Drame, Guerre

THE DEER HUNTER (1978) ★★★★★

Temps de lecture : 5 minutes
Robert De Niro dans une scène dramatique du film The Deer Hunter réalisé par Michael Cimino.
La légendaire scène de la roulette russe, symbole de la désillusion mortelle d’une nation.

La roulette russe du rêve américain…

The Deer Hunter (1978) n’est pas qu’un simple film de guerre, c’est une véritable autopsie de l’innocence perdue, d’une brutalité psychologique rarement égalée au cinéma. Découvrons à travers cette critique du film comment Michael Cimino a su capturer et filmer la fracture intime d’une nation entière.

À la fin des années soixante, trois amis inséparables, ouvriers dans une ville sidérurgique de Pennsylvanie, voient leur vie brutalement basculer lorsqu’ils sont appelés à combattre au Vietnam. Avant ce départ funeste, ils célèbrent dignement un mariage et chassent le cerf. Ce conflit d’une violence inouïe meurtrira à jamais leurs esprits.

Notre avis sur THE DEER HUNTER

L’une des forces incontestables de l’œuvre réside dans ses changements de ton et de rythme saisissants, marquant une rupture absolue lors du passage de la paisible Amérique industrielle au bourbier poisseux du Vietnam. La tension palpable, presque étouffante, pendant les séquences de roulette russe illustre avec un réalisme terrifiant les thèmes de la désillusion américaine. C’est un scénario acclamé par le public et la critique, générant un succès commercial colossal avec 49 millions de dollars de recettes. On est bien loin du cinéma pré-mâché et inoffensif que l’on subit aujourd’hui, et ne me lancez même pas sur le niveau abyssal de nos drames français contemporains.

Évidemment, on ne fera pas l’aveugle : la grandeur du métrage est parfois amoindrie par sa longueur (plus de trois heures) et par un point de vue que certains jugeront trop partial. Michael Cimino, fidèle à sa réputation, a d’ailleurs allègrement fait exploser son budget et son calendrier de production, pour un coût total grimpant à 15 millions de dollars. Cette folie des grandeurs a contraint EMI Films à gérer la distribution internationale, laissant à Universal Pictures le soin de limiter la casse aux États-Unis et au Canada.

Ces errements logistiques et narratifs sont cependant balayés par la réalisation viscérale et écorchée vive de Michael Cimino. La direction d’acteurs est une leçon de cinéma magistrale. Robert De Niro est impérial et Christopher Walken délivre une prestation hallucinée, d’une noirceur insondable. Impossible également de passer sous silence la performance de Meryl Streep, d’une justesse folle, face à un John Savage et un John Cazale déchirants.

Robert De Niro dans Voyage au bout de l'enfer (1978)
Robert De Niro dans Voyage au bout de l’enfer (1978)

Lors de la 51e cérémonie des Oscars, le film a raflé la mise avec neuf nominations et cinq statuettes : Meilleur film, Meilleur réalisateur (pour Michael Cimino), Meilleur acteur dans un second rôle (pour Christopher Walken), Meilleur son et Meilleur montage. C’était d’ailleurs la toute première nomination aux Oscars pour Meryl Streep.

  • En 2007, l’American Film Institute l’a hissé à la 53e place des meilleurs films américains de tous les temps.
  • Dès 1996, la Bibliothèque du Congrès l’a sélectionné pour le Registre national du film, gravant dans le marbre son importance culturelle, historique et esthétique.

Une claque monumentale, à réserver à ceux qui n’ont pas peur d’être bousculés. Ses faiblesses s’effacent devant la puissance de son exécution. Petite précision historique entre nous : bien qu’il s’agisse ici d’une pépite fondatrice sortie en 1978 (et non en 1989 comme tes notes l’ont glissé par mégarde !), cela reste le moment idéal pour se replonger dans les grandes époques qui ont défini le 7ème art. D’ailleurs, si tu aimes décortiquer les charnières du cinéma de divertissement et de genre, je te renvoie directement vers notre dossier 1990 : 1990 : L’ANNÉE DU BASCULEMENT.

La représentation de la guerre au cinéma doit-elle nécessairement s’encombrer d’une objectivité historique parfaite, ou la subjectivité radicale de Michael Cimino est-elle justement la seule arme capable de nous faire ressentir la folie et le traumatisme intime des soldats ?

La séquence de la roulette russe reste-t-elle selon toi la scène la plus suffocante de l’histoire du cinéma ?
Donne-moi ton avis en commentaire.


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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