Improvisation constante : Comme pour le premier opus, une grande partie des dialogues d’Eddie Murphy a été improvisée sur le plateau, Tony Scott laissant l’acteur libre pour compenser un script souvent jugé trop mince.
- Un casting « Stallonien » : Brigitte Nielsen était alors mariée à Sylvester Stallone. Ironiquement, Stallone devait initialement jouer le rôle d’Axel Foley dans le premier film avant que le projet ne soit réécrit pour l’humour d’Eddie Murphy.
Conclusion et recommandation
À réserver aux nostalgiques des années 80 et aux fans de la « formule » Bruckheimer/Simpson. Ce film marque le début d’une ère où la franchise prend le pas sur l’originalité. Un divertissement efficace pour un dimanche soir pluvieux, mais on est loin du chef-d’œuvre.
Pistes de réflexion
Le passage de Martin Brest à Tony Scott symbolise-t-il la naissance du blockbuster « industriel » ? En privilégiant l’esthétique publicitaire sur la narration, cette suite a posé les jalons d’un cinéma d’action spectaculaire mais souvent désincarné.
À vous de juger
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- N’hésitez pas à consulter notre critique du premier opus Beverly Hills Cop pour comparer les époques. ↩︎
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