
Le home invasion pour enfants…
Verdict d’entrée
Oublie les comédies familiales françaises récentes qui te liquéfient le cerveau en deux scènes avec leur vide sidéral. Le scénario inégal mais souvent drôle de Home Alone (ou Maman, j’ai raté l’avion pour la VF), bien qu’étiré à l’extrême par moments, est sauvé haut la main par la performance attachante de Macaulay Culkin et la qualité exceptionnelle des seconds rôles. Découvrons à travers cette critique du film comment un simple postulat de gamin oublié s’est transformé en un classique impérissable.
Note : 3,5/5
Pitch
La famille McCallister s’envole pour Paris afin d’y passer les fêtes, mais dans la précipitation du départ, ils oublient accidentellement le jeune Kevin, huit ans. D’abord ravi de cette liberté inespérée, le garçon va vite déchanter lorsqu’il réalise que deux cambrioleurs ont ciblé sa demeure. Il va devoir défendre son territoire coûte que coûte.
Notre avis sur HOME ALONE (1990)
Quand on pose un regard critique sur ce métrage, on réalise que notre avis sur Home Alone dépasse la simple nostalgie de Noël. C’est un pur exercice de style qui emprunte curieusement aux codes du thriller et du film de siège, mais désamorcés par l’humour burlesque. Chris Columbus et le scénariste John Hughes ont compris un truc fondamental : la peur de l’abandon de l’enfant combinée au fantasme de toute-puissance dans la maison familiale.
Les atouts majeurs
La grande force du film réside dans sa mécanique horlogère, digne d’un cartoon Looney Tunes en prises de vues réelles. Le troisième acte, véritable festival de pièges sadiques mais hilarants, est une leçon de montage et de rythme. La direction artistique respire l’esprit des fêtes, magnifiée par la partition magique de John Williams qui apporte une ampleur inattendue à ce qui n’aurait pu être qu’une petite farce domestique.
Les faiblesses et limites
Il ne faut pas se mentir, le film accuse quelques longueurs dans son deuxième acte. Le ventre mou où Kevin fait ses courses et découvre la vie en solitaire s’étire un peu trop, flirtant parfois avec un sentimentalisme un peu naïf propre aux productions de cette époque. Certaines sous-intrigues, comme le voisin effrayant au grand cœur (Roberts Blossom), sont des ficelles scénaristiques cousues de fil blanc.

La mise en scène / Le jeu
Chris Columbus emballe le tout avec une efficacité redoutable, filmant souvent à hauteur d’enfant pour accentuer la menace que représentent les adultes. Mais le film repose sur les épaules de son casting. Macaulay Culkin bouffe l’écran avec un naturel désarmant. Face à lui, le duo de « Casseurs Flotteurs » incarné par Joe Pesci (qui sortait des Affranchis, le grand écart absolu) et Daniel Stern est magistral. Leur capacité à encaisser les pires châtiments corporels tout en gardant un timing comique parfait force le respect. Et n’oublions pas les apparitions savoureuses de Catherine O’Hara en mère au bord de la crise de nerfs, ou de John Candy en musicien solidaire.
Le saviez-vous ?
- Ce premier volet de la franchise a été un raz-de-marée absolu : accueilli positivement, il a engrangé 476,7 millions de dollars, devenant le deuxième plus gros succès mondial de l’année 1990.
- Il a révélé Macaulay Culkin et est resté la comédie en prises de vues réelles la plus lucrative pendant vingt ans. Il s’est même payé le luxe de décrocher deux nominations aux Oscars et aux Golden Globes.
- Preuve de son aura intouchable, Home Alone a été sélectionné en 2023 pour être conservé au Registre national du film de la Bibliothèque du Congrès américain. Et bien sûr, il a engendré la suite Home Alone 2 en 1992.
Conclusion et recommandation
Un indispensable pour les fêtes de fin d’année, qui plaira autant aux gosses pour son côté transgressif qu’aux adultes amateurs de slapstick1 bien exécuté. D’ailleurs, si tu veux comprendre dans quel contexte cinématographique dingue ce huis clos comique a explosé le box-office, je te renvoie à notre grand dossier 1990 : L’ANNÉE DU BASCULEMENT.
Pistes de réflexion
Peut-on considérer aujourd’hui Home Alone comme l’un des pionniers grand public du sous-genre « Home Invasion« , habituant toute une génération de spectateurs aux mécaniques de défense territoriale qu’on retrouvera plus tard dans des thrillers ou des films d’horreur bien plus sombres ?
À vous de juger
Et toi, tu penses que les pièges de Kevin relèvent du génie comique ou de la tentative de meurtre préméditée ?
Balance ton avis dans les commentaires, on en débat.

- Le slapstick est un genre d’humour impliquant une part de violence physique volontairement exagérée. ↩︎
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