
Le duel des ombres fatiguées…
Note & Verdict d’entrée
Un duel au sommet qui sent bon la poudre et le soufre des années 90, mais qui s’égare parfois dans les méandres d’un script trop bavard. Bien que le face-à-face entre deux icônes soit jubilatoire, le film peine à transcender son statut de divertissement carré. Découvrons à travers cette critique de Assassins (1995) l’affrontement entre la vieille garde et l’ambition dévorante.
Note : 3/5 (★★★☆☆)
Le Pitch
Robert Rath est le meilleur tueur à gages du milieu, mais il aspire à la retraite. Son dernier contrat est perturbé par Miguel Bain, un jeune loup aux méthodes barbares qui veut sa place de numéro un. Les deux prédateurs se lancent alors dans une traque mortelle autour d’une hackeuse, Electra, détentrice d’un secret numérique convoité.
Notre avis sur ASSASSINS
En effet, poser son regard sur Assassins (1995) aujourd’hui, c’est replonger dans une époque où le cinéma d’action hollywoodien cherchait encore un équilibre entre le spectaculaire pyrotechnique et le thriller psychologique. Notre avis sur ce long-métrage reste mitigé : si la réalisation de Richard Donner apporte une élégance indéniable à chaque plan, le film souffre d’une durée excessive pour un postulat aussi simple.
Les atouts majeurs
La force du film réside quasi exclusivement dans son duo d’antagonistes. La dynamique entre Rath et Bain structure le récit comme un western moderne. Sylvester Stallone joue la sobriété, incarnant un homme hanté par ses péchés, tandis qu’Antonio Banderas explose littéralement à l’écran dans un rôle de psychopathe exubérant. Par ailleurs, la gestion de l’espace lors des séquences de snipe — notamment la scène magistrale dans le cimetière — prouve que Richard Donner n’a rien perdu de son sens de la tension spatiale.
Les faiblesses et limites
Malheureusement, la solidité scénaristique n’est pas toujours au rendez-vous. Le script, initialement écrit par les Wachowski mais lourdement remanié par Brian Helgeland, accumule les clichés du thriller de l’époque. Les dialogues sont parfois d’une lourdeur insupportable et le personnage de Julianne Moore, bien que talentueuse, est réduit à une fonction de « MacGuffin humain » peu convaincante. Finalement, les incohérences dramatiques (comment peuvent-ils voyager aussi facilement avec un tel arsenal ?) finissent par entamer la crédibilité du récit.

La mise en scène / Le jeu
Richard Donner emballe le tout avec un professionnalisme de vieux briscard. Sa mise en scène est lisible, propre et met en valeur la photographie de Vilmos Zsigmond. Côté interprétation, Sylvester Stallone livre une prestation solide, loin de l’image de brute épaisse, mais c’est Antonio Banderas qui vole chaque scène. Sa gestuelle nerveuse et son regard de prédateur apportent le grain de folie nécessaire à un film qui, sans lui, serait un peu trop policé.
Le saviez-vous ?
- Le scénario original des Wachowski était beaucoup plus sombre et métaphorique ; elles ont d’ailleurs tenté de retirer leurs noms du générique après les modifications de Brian Helgeland.
- C’est la première collaboration entre Richard Donner et Sylvester Stallone, bien que le réalisateur ait dirigé presque tous les grands noms de l’action de l’époque.
- La bande originale de Mark Mancina utilise des sonorités métalliques pour souligner la froideur du métier d’assassin, un choix audacieux pour l’époque.
Conclusion et recommandation
Assassins (1995) est un solide artisanat du samedi soir. Il plaira aux nostalgiques du cinéma d’action pré-numérique et aux fans de traques méthodiques. Il s’inscrit parfaitement dans la lignée des thrillers professionnels de la fin du siècle dernier. Pour explorer davantage cette période faste, n’hésite pas à consulter notre dossier spécial 1995 : L’ANNÉE DE LA MAESTRIA. Si tu as aimé ce duel de tueurs, je te suggère de jeter un œil à The Killer (1989) de John Woo pour une approche plus lyrique du métier.
Pistes de réflexion
Le film pose la question de l’obsolescence programmée dans un métier de l’ombre. Peut-on réellement quitter un système qui nous a définis pendant des décennies ? La confrontation entre Rath et Bain n’est-elle pas, au fond, le reflet de la peur de tout professionnel face à une relève plus rapide, mais moins éthique ?
À vous de juger
Sylvester Stallone en mode « zen » ou Antonio Banderas en mode « furie » : quel assassin t’a le plus convaincu ?
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