Flashback Ciné, Vie du Blog

1995 : L’ANNÉE DE LA MAESTRIA

Temps de lecture : 5 minutes
Affiche de cinéma verticale pour l'année 1995. Deux hommes identiques en imperméable dans une cabine téléphonique sous la pluie (Se7en) en haut, deux hommes se faisant face à une table de dîner (Heat) au centre, et un guerrier écossais (Braveheart) en bas. Titre "1995 : L'ANNÉE DE LA MAESTRIA" en haut.
1995 : L’année de la Maestria – Des duels au sommet aux pluies de sang, un cru chirurgical.

1995 : Des duels au sommet aux pluies de sang

Notre avis, à Laurence et moi, sur le cinéma de 1995 est définitif : c’est l’année des maîtres. En effet, on assiste à une démonstration de force de réalisateurs qui maîtrisent leur art sur le bout des doigts, qu’il s’agisse de chorégraphier un braquage urbain ou de filmer la noirceur de l’âme humaine. Par ailleurs, 1995 marque une rupture visuelle avec des ambiances plus travaillées, plus froides et d’une efficacité redoutable. Bien que les gros bras soient toujours présents, ils doivent désormais s’incliner devant des scénarios en béton armé. Finalement, c’est l’année où le cinéma de genre a gagné ses galons de noblesse absolue.

1/. HEAT (1995) – Michael Mann

Heat (1995)
  • Fiche Technique : Réalisateur : Michael Mann | Budget : 60 M$ | Box-office : 187 M$.

  • L’Analyse : Le polar urbain définitif. Le face-à-face Al Pacino / Robert De Niro est un moment d’histoire. La scène de la fusillade en plein Los Angeles reste, encore aujourd’hui, inégalée en termes de réalisme sonore et de spatialisation.

  • Le verdict : Un chef-d’œuvre de mélancolie et d’acier. Le sommet de la carrière de Michael Mann.

2/. SEVEN (1995) – David Fincher

Seven (1995)
  • Fiche Technique : Réalisateur : David Fincher | Budget : 33 M$ | Box-office : 327 M$.

  • L’Analyse : David Fincher réinvente le film de serial killer avec une esthétique poisseuse, une pluie incessante et un final traumatisant qui hante encore les esprits. Sombre, nihiliste et visuellement révolutionnaire.

  • Le verdict : Une claque monumentale. Le thriller qui a mis tout le monde d’accord.

3/. BRAVEHEART (1995) – Mel Gibson

Braveheart (1995)
  • Fiche Technique : Réalisateur : Mel Gibson | Budget : 72 M$ | Box-office : 210 M$.

  • L’Analyse : Mel Gibson derrière et devant la caméra pour une épopée barbare et viscérale. Les scènes de bataille sont d’une sauvagerie rare pour l’époque, insufflant un souffle épique qui faisait défaut au genre historique.

  • Le verdict : « Freedom ! » Un film de tripes et de sang qui prend aux tripes.
  • L’ARMÉE DES 12 SINGES (1995) : Terry Gilliam nous perd dans les méandres du temps. Bruce Willis et Brad Pitt sont magistraux dans ce cauchemar SF.
  • UNE JOURNÉE EN ENFER (1995) : John McTiernan reprend les commandes pour le meilleur « Die Hard ». Un rythme effréné dans les rues de New York.
  • CRIMSON TIDE (USS ALABAMA) (1995) : Duel psychologique sous haute pression dans un sous-marin. Tony Scott au sommet de son efficacité.
  • DESPERADO (1995) : Robert Rodriguez apporte le style « Mariachi » à Hollywood. C’est fun, c’est chaud, c’est culte.
  • GOLDENEYE (1995) : Pierce Brosnan sauve James Bond après des années d’absence. Une renaissance explosive.
  • COPYCAT (1995) : Un thriller de traque intelligent qui joue habilement sur les codes du genre.
  • PIÈGE A GRANDE VITESSE (1995) : Steven Seagal sur les rails. Moins bon que le premier, mais toujours efficace pour les amateurs de bras cassés.
  • DEAD MAN WALKING (1995) : Sean Penn et Susan Sarandon dans un plaidoyer puissant et déchirant.
  • JUDGE DREDD (1995) & MONEY TRAIN (1995) : Les déceptions de l’année. Preuve que même en 95, tout n’était pas parfait.
Strange Days (1995)
  • L’Analyse : Une vision cyberpunk poisseuse de la fin du millénaire. Les scènes en vue subjective (POV) sont encore aujourd’hui époustouflantes de technicité.

  • Pourquoi tu dois le voir : Parce que c’est un film prophétique sur notre addiction aux images et aux souvenirs des autres. Un échec commercial injuste pour un film majeur.
Le Hussard sur le Toit (1995)

En 1995, la France dégaine sa grosse production en costume avec Jean-Paul Rappeneau. C’est solaire, c’est bien joué (Olivier Martinez, Juliette Binoche), c’est généreux… mais mon dieu que c’est propre. Face à la noirceur de Seven ou à la rigueur de Heat, on est dans un cinéma de dimanche soir, joli et inoffensif. Bien que le savoir-faire soit là, il manque ce grain de folie ou cette radicalité qui fait la différence entre un bon film et une œuvre qui marque l’époque.

1995 a prouvé que le cinéma de genre pouvait être d’une exigence folle sans sacrifier son efficacité. C’est le sommet d’une certaine idée du cinéma américain, avant que le numérique ne vienne tout lisser.


En savoir plus sur CritiKs MoviZ

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Avatar de Inconnu

À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Nombres de Visites

  • 575 588 visiteurs ont fréquenté ce blog. Merci à tous !

S'abonner au blog via e-mail

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

Archives

En savoir plus sur CritiKs MoviZ

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture