Action, Arts Martiaux, Ciné-Asia, Hong-Kong

ONCE UPON A TIME IN CHINA II (1992) ★★★★✬

Temps de lecture : 4 minutes
Jet Li en Wong Fei-hung face à des soldats chinois dans Once Upon a Time in China II de Tsui Hark.
Le duel final à la perche, un sommet de l’art martial.

La fureur de vaincre l’ombre…

Tsui Hark ne se contente pas de filmer des combats ; il capture l’agonie d’un empire et la naissance d’un mythe nationaliste. Ce second opus surpasse l’original par sa virtuosité technique et l’antagonisme viscéral entre Jet Li et Donnie Yen. Découvrons à travers cette critique de Once Upon a Time in China II (1992) l’apogée du Wuxia moderne des années 90.
Note : 4.5/5 (★★★★✬)

En 1895, lors d’un congrès médical à Canton, Wong Fei-hung se retrouve pris entre les feux croisés de la secte xénophobe du Lotus Blanc et des révolutionnaires républicains menés par Sun Yat-sen. Accompagné de la ravissante Tante Treize, le maître de Foshan doit naviguer dans une Chine fracturée, où la tradition millénaire se fracasse contre la modernité coloniale.

Notre avis sur ONCE UPON A TIME IN CHINA II

Proposer un avis sur Once Upon a Time in China II, c’est avant tout saluer l’audace d’un réalisateur qui refuse le simple divertissement de « kung-fu de quartier ». En effet, Tsui Hark transforme cette suite en une fresque politique bouillonnante où l’action sert de ponctuation à une réflexion profonde sur l’identité chinoise. Bien que le scénario puisse parfois paraître dense — pour ne pas dire confus lors des transitions entre les factions — l’énergie qui s’en dégage est proprement électrisante. On est ici face à un cinéma total, physique et intellectuel, qui n’a que faire de la tiédeur.

Le film doit son statut de culte à la symbiose parfaite entre la caméra virevoltante de Tsui Hark et le génie chorégraphique d’Yuen Woo-ping. Le combat final à la perche de bambou, dans un entrepôt sombre et exigu, reste l’une des séquences les plus inventives de l’histoire du cinéma d’action. Par ailleurs, l’utilisation du nationalisme n’est pas qu’un simple ressort patriotique ; elle est traitée avec une mélancolie poignante, montrant une Chine à la croisée des chemins. La confrontation entre Wong Fei-hung et le commandant Lan (Donnie Yen) est un sommet de précision martiale où chaque mouvement raconte la chute d’un monde.

Tout n’est pas parfait dans ce chaos maîtrisé. Le rythme subit quelques chutes de tension notables avant d’entamer le dernier acte, la faute à des enjeux politiques qui diluent parfois l’émotion pure. Finalement, certains personnages secondaires, à commencer par Tante Treize (Rosamund Kwan), servent plus de faire-valoir comique ou romantique que de véritables moteurs dramatiques, manquant de l’épaisseur nécessaire pour exister face au charisme écrasant de Jet Li.

Jet Li dans Once Upon a Time in China II (1992)
Jet Li dans Once Upon a Time in China II (1992)

Jet Li livre ici sa performance la plus iconique, alliant une noblesse stoïque à une agilité surhumaine. Sa présence impose un respect immédiat. Derrière la caméra, Tsui Hark multiplie les angles impossibles et les montages nerveux, créant une dynamique qui rend le film intemporel. Donnie Yen, en miroir sombre du héros, prouvait déjà qu’il était le seul capable de rivaliser techniquement avec la star du film.

  • Le tournage a été marqué par le remplacement de Lau Kar-leung par Yuen Woo-ping à la chorégraphie, Tsui Hark souhaitant un style plus aérien et moins ancré dans le kung-fu traditionnel « au sol ».
  • La chanson emblématique du film, A Man of Determination, est basée sur une mélodie folklorique ancienne intitulée Under the General’s Orders.

C’est un pilier indispensable pour tout amateur de Ciné-Asia. Plus qu’un film d’arts martiaux, c’est un témoignage historique sur une Chine en pleine mutation. Si tu cherches la définition du mot « épique », elle se trouve ici. Ce film s’inscrit d’ailleurs parfaitement dans notre rétrospective 1992 : L’ANNÉE DE LA TENSION.

Le film pose une question toujours actuelle : comment embrasser la modernité sans sacrifier son héritage culturel ? La secte du Lotus Blanc, avec son fanatisme aveugle, fait étrangement écho à certains replis identitaires contemporains.

Alors, Jet Li reste-t-il pour toi l’unique Wong Fei-hung ?
Viens en débattre en commentaire !


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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