Comédie, Crime - Policier, Drame, Gangster

OSCAR (1991) ★✮☆☆☆

Temps de lecture : 4 minutes
Sylvester Stallone en costume de mafieux des années 30 hurlant dans une scène du film Oscar.
Un rôle à contre-emploi qui a valu à Sylvester Stallone une nomination aux Razzie Awards.

Une farce qui tombe à plat…

Sylvester Stallone en mafieux repenti cherchant la respectabilité dans un vaudeville frénétique ? Sur le papier, le contre-emploi était audacieux. À l’écran, c’est un naufrage rythmique où chaque effet comique semble peser une tonne de fonte. Découvrons à travers cette critique de Oscar (1991) pourquoi ce virage humoristique a fini dans le mur.
Note : 1.5/5 (★✮☆☆☆)

Angelo « Snaps » Provolone, parrain de la mafia new-yorkaise des années 30, promet à son père mourant de devenir honnête. Mais le jour où il tente d’intégrer le monde respectable de la banque, une avalanche de quiproquos impliquant sa fille, ses sbires et des valises échangées transforme son manoir en asile de fous.

Notre avis sur OSCAR1

L’intention du studio était transparente : concevoir un écrin comique sur-mesure pour offrir à Sylvester Stallone un rôle atypique, capable de définir une image plus légère et rafraîchissante de la star bodybuildée. Le matériau d’origine avait d’ailleurs fait ses preuves. Adaptée de la célèbre pièce de théâtre de Claude Magnier, cette comédie est un remake direct du classique français de 1967 (porté par un Louis de Funès hystérique), judicieusement transposée dans le New York de la Prohibition. Les décors sont luxueux, le casting de seconds rôles est pléthorique (Don Ameche, Tim Curry, Chazz Palminteri), mais la machine s’enraye presque immédiatement.

Le principal responsable de ce gâchis n’est autre que le réalisateur, John Landis. Il exécute les mécanismes de la farce de boulevard sans la moindre trace de la vitesse ni de l’effervescence que ce type de comédie exige impérativement. Le timing comique est pataud, la mise en scène est théâtrale dans le mauvais sens du terme, et chaque éclat de rire espéré semble forcé, arraché aux forceps.

Sylvester Stallone, Chazz Palminteri, Richard Foronjy, Peter Riegert, Joey Travolta, et Paul Greco dans Oscar (1991)
Sylvester Stallone, Chazz Palminteri, Richard Foronjy, Peter Riegert, Joey Travolta, et Paul Greco dans Oscar (1991)

Du côté de l’interprétation, pour un film censé le réinventer, l’objectif est totalement manqué. Sylvester Stallone s’agite, hurle, roule des yeux, mais le costume est à la fois trop grand et trop étriqué pour lui. Il n’est d’ailleurs pas étonnant qu’Oscar ait été épinglé lors de la 12e cérémonie des Razzie Awards en 1992 avec trois nominations assassines : Pire acteur pour Stallone, Pire réalisateur pour Landis, et, plus injustement, Pire actrice dans un second rôle pour Marisa Tomei. Au final, cette tentative d’humour laborieuse s’est soldée par un échec commercial cinglant, le film ne parvenant même pas à rentabiliser son budget initial de 35 millions de dollars.

  • Malgré le désastre critique, Sylvester Stallone persistera dans la comédie lourde l’année suivante avec le redoutable Arrête, ou ma mère va tirer !.
  • La transposition de l’intrigue dans les années 30 a au moins permis un travail soigné sur les costumes d’époque et les décors Art déco, qui restent le seul véritable atout visuel du métrage.

Une curiosité gênante, à réserver exclusivement aux complétistes acharnés de la filmographie de Sly ou aux étudiants en cinéma cherchant à comprendre l’importance du rythme dans la comédie. Pour rire, revoyez l’original français. D’ailleurs, pour mieux saisir comment le cinéma d’outre-Atlantique s’est cherché (et souvent trouvé) au début de cette décennie charnière, je te renvoie directement à notre grand dossier 1991 : L’ANNÉE DE L’ONDE DE CHOC.

Un acteur défini par sa physicalité martiale peut-il réellement réussir sa transition vers le vaudeville pur, ou le décalage rythmique est-il une barrière infranchissable à Hollywood ?

Et toi, tu penses quoi de cette tentative comique de Sylvester Stallone ?
Un nanar sympathique ou une purge absolue ?
Lâche-toi dans les commentaires, on en débat.

  1. Si tu aimes voir des gros bras s’égarer dans l’humour, lis aussi notre critique sur Un flic à la maternelle (1990) ou Jumeaux (1988). ↩︎

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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