Action, Comédie, Crime - Policier, Thriller

ANOTHER 48 HRS. (1990) ★★☆☆☆

Temps de lecture : 5 minutes
Eddie Murphy et Nick Nolte en pleine action dans la suite décevante Another 48 Hrs. réalisée par Walter Hill.
Nick Nolte et Eddie Murphy : une alchimie évaporée en 1990.

Un retour bâclé et décousu…

Même le retour d’Eddie Murphy, de Nick Nolte et du réalisateur Walter Hill ne peut masquer le côté précipité et paresseux de ce projet. C’est bruyant, souvent vain, et à des années-lumière de la fraîcheur rugueuse du premier volet. Découvrons à travers cette critique de Another 48 Hrs (1990) comment Hollywood excelle parfois à saborder ses propres mythes.
Note : 2/5.

Huit ans après leur première collaboration explosive, l’inspecteur Jack Cates se retrouve dans une situation critique. Accusé d’homicide involontaire, il a quarante-huit heures pour blanchir son nom. Pour traquer le mystérieux « Iceman« , il n’a d’autre choix que de faire appel à Reggie Hammond, tout juste sorti de prison. Une nouvelle course contre la montre commence.

Notre avis sur ANOTHER 48 HRS.

L’une des rares satisfactions de cette suite réside paradoxalement dans son énergie brute. Walter Hill tente de raviver la flamme du buddy movie d’action qui a fait le succès du premier opus, et l’action ne s’arrête jamais vraiment. Le réalisateur multiplie les fusillades musclées et les courses-poursuites urbaines avec un savoir-faire technique indéniable. D’ailleurs, la générosité des séquences destructrices vient ponctuellement réveiller un spectateur parfois engourdi par une dynamique qui a du mal à se renouveler. On retrouve, par intermittence, cette tension rugueuse entre le flic aux méthodes expéditives et le taulard beau parleur, rappelant les belles heures du cinéma de genre américain avant qu’il ne se ramollisse.

Malheureusement, les faiblesses écrasent vite ces quelques atouts. Le scénario est paresseux, empilant les clichés sans aucune des fulgurances qui rendaient l’original percutant. L’intrigue policière est cousue de fil blanc et sert uniquement de prétexte pour enchaîner les séquences de casse. Contrairement aux polars coréens qui savent merveilleusement lier l’action viscérale à des enjeux dramatiques profonds et sombres, ici tout est superficiel, formaté à outrance pour plaire au box-office. L’âme même des personnages s’est évaporée en route. Quant à la pauvreté de certains dialogues, on se croirait presque devant une de ces comédies d’action françaises récentes et consternantes qui encombrent nos salles, c’est dire l’ampleur du désastre.

 Nick Nolte et  Eddie Murphy dans Another 48 Hrs. (1990).
Nick Nolte et Eddie Murphy dans Another 48 Hrs. (1990).

Du côté de la mise en scène, Walter Hill, pourtant artisan solide d’habitude, emballe le chaos sans véritable conviction artistique. Le casting souffre de la même inertie : Eddie Murphy a perdu son charme spontané de 1982, enfermé dans son propre mythe de star hollywoodienne intouchable, tandis que Nick Nolte fait le minimum syndical en roulant des mécaniques usées. L’alchimie qui faisait des étincelles jadis est remplacée par une routine purement mécanique, où seul Brion James tente de tirer son épingle du jeu dans un second rôle sous-exploité.

  • Il s’agit bien évidemment de la suite directe du classique 48 Heures de 1982, l’un des fondateurs du buddy movie moderne.
  • En 2025, The Hollywood Reporter a classé Another 48 Hrs. comme le long-métrage possédant les meilleures cascades de l’année 1990.
  • Au total, le métrage a rapporté plus d’argent au box-office américain que son prédécesseur et a engrangé 72,7 millions de dollars à l’international (pour un total de 153,5 millions). Pourtant, ce succès commercial a été perçu comme une déception par le studio : en raison d’un coût de production extrêmement élevé, les bénéfices réels ont été minimes.

À réserver aux inconditionnels du duo Murphy/Nolte ou aux complétistes du cinéma d’action des années 90. Ce long-métrage reste un ajout mineur à un genre qui a connu bien mieux depuis. Pour mieux comprendre l’évolution du cinéma d’action à cette période charnière, je te conseille d’ailleurs de lire notre DOSSIER: 1990 : L’ANNÉE DU BASCULEMENT.

Comment une recette qui a si bien fonctionné peut-elle s’effondrer simplement huit ans plus tard ? Est-ce le changement de statut d’Eddie Murphy, devenu une mégastar exigeante, ou simplement la complaisance d’un studio hollywoodien cherchant la rentabilité facile avec des cascades hors de prix au détriment de l’écriture ?

Qu’as-tu pensé de cette suite ? Le retour de Nick Nolte et Eddie Murphy t’a-t-il convaincu ou partages-tu mon constat amer sur cette franchise ? Laisse ton avis dans les commentaires !


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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