Folk Horror, Horreur, Thriller

THE MUMMY (2026) ★★★✮☆

Temps de lecture : 4 minutes
Gros plan terrifiant d'une femme momifiée hurlant dans son sarcophage sur l'affiche du film The Mummy (2026).
La malédiction a un visage, et elle hurle.

La malédiction sous la peau…

Lee Cronin enterre définitivement les acrobaties numériques de l’ère Tom Cruise pour revenir à une horreur viscérale, poisseuse et psychologique. Une proposition audacieuse qui redonne enfin ses lettres de noblesse au cauchemar millénaire. Découvrons à travers cette critique de The Mummy (ou Le Réveil de la Momie pour les fans de titres français) comment le réalisateur de Evil Dead Rise parvient à exhumer une terreur organique tout en se prenant les pieds dans les bandelettes du blockbuster.
Note : 3.5/5 (★★★✮☆)

En 2026, une expédition archéologique menée par l’ambitieux Elias (Jack Reynor) et l’historienne Elena (Laia Costa) exhume un tombeau anonyme dans les tréfonds du désert égyptien. Bien que les avertissements locaux soient clairs, ils libèrent une entité qui ne cherche pas la domination du monde, mais une rédemption par la douleur. Le huis clos désertique vire à l’agonie mentale et physique pour l’équipe.

Notre avis sur THE MUMMY

En effet, cet avis sur The Mummy version 2026 risque de surprendre les amateurs de divertissement familial. Lee Cronin injecte sa science du malaise dans une franchise qui en avait cruellement besoin. Le film délaisse les vastes plaines sablonneuses pour l’obscurité des boyaux souterrains, transformant le mythe en une expérience claustrophobe. Bien que l’on sente l’ombre des studios peser sur la dernière partie, l’approche « folk-horror » appliquée à l’Égypte ancienne est une bouffée d’air frais (ou plutôt d’air vicié de tombeau) absolument bienvenue.

La force de ce long-métrage réside dans son traitement thématique. Lee Cronin ne se contente pas de réveiller un mort ; il questionne l’impérialisme culturel. En effet, la culpabilité historique des archéologues occidentaux devient le moteur de la malédiction. La photographie de Stephen Murphy, saturée d’ocres étouffants et de noirs profonds, sublime une horreur qui se veut avant tout sensorielle. Par ailleurs, l’utilisation de maquillages prosthétiques au détriment des CGI à outrance confère à la Momie une présence physique terrifiante, presque érotique dans sa morbidité.

Le bât blesse malheureusement dans l’équilibre narratif. Le film construit patiemment une tension insoutenable pendant une heure, pour finalement céder aux sirènes de la franchise dans un troisième acte étrangement générique. Finalement, les règles de la mythologie instaurées au début deviennent floues pour permettre des scènes d’action plus conventionnelles. On regrette aussi que certains personnages secondaires, comme celui de May Calamawy, ne servent que de chair à canon narrative sans réelle épaisseur dramatique.

Natalie Grace dans The Mummy (2026)
Natalie Grace dans The Mummy (2026)

Lee Cronin confirme son statut de formaliste de l’horreur. Sa caméra rampe, s’insinue dans les fissures et privilégie les gros plans sur les visages décomposés par la peur. Jack Reynor livre une performance habitée en homme dévoré par son ambition, tandis que Laia Costa apporte une vulnérabilité bienvenue. Mention spéciale à Lily Sullivan, dont la présence physique en tant qu’entité insuffle une gravité inattendue au rôle-titre.

  • Musique organique : Le compositeur Stephen McKeon a intégré des sons de pierres broyées et de papyrus froissés dans la partition pour accentuer l’aspect minéral du film.

  • Décors réels : Pour éviter l’effet « fond vert« , une grande partie des scènes de tombeau a été tournée dans de véritables grottes en Jordanie, recréant une atmosphère de travail oppressante pour l’équipe.

Ce cru 2026 est une œuvre ambitieuse, à mi-chemin entre le cinéma d’auteur horrifique et le divertissement de studio. Il s’adresse aux fans d’horreur pure qui acceptent une lente montée en puissance. Il redonne une dimension sombre et contemporaine à un monstre trop souvent tourné en dérision.

Le film nous pousse à nous demander si le réveil de la Momie n’est pas, au fond, la réponse inévitable d’une culture pillée qui finit par dévorer ses profanateurs. Est-ce une métaphore du retour de bâton décolonial ? Le débat est ouvert.

Et toi, prêt à retourner dans le tombeau ou tu préfères laisser les morts en paix ?
Dis-moi ce que tu en penses en commentaire !


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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