
Aujourd’hui, The Shining (1980) est une relique intouchable. Pourtant, à sa sortie en 1980, la presse spécialisée lui a réservé un accueil digne d’un navet de série B. Entre nominations aux Razzie Awards et haine farouche de Stephen King, le film de Stanley Kubrick a dû traverser un désert de mépris avant d’être sacré chef-d’œuvre.
L’affront des Razzie Awards
Tiens-toi bien : Stanley Kubrick a été nommé pour le prix du Pire Réalisateur et Shelley Duvall pour celui de la Pire Actrice lors de la première cérémonie des Razzie Awards. On reprochait à Stanley Kubrick sa direction « tyrannique » — il a littéralement poussé Shelley Duvall au bord de la rupture nerveuse pour obtenir sa détresse à l’écran — et à Jack Nicholson un jeu jugé beaucoup trop outrancier. La critique de l’époque n’avait pas compris que cette exagération était précisément le moteur de la folie contaminatrice de l’Overlook.
Le divorce avec Stephen King
Le plus grand détracteur du film reste son créateur originel. Stephen King a toujours détesté cette adaptation, la qualifiant de « magnifique Cadillac sans moteur« . Pour lui, Stanley Kubrick a trahi l’essence du livre en vidant Jack Torrance de son humanité dès le départ. Cette rancœur était telle que Stephen King a supervisé une mini-série en 1997, bien plus fidèle à sa prose mais cinématographiquement anecdotique. C’est le choc frontal entre deux visions : celle d’un auteur qui veut du cœur, et celle d’un cinéaste qui veut du génie clinique.
La réévaluation : le temps comme juge
Il a fallu des décennies pour que le film soit réévalué et cité comme l’un des meilleurs films d’horreur jamais réalisés. En 2018, il a même intégré le Registre national du film pour son importance culturelle. Une preuve supplémentaire, s’il en fallait, que la critique immédiate a souvent le nez dans le guidon quand un génie comme Stanley Kubrick change les règles du jeu.

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