Action, Thriller

COMMANDO (1985) ★★★★✮

Temps de lecture : 4 minutes
Arnold Schwarzenegger en John Matrix, visage camouflé, portant un lance-roquettes dans le film Commando.
John Matrix, l’incarnation de la puissance brute et de l’humour « punchline ».

Commando : l’apothéose du muscle et de l’ironie reaganienne…

Commando (1985) est l’épitomé du cinéma d’action des années 80, une œuvre où la testostérone et l’humour noir fusionnent pour créer un spectacle jubilatoire. Mark L. Lester livre ici un film qui, sous ses airs de série B bodybuildée, assume une dimension parodique visionnaire. Découvrons à travers cette critique du film comment Arnold Schwarzenegger a transformé une traque sanglante en un ballet cartoonesque absolument culte.

John Matrix, ancien colonel des forces spéciales, mène une vie paisible avec sa fille Jenny. Sa tranquillité vole en éclats lorsqu’un ancien dictateur la kidnappe pour le contraindre à commettre un assassinat politique. Matrix s’échappe et dispose de quelques heures pour raser une île entière.

Le premier point de force réside dans l’auto-parodie comme moteur narratif. Commando (1985) ne se contente pas d’aligner les cadavres ; il s’amuse de ses propres excès. Le film oscille entre le sérieux et le burlesque, transformant l’invulnérabilité de Matrix en un ressort comique assumé. Cette conscience métacinématographique préfigure le postmodernisme des blockbusters actuels.

Ensuite, il faut souligner la performance d’Arnold Schwarzenegger. Ici, il est une icône physique plutôt qu’un acteur dramatique. Le réalisateur exploite brillamment ses contraintes : son débit monocorde et son regard de prédateur servent des « one-liners » légendaires. Chaque réplique, de « J’ai menti » à « Laisse-toi aller, Bennett« , renforce le mythe d’une force de la nature inarrêtable.

Étonnamment, le film propose un traitement progressiste de la relation homme-femme. Le personnage de Cindy, interprété par Rae Dawn Chong, n’est jamais réduit à un intérêt romantique. Leur dynamique de partenariat fonctionnel et comique détonne dans le paysage machiste de l’époque. Elle est une alliée active, et non une simple demoiselle en détresse.

Arnold Schwarzenegger portant un énorme tronc d'arbre sur l'épaule dans la scène d'ouverture du film Commando.
Une introduction iconique : la force herculéenne de John Matrix résumée en un seul plan mémorable.

Toutefois, le film souffre d’une absence totale de tension dramatique. Matrix ne subit jamais de véritable menace, ce qui transforme l’œuvre en une pure fantaisie de puissance. Cette logique « cartoonesque » peut déconcerter ceux qui cherchent un réalisme viscéral. La violence devient un spectacle dénué de conséquences, où les antagonistes ne sont que des cibles anonymes.

De plus, l’écriture reste sommaire. Les dialogues oscillent parfois vers une ringardise qui, si elle amuse les fans, souligne un manque de profondeur thématique. Les motivations du grand méchant, Bennett, confinent au théâtral excessif, frôlant la caricature sans jamais la dépasser totalement.

Commando (1985) est le film idéal pour une soirée entre passionnés de cinéma d’action « vintage« . Il occupe une place centrale dans la filmographie d’Arnold Schwarzenegger, marquant le passage de la brute épaisse de Conan le Barbare (1982) au héros d’action charismatique. C’est un incontournable pour comprendre l’esthétique des années 80.

Au-delà du divertissement, le film porte un héritage géopolitique implicite. L’invention du pays fictif « Val Verde » et le cadre de la Guerre froide révèlent les fantasmes impérialistes de l’ère Reagan. Sous les muscles, Commando (1985) raconte aussi comment l’Amérique de l’époque se rêvait en justicier solitaire capable de régler les conflits mondiaux en un après-midi.

Entre hommage au film de guerre et parodie assumée, ce classique de Mark L. Lester continue de diviser : génie du second degré ou simple nanar de luxe ? Quoi qu’il en soit, l’impact culturel de John Matrix demeure intact quarante ans plus tard.
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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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