
RAMBO III (1988) : La boursouflure pyrotechnique au sommet…
Verdict d’entrée
Ce troisième volet de la saga initiée par le traumatisant First Blood (1982) voit notre justicier bodybuildé s’éloigner définitivement du drame psychologique profond, pour sombrer dans le nanar d’action indigeste. On est tout aussi loin d’un divertissement de qualité, l’âme de John Rambo s’étant visiblement évaporée sous le soleil écrasant. Découvrons à travers cette critique de Rambo III comment le blockbuster le plus cher de son époque a sacrifié l’émotion sur l’autel de la pyrotechnie décérébrée.
Le pitch
Retiré dans un monastère bouddhiste en Thaïlande, John Rambo refuse de reprendre les armes. Mais lorsque son mentor et seul véritable ami, le Colonel Trautman, est capturé par les Soviétiques lors d’une mission périlleuse, le vétéran n’a d’autre choix que de replonger dans l’enfer afghan pour le sauver.
Notre avis sur Rambo1 III
Quand on prend le temps de poser notre avis sur Rambo III, le constat est aussi amer qu’une défaite militaire. Sorti mondialement le 25 mai 1988, le film est le reflet d’une époque biberonnée aux stéroïdes et aux fins de Guerre Froide. Si le budget colossal crève l’écran à chaque minute, le scénario, lui, reste tragiquement bloqué au stade embryonnaire, nous offrant une vision géopolitique digne d’un gamin jouant avec ses soldats de plomb dans un bac à sable.
Les atouts majeurs
Si tu cherches de l’action décomplexée et que tu laisses ton cerveau au vestiaire, le contrat visuel est rempli. Le long-métrage ne lésine absolument pas sur les moyens matériels : les explosions s’enchaînent avec une générosité presque obscène et les scènes de batailles impliquant les hélicoptères restent visuellement impressionnantes pour la fin des années 80. À sa sortie, il s’agissait tout simplement du film le plus cher jamais réalisé, avec un budget de production pharaonique estimé entre 58 et 63 millions de dollars. Cette débauche de moyens offre d’incontestables morceaux de bravoure qui flattent la rétine, témoignant d’une époque où l’industrie hollywoodienne construisait ses mythes à coups de TNT.
Les faiblesses et limites
Mais derrière la fumée, le vide est abyssal. L’inanité absolue du propos transforme la sève tragique du premier volet en une caricature grossière. Le film a d’ailleurs été, à très juste titre, mal accueilli par la critique de l’époque et a rapporté moins d’argent que son prédécesseur (qui avait engrangé 189 millions de dollars). Les dialogues sont d’une pauvreté affligeante et la dimension politique est tellement manichéenne qu’elle en devient parodique. Ironiquement, même la pire comédie dramatique parisienne actuelle, que je fuis habituellement comme la peste, pourrait presque revendiquer une subtilité supérieure. C’est dire le niveau du désastre scénaristique.
La mise en scène / Le jeu
Peter MacDonald, remplaçant Russell Mulcahy au pied levé, se contente d’être un habile technicien de plateau. Il filme l’action sans aucune vision artistique ni supplément d’âme, obéissant bêtement au cahier des charges. Sylvester Stallone, bien que physiquement monumental, livre une prestation monolithique qui réduit son personnage iconique à une machine à tuer dénuée de la moindre nuance. Face à lui, Richard Crenna fait le service minimum syndical en répétant inlassablement aux méchants à quel point son poulain est invincible.
Le saviez-vous ?
L’ironie du sort veut que Sylvester Stallone ait déclaré plus tard que son idée de départ pour le film était beaucoup plus sombre, davantage en accord avec le thème d’un film comme Les Larmes du Soleil (2003), mais situé en Afghanistan. Par ailleurs, la rivalité musclée des actioners des années 80 nous a offert un clin d’œil mythique : dans le film Jumeaux (1988), le personnage d’Arnold Schwarzenegger observe une affiche de Rambo III, compare la taille de ses biceps à ceux de Stallone, balaie la remarque d’un sourire narquois et s’éloigne. Une pique légendaire !
Conclusion et recommandation
À réserver uniquement aux complétistes acharnés de la franchise ou aux dimanches pluvieux où l’on cherche un fond sonore explosif. Rambo III est un dinosaure testostéroné, une anomalie boursouflée qui a oublié le cœur brisé de son héros. Et pour comprendre exactement dans quel bouillonnement industriel cette œuvre a vu le jour, je t’invite vivement à lire notre grand dossier sur 1988 : L’ANNÉE DE LA DÉFLAGRATION, un millésime qui a secoué le cinéma d’action.
Pistes de réflexion
La transformation d’un vétéran traumatisé en super-héros invulnérable était-elle une évolution inévitable pour plaire au public des années 80 ? Est-ce que cette surenchère budgétaire a, paradoxalement, tué l’âme des grandes franchises d’action ?
À vous de juger
Et toi, tu as su apprécier ce déluge de feu sans complexe ou tu as pleuré en repensant à la maîtrise du tout premier film ?
Lâche-toi dans les commentaires, on en débat avec plaisir !

- Cet avis sur Rambo III vient noircir le tableau de nos héros des années 80. N’hésite pas à consulter sur le blog notre analyse de Commando (1985) pour un face-à-face explosif. ↩︎
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