
Si tu coupes le son de The Shining (1980), tu perds la moitiĂ© de la terreur. Stanley Kubrick a conçu son film comme une partition d’angoisse pure, oĂą chaque craquement et chaque silence est une agression prĂ©mĂ©ditĂ©e. Analyse d’un design audio qui ne vous laisse aucun rĂ©pit.
La nappe électronique de la fin des temps
Le travail de Wendy Carlos et Rachel Elkind est sĂ©minal. Dès l’ouverture, la rĂ©interprĂ©tation Ă©lectronique du Dies Irae (le chant des morts) de Hector Berlioz annonce la couleur : vous entrez dans un tombeau. Les nappes synthĂ©tiques angoissantes ne servent pas Ă accompagner l’image, elles viennent l’Ă©paissir, crĂ©ant une atmosphère de fatalitĂ© oĂą la musique prĂ©existante devient une menace organique.
Le tricycle et la géographie du silence
L’un des coups de gĂ©nie de Stanley Kubrick rĂ©side dans l’utilisation des bruits de fond. Le passage du tricycle de Danny (Danny Lloyd ), alternant entre le silence Ă©touffĂ© de la moquette et le claquement sec sur le parquet, crĂ©e un rythme cardiaque artificiel qui maintient une tension insoutenable. Ă€ cela s’ajoutent le ronronnement sourd de la chaudière et le bourdonnement Ă©lectrique de l’ascenseur, des sons « blancs » qui saturent l’espace et soulignent l’isolement total des Torrance.
L’incohĂ©rence : le son de l’au-delĂ
Stanley Kubrick brouille la frontière entre le rĂ©el et le « shining » par l’incohĂ©rence sonore. Danny entend des voix, des murmures et des scènes de fĂŞtes qui ne devraient pas ĂŞtre audibles physiquement. Ce design audio extrasensoriel place le spectateur dans la tĂŞte du gamin : on ne sait plus si ce qu’on entend est une vibration de l’hĂ´tel ou une projection d’un esprit en train de se fissurer.
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