
Un Top Gun sur roues, en panne…
Verdict d’entrée
Days of Thunder a ce côté spectaculaire indéniable et la gueule d’ange d’un Tom Cruise en pleine ascension, mais on sent très vite les limites de la formule hollywoodienne. Tony Scott tente de nous refaire le coup de la gomme brûlée avec l’esthétique du ciel, malheureusement, la carrosserie cache une intrigue d’une banalité affligeante. Découvrons à travers cette critique de Days of Thunder comment le tonnerre a fini par accoucher d’une souris scénaristique.
Note : 2,5/5
Le pitch
Cole Trickle est un jeune pilote de stock-car aussi talentueux qu’imprudent. Repéré par un magnat de l’automobile, il intègre la NASCAR pour tenter de dominer le circuit de Daytona. Épaulé par le légendaire chef mécanicien Harry Hogge, Cole va devoir affronter ses rivaux, dompter son ego surdimensionné et surmonter ses traumatismes pour espérer franchir la ligne d’arrivée.
Notre avis sur DAYS OF THUNDER
Lorsqu’on doit formuler notre avis sur Days of Thunder, le constat est sans appel : on est face à un produit formaté de la Paramount Pictures, sorti le 27 juin 1990. Conçu comme une véritable usine à dollars, il calque paresseusement l’architecture du précédent carton de Tony Scott, répliquant la formule du jeune loup arrogant qui doit mûrir à travers le deuil et la romance. L’efficacité hollywoodienne tourne à plein régime, mais l’âme reste désespérément absente.
Les atouts majeurs
Le véritable tour de force réside dans la restitution organique de la vitesse. Tony Scott maîtrise la pyrotechnie et le montage nerveux comme personne. Les séquences de courses sont de véritables décharges d’adrénaline, sublimées par la bande originale épique composée par Hans Zimmer. L’immersion dans l’univers de la NASCAR est d’autant plus réussie que le long-métrage s’offre le luxe d’inviter de vraies légendes de la discipline. Voir Richard Petty, Rusty Wallace, Neil Bonnett, Harry Gant, ou encore le commentateur d’ESPN Dr. Jerry Punch s’immiscer dans la diégèse apporte une patine d’authenticité indéniable à ce grand barnum vrombissant.
Les faiblesses et limites
Hélas, sous le capot, le moteur tousse sévèrement. Le scénario enchaîne les clichés avec une complaisance qui frôle le cynisme. Intrigue d’une banalité affligeante, dialogues écrits à la truelle, et enjeux dramatiques téléphonés transforment ce qui aurait pu être un thriller sportif sous tension en un simple véhicule promotionnel pour sa vedette. On est très loin de l’exigence d’écriture d’un bon polar hongkongais des années 90. Pire, les personnages secondaires sont purement et simplement sacrifiés sur l’autel de la glorification du héros, rendant l’ensemble extrêmement superficiel (bien que ça reste toujours plus digeste que les comédies françaises pathétiques qu’on nous sert aujourd’hui).

La mise en scène / Le jeu
Tony Scott filme Tom Cruise comme une icône publicitaire, multipliant les ralentis fétichistes et les couchers de soleil saturés. Tom Cruise, quant à lui, fait du pur « Tom Cruise » : sourire ravageur et intensité parfois forcée. Heureusement, Robert Duvall apporte une épaisseur salvatrice dans le rôle du mentor bourru, volant presque la vedette à chaque apparition. Le reste du casting impressionnant – Nicole Kidman, Michael Rooker, Cary Elwes, John C. Reilly et Fred Thompson – fait ce qu’il peut avec le peu de matière accordée à des personnages réduits à l’état de fonctions narratives.
Le saviez-vous ?
- Malgré un accueil critique mitigé pointant du doigt son manque d’originalité, le film a été un succès financier massif, rapportant 157,9 millions de dollars pour un budget de 60 millions.
- Le sulfureux coproducteur du film, Don Simpson, s’est offert un caméo clinquant devant la caméra.
- Trente-quatre ans après, une suite avec Tom Cruise a été annoncée comme étant en développement en novembre 2024.
Conclusion et recommandation
Days of Thunder est le prototype absolu du blockbuster estival conçu pour qu’on débranche son cerveau devant des séquences de tôle froissée. Il ravira les inconditionnels d’action décomplexée et les nostalgiques d’une certaine époque de la superproduction américaine. Pour bien resituer ce genre d’œuvre dans son contexte industriel et comprendre l’évolution du septième art de divertissement, je t’encourage d’ailleurs à lire notre dossier sur 1990 : L’ANNÉE DU BASCULEMENT.
Pistes de réflexion
Le cinéma d’action hollywoodien des nineties était-il condamné à sacrifier la profondeur psychologique sur l’autel de l’efficacité spectaculaire et de la construction d’un « star-system » omnipotent ?
À vous de juger
Le casque est vissé, à toi de prendre le volant dans les commentaires. Ce film est-il pour toi un plaisir coupable jouissif ou une simple sortie de route esthétisante ?
J’attends vos chronos de lecture en dessous !

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