
Un far west temporel jubilatoire…
Verdict d’entrée
Robert Zemeckis boucle sa trilogie culte en délaissant la surenchère technologique pour un retour aux sources rafraîchissant. À des années-lumière des comédies françaises poussives et insipides qu’on nous sert trop souvent aujourd’hui, ce troisième volet allie aventure humaine palpable et maestria visuelle incontestable. Découvrons à travers cette critique du film comment le duo McFly–Brown tire sa révérence avec panache sous le soleil cuisant de l’Ouest américain.
Note : 4/5
Le pitch
Coincé en 1955, Marty McFly découvre que son vieil ami le Doc Emmett Brown, propulsé en 1885, est menacé de mort par un redoutable hors-la-loi. Sans hésiter, l’adolescent repart dans le passé, au cœur du Far West, pour sauver l’inventeur. Mais réparer la DeLorean et survivre aux cow-boys sanguinaires s’avère plus complexe que prévu.
Notre avis sur BACK TO THE FUTURE PART III
Reprenant exactement là où le deuxième volet nous avait laissés haletants sur le bord de la route, ce chapitre final opère un virage à 180 degrés particulièrement habile. Oubliez la complexité narrative et les paradoxes temporels parfois étouffants de l’épisode précédent ; Robert Zemeckis opte ici pour une intrigue résolument linéaire et lumineuse. L’alchimie entre Michael J. Fox et Christopher Lloyd atteint son apogée, ce dernier trouvant enfin une romance à la hauteur de sa folie douce sous les traits de Mary Steenburgen. La critique de l’époque ne s’y est d’ailleurs pas trompée, saluant largement le long-métrage et le considérant comme une nette amélioration par rapport à la noirceur du deuxième opus. L’hommage sincère aux codes du western, intelligemment couplé au dynamisme inhérent à la saga, confère à l’ensemble un charme immédiat et redoutablement efficace.
Les faiblesses et limites
On ne va pas se mentir, tout n’est pas parfait dans le désert californien. Le scénario avance parfois sur des rails un peu trop prévisibles – sans mauvais jeu de mots avec le climax. Les ficelles humoristiques autour de la lignée des Tannen commencent légèrement à sentir le réchauffé, et l’enjeu dramatique global s’avère intimiste, s’éloignant du vertige absolu qu’était la préservation du continuum espace-temps des premiers films. Mais on pardonne aisément ces quelques facilités face à l’immense générosité de l’entreprise.

La mise en scène / Le jeu
Robert Zemeckis prouve une fois de plus qu’il est un conteur visuel d’exception. Tourné en Californie et en Arizona pour un budget de 40 millions de dollars, dans la foulée immédiate du deuxième volet, le film bénéficie d’une photographie solaire capturant à merveille l’aridité de l’Ouest. La caméra virevolte avec une fluidité insolente, magnifiant aussi bien les duels au pistolet que l’incroyable séquence de l’attaque du train. Le casting est au diapason : Michael J. Fox est parfait en cow-boy improvisé cachant ses Nike sous des éperons (son alias de Clint Eastwood est une trouvaille géniale), tandis que Thomas F. Wilson cabotine avec une rare délectation en Buford « Molosse » Tannen.
Le saviez-vous ?
- Le tournage back-to-back (consécutif) avec Retour vers le futur II a été un marathon épuisant pour Robert Zemeckis, qui devait parfois tourner le jour sur le plateau du III et monter la nuit le II.
- La musique du maestro Alan Silvestri délaisse un temps les synthétiseurs pour embrasser de vastes orchestrations symphoniques vibrantes, rendant un hommage appuyé aux partitions d’Ennio Morricone.
- Les costumes d’époque ont été minutieusement pensés pour intégrer les codes couleurs historiques des personnages tout en s’adaptant à la poussière omniprésente de Monument Valley.
Conclusion et recommandation
Retour vers le futur III conclut la trilogie de façon satisfaisante avec une aventure temporelle plus simple, indéniablement fun et chaleureuse. Sorti aux États-Unis le 25 mai 1990, il a logiquement engrangé 245 millions de dollars de recettes mondiales, se classant sixième au box-office de l’année. D’ailleurs, si tu veux replonger dans cette période charnière et faste pour le septième art, je t’invite fortement à lire notre DOSSIER : 1990 : L’ANNÉE DU BASCULEMENT.
Pistes de réflexion
La saga aurait-elle dû s’arrêter à la prouesse vertigineuse du premier film, ou cette conclusion décontractée au Far West était-elle indispensable pour clore l’arc émotionnel de Doc Brown ?
À vous de juger
Et toi, tu le places où ce troisième opus dans ton cœur de cinéphile ? Le western te parle plus que le futur dystopique ? Viens m’en parler dans les commentaires, j’ai hâte d’avoir ton point de vue !

En savoir plus sur CritiKs MoviZ
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Discussion
Pas encore de commentaire.