Action, Ciné-Asia, Crime - Policier, Hong-Kong, Thriller

ENDLESS BATTLE (2023) ★★★☆☆

Temps de lecture : 5 minutes
Scène d'action intense avec Bosco Wong dans le film policier hongkongais Endless Battle.
Les cascades physiques sauvent un script parfois trop paresseux.

La fraternité au service du spectacle numérique…

Ho-Pong Mak nous livre un polar nerveux qui compense son manque flagrant d’originalité par une générosité visuelle indéniable. C’est du cinéma « web-native » qui en a sous le capot, à condition de ne pas trop gratter le vernis du scénario. Découvrons à travers cette critique de Endless Battle (2023) comment ce thriller d’action tente de raviver la flamme du polar de Hong Kong entre pixels et cascades à l’ancienne.
Note : 3/5.

Au cœur des triades et des services d’infiltration, deux hommes liés par une fraternité indéfectible se retrouvent broyés par un engrenage de trahisons et de violence. Entre sens du devoir et liens du sang, ils devront naviguer dans un océan de corruption où chaque allié est un ennemi potentiel. Un récit de survie urbaine où les balles parlent plus vite que les hommes.

Notre avis sur Endless Battle

Notre avis sur Endless Battle (2023) est celui d’amateurs de cinéma hongkongais qui retrouve ses marques avec un plaisir coupable, tout en déplorant une paresse d’écriture persistante. Ho-Pong Mak connaît son métier : il emballe son film avec une efficacité redoutable, calibrée pour un public qui consomme du contenu rapidement mais exige une certaine tenue technique. C’est solide, c’est propre, mais ça manque cruellement de cette âme déviante qui faisait le sel des productions de la grande époque. On sent que le film a été « protégé » par une production carrée pour satisfaire les standards du cinéma en ligne, quitte à lisser les aspérités.

Le point fort, c’est l’action, et heureusement. Les chorégraphies sont sèches, viscérales, et surtout, elles bénéficient d’un équilibre salvateur entre les effets numériques et les cascades physiques. La destruction a ici une dimension tridimensionnelle : quand un décor explose ou qu’un corps traverse une vitre, on le sent. Cette puissance d’attaque visuelle est le véritable moteur du film. De plus, la thématique de la fraternité apporte une couche émotionnelle bienvenue qui évite au long-métrage de n’être qu’une démo technique. On s’attache à ces personnages, malgré la minceur de leurs enjeux.

Michael Tse dans Endless Battle (2023).
Michael Tse dans Endless Battle (2023).

C’est là que le bât blesse : le scénario est un immense cadavre exquis de clichés. On oscille entre un sous-Infernal Affairs (2002) et des réminiscences de la série coréenne My Name (2021). Les raccourcis dramatiques sont légion et certains personnages prennent des décisions d’une stupidité affligeante simplement pour faire avancer l’intrigue. Ces trous narratifs et ce manque d’originalité structurelle empêchent le film de prétendre à la cour des grands. C’est efficace sur le moment, mais ça s’oublie aussi vite qu’une story Instagram.

Bosco Wong et Michael Tse font le job avec le sérieux qu’on leur connaît, habitués qu’ils sont à ces rôles de durs à cuire au cœur tendre. Ho-Pong Mak, de son côté, prouve qu’il est un excellent technicien. Sa mise en scène est dynamique, le montage est serré et il sait comment iconiser ses acteurs sans tomber dans le ridicule. Il gère parfaitement les temps morts pour maximiser l’impact des explosions de violence.

Le film a été conçu spécifiquement pour le marché du « web cinema » chinois, un secteur en pleine explosion qui exige des standards de production de plus en plus proches des sorties salles traditionnelles. On notera également un soin particulier apporté au sound design des fusillades, enregistré pour maximiser l’immersion sur les systèmes de home-cinéma et les appareils mobiles, cibles prioritaires de ce format.

Bosco Wong dans Endless Battle (2023).
Bosco Wong dans Endless Battle (2023).

Endless Battle (2023) s’adresse aux nostalgiques du polar HK qui ont soif d’action immédiate sans vouloir se triturer les méninges. C’est un produit technique solide, rythmé, idéal pour une soirée détente, mais qui n’apporte rien de neuf au genre.

Le cinéma « en ligne » est-il en train de devenir le nouveau refuge des genres délaissés par les grands studios, ou n’est-il qu’une machine à recycler des formules usées jusqu’à la corde ? La question mérite d’être posée face à la standardisation croissante de ces productions.
Alors, cette fraternité vous a-t-elle convaincu ou saturez-vous des histoires d’infiltrés ?
On en discute en commentaires !


En savoir plus sur CritiKs MoviZ

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Avatar de Inconnu

À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Nombres de Visites

  • 575 781 visiteurs ont fréquenté ce blog. Merci à tous !

S'abonner au blog via e-mail

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

Archives

En savoir plus sur CritiKs MoviZ

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture