Action, Comédie, Crime - Policier, Thriller

BAD BOYS (1995) ★★★✮☆

Temps de lecture : 5 minutes
Affiche du film Bad Boys (1995) avec Will Smith, Martin Lawrence et Téa Leoni devant une Porsche à Miami.
Le duo qui a propulsé Michael Bay au sommet de l’action.

Du « Bayhem » à l’état pur…

Avant de devenir la caricature de lui-même avec ses robots géants, Michael Bay livrait une pépite de nervosité qui allait redéfinir l’esthétique du blockbuster moderne. C’est clinquant, c’est saturé, mais c’est redoutablement efficace grâce à un duo qui crève l’écran. Découvrons à travers cette critique de Bad Boys (1995) comment deux flics de Miami ont sauvé le buddy movie des années 90.
Note : 3.5/5 (★★★✮☆)

Marcus Burnett et Mike Lowrey, deux inspecteurs de Miami aux styles de vie opposés, ont 72 heures pour retrouver une cargaison d’héroïne volée au sein même de leur commissariat. Entre fusillades stylisées et vannes incessantes, ils doivent protéger le seul témoin du meurtre d’une amie commune, forçant le père de famille rangé à échanger son identité avec celle du playboy fortuné.

Notre avis sur BAD BOYS

En effet, le premier long-métrage de Michael Bay n’est pas là pour faire dans la dentelle ou la poésie introspective. Cet avis sur Bad Boys confirme que le film est le patient zéro d’une maladie cinématographique certes superficielle, mais diablement contagieuse : le spectacle total. Bien que le scénario ne révolutionne absolument rien, tenant sur un ticket de métro, l’énergie déployée à l’écran compense largement la pauvreté des enjeux dramatiques. C’est un divertissement qui assume sa fonction première sans jamais s’excuser de sa légèreté.

La réussite totale du film tient en un seul concept : l’alchimie. Le duo Will Smith et Martin Lawrence fonctionne à plein régime, transformant chaque scène de transition en un numéro de stand-up improvisé. Par ailleurs, la signature visuelle de Michael Bay est déjà là, avec ces couchers de soleil orangés, ce montage frénétique et ces angles de caméra au ras du bitume qui magnifient les Porsche et les corps athlétiques. C’est une déflagration sensorielle où l’action ne se contente pas d’être filmée, elle est chorégraphiée comme un clip vidéo à gros budget, injectant une dose de caféine pure dans un genre qui commençait à ronronner.

Finalement, tout n’est pas rose au pays des palmiers. Le scénario sacrifie systématiquement la cohérence narrative sur l’autel de la réplique qui tue ou de l’explosion gratuite. On navigue dans une mer de clichés (le commissaire hurlant, le méchant européen très méchant) et les personnages secondaires, à commencer par une Téa Leoni sous-exploitée, servent de simples faire-valoir. La tension dramatique est souvent désamorcée par une surenchère de gags qui étirent le film inutilement.

Martin Lawrence et Will Smith dans Bad Boys (1995)
Martin Lawrence et Will Smith dans Bad Boys (1995)

Michael Bay impose ici son « Bayhem« . Son utilisation de la focale et son montage « haché » créent une urgence constante. Côté interprétation, Will Smith passe du statut de star de sitcom à celui d’icône d’action internationale avec une aisance insolente, tandis que Martin Lawrence apporte le contrepoint comique nécessaire. Tchéky Karyo, en antagoniste froid, fait ce qu’il peut avec un rôle écrit à la truelle, mais sa présence apporte un cachet européen (un peu caricatural) au projet.

  • Improvisation totale : Michael Bay n’était pas satisfait du script original. Il a encouragé Will Smith et Martin Lawrence à improviser la plupart de leurs dialogues, notamment la célèbre scène de la dispute dans la voiture.

  • Budget serré : Pour un film d’action de cette envergure, le budget était de seulement 19 millions de dollars. Michael Bay a même dû payer de sa poche 25 000 $ pour financer l’explosion finale qu’il jugeait indispensable.

  • La Porsche de Mike : La voiture conduite par Will Smith dans le film appartenait personnellement à Michael Bay.

Bad Boys est le film idéal pour une soirée entre potes, un concentré d’adrénaline qui ravira les nostalgiques de l’action « high-concept » des années 90. Il occupe une place charnière : celle du passage de témoin entre le buddy movie classique à la L’Arme Fatale (1987) et l’ère du numérique rutilant. Pour prolonger l’expérience, n’hésite pas à redécouvrir l’énergie de l’époque avec notre dossier sur 1995 : L’ANNÉE DE LA MAESTRIA.

Peut-on encore apprécier un film qui privilégie à ce point la forme sur le fond ? Bad Boys pose la question de l’esthétisation de la violence comme pur produit de consommation, un débat qui hante la filmographie de Michael Bay depuis trente ans.

Plutôt Team Lowrey ou Team Burnett ?
Ce premier opus reste-t-il le meilleur de la saga à vos yeux ?
On attend vos retours en commentaire.


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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