Gore, Horreur, Slasher

A NIGHTMARE ON ELM STREET 2: FREDDY’S REVENGE (1985) ★★★☆☆

Temps de lecture : 4 minutes
Robert Englund en Freddy Krueger, griffes levées, dans une scène de La Revanche de Freddy (1985).
Robert Englund commence ici à peaufiner l’humour noir de Krueger.

LA REVANCHE DE FREDDY (1985) : LE SLASH’ OUT DU PLACARD

Une suite bâtarde qui trahit les règles de l’original pour s’aventurer dans une métaphore organique et moite. Entre deux effets spéciaux visqueux, on y découvre un Freddy plus bavard, presque « sympathique », et une sous-lecture gay si évidente qu’elle en devient le moteur principal du film. Découvrons à travers cette critique du film A Nightmare on Elm Street 2: Freddy’s Revenge (1985) comment Freddy Krueger a tenté de posséder bien plus que les rêves d’un adolescent.
Note : 3/5

Cinq ans après les massacres d’Elm Street, la famille Walsh emménage dans l’ancienne demeure de Nancy Thompson. Très vite, le jeune Jesse est en proie à des cauchemars où un tueur griffu tente de s’incarner dans la réalité en utilisant son corps comme réceptacle. Entre une chaleur étouffante et des pulsions incontrôlables, Jesse doit lutter pour ne pas devenir l’instrument de mort de Krueger.

Notre avis sur LA REVANCHE DE FREDDY

Donner un avis sur La Revanche de Freddy, c’est accepter de voir la franchise dérailler dès son deuxième opus. Jack Sholder délaisse l’onirisme pur de Wes Craven pour un « body horror » qui ne dit pas son nom. Si le film a longtemps été le vilain petit canard de la saga, il s’impose aujourd’hui comme une curiosité fascinante, bien plus audacieuse que la soupe tiède que nous sert le cinéma d’horreur français actuel, incapable de filmer l’organique sans s’excuser.

Le film brille par une inventivité visuelle craspeuse. La transformation de Jesse en Freddy, la peau qui se déchire, l’ambiance moite de cette chambre transformée en étuve… tout transpire l’artisanat de haute volée. Mark Patton livre une performance habitée, loin des clichés du « jock » invincible, apportant une vulnérabilité touchante. Et puis, il y a cette audace thématique : transformer le slasher en métaphore de la lutte contre ses propres démons intérieurs (et sexuels) donne au film une profondeur que la critique de 1985 avait totalement occultée.

Le principal problème réside dans la trahison des règles établies par le premier volet. Freddy qui sort des rêves pour s’incarner physiquement dans une fête au bord d’une piscine ? On frise le ridicule. La cohérence de l’univers en prend un coup, et le film perd cette sensation de menace invisible et inéluctable qui faisait le sel de l’œuvre de Wes Craven.

Jack Sholder filme avec une certaine efficacité les scènes de tension, notamment dans les vestiaires. Robert Englund commence ici à donner à Freddy cette personnalité narquoise et bavarde qui deviendra sa marque de fabrique. On saluera Clu Gulager et Hope Lange, impeccables en parents dépassés, et Marshall Bell, absolument délicieux en entraîneur tyrannique qui finit par se faire humilier par une serviette démoniaque avant de passer l’arme à gauche.

Le script original de David Chaskin était volontairement chargé en sous-entendus homoérotiques, ce que l’acteur Mark Patton (lui-même homosexuel) a immédiatement compris, contrairement au réalisateur qui prétendait ne rien voir.

  • Avec un budget minuscule de 3 millions de dollars, le film en a rapporté 30 millions, sauvant ainsi New Line Cinema et confirmant que Freddy était une poule aux œufs d’or.

Indispensable pour les complétistes de la saga et les amateurs de cinéma de genre qui aiment gratter sous la surface. C’est un slasher unique, imparfait mais viscéral. Pour prolonger le frisson de cette année charnière où le cinéma d’action et l’horreur ont passé la vitesse supérieure, replongez dans notre dossier spécial : 1985 : L’ANNÉE TURBO.

Est-ce que La Revanche de Freddy n’est pas, au final, le premier « Queer Horror » grand public ? En détournant les codes du genre pour parler de refoulement, il s’est offert une seconde vie bien plus intéressante que celle d’une simple suite commerciale.

Freddy 2 : chef-d’œuvre incompris ou trahison pure et simple de l’esprit de Wes Craven ?
On attend vos griffes en commentaires !


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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