Action, Crime - Policier, Thriller

THE DEAD POOL (1988) ★★★✬☆

Temps de lecture : 5 minutes
Gros plan de Clint EASTWOOD pointant son Magnum 44 dans le film La Dernière Cible (1988).
Le Magnum 44, le meilleur ami de l’homme selon Harry Callahan.

LA DERNIÈRE CIBLE / THE DEAD POOL (1988) : le pari mortel de Dirty Harry…

Harry Callahan ne prend pas sa retraite, il solde ses comptes avec un cynisme jubilatoire. Plus qu’un simple polar, ce cinquième volet est une charge féroce contre le voyeurisme médiatique des « eighties ». Découvrons à travers cette critique de La Dernière Cible (1988) comment le concept du « Dead Pool » offre à la saga une conclusion aussi nerveuse qu’intelligente.
Note : 3,5/5

À San Francisco, l’inspecteur Clint EASTWOOD découvre l’existence du « Dead Pool », un jeu macabre où l’on parie sur la mort de célébrités. Quand les noms de la liste — dont une rock star incarnée par Jim CARREY — s’empilent, Harry réalise qu’il est la prochaine cible. Entre tueur fanatique et presse charognarde, Callahan doit vider son chargeur pour rester en vie.

Notre avis sur LA DERNIÈRE CIBLE1 (THE DEAD POOL)

Notre avis sur La Dernière Cible est que le film gagne énormément à être analysé via son titre original, The Dead Pool. Là où la traduction française reste générique, le concept de « pari funèbre » irrigue tout le récit et offre une dimension méta inédite à la franchise. Buddy VAN HORN signe ici le film le plus court de la série (91 minutes), évitant tout gras narratif pour se concentrer sur l’efficacité pure et une ironie mordante sur la célébrité post-mortem.

L’atout maître reste cette capacité à détourner les codes du genre. La séquence de poursuite avec la voiture télécommandée dans les collines de San Francisco est un morceau de bravoure technique qui parvient à être à la fois tendu et presque parodique des exploits passés de la saga. Le duo entre Clint EASTWOOD et Evan C. KIM apporte une fraîcheur nécessaire, brisant la solitude habituelle du héros par une complicité professionnelle solide et sans pathos. La critique des médias, portée par le personnage de la journaliste, est d’une pertinence qui n’a pas pris une ride.

Clint Eastwood dans The Dead Pool (1988)
Clint Eastwood dans The Dead Pool (1988)

On peut regretter que l’antagoniste principal manque de l’aura terrifiante d’un « Scorpion » (le tueur du premier opus). La mise en scène de Buddy VAN HORN est carrée, efficace, mais elle n’a pas la virtuosité plastique ou l’ambiance poisseuse que Don SIEGEL savait instaurer. C’est un thriller d’action de haut vol, mais qui lorgne parfois un peu trop vers le formatage des productions de la fin des années 80.

Clint EASTWOOD incarne un Callahan plus las, mais dont la repartie n’a jamais été aussi acérée. Sa présence physique bouffe littéralement l’écran. À ses côtés, on assiste à la naissance de deux futures stars : Liam NEESON, imposant en réalisateur de films d’horreur arrogant, et James CARREY (James et non Jim à l’époque), dont la performance de rock star camée est aussi brève qu’électrique. Le montage est sec, privilégiant l’impact à la contemplation.

  • Premiers pas : Il s’agit du premier rôle dramatique pour James CARREY, qui montre déjà une intensité physique déconcertante avant de devenir le roi de la grimace.
  • Guns N’ Roses : Le groupe de rock fait une apparition furtive (notamment SLASH et Axl ROSE) ; leur morceau « Welcome to the Jungle » est utilisé pour illustrer la décadence du milieu artistique.
  • Réplique culte : C’est ici qu’Harry lâche sa vérité universelle : « Les opinions, c’est comme les trous du cul ; tout le monde en a un. »
Liam Neeson et Clint Eastwood dans The Dead Pool (1988).
Liam Neeson et Clint Eastwood dans The Dead Pool (1988).

The Dead Pool est un baroud d’honneur plus que respectable. C’est un film pour ceux qui aiment le cinéma d’action qui ne s’embarrasse pas de politiquement correct. Harry Callahan tire sa révérence en restant fidèle à lui-même : droit dans ses bottes et le doigt sur la détente.

Le film préfigure-t-il la télé-réalité macabre ? En transformant la mort en divertissement et en objet de pari, La Dernière Cible pose des questions éthiques sur la mise en scène du réel qui sont devenues notre quotidien numérique.

Alors, pour vous, ce final est-il à la hauteur du Magnum 44 ou Harry aurait-il dû raccrocher plus tôt ?
On attend vos avis en commentaire !

  1. Si vous aimez les polars urbains des années 80, ne manquez pas notre rétrospective sur le cinéma de cette décennie. Ce film s’inscrit d’ailleurs parfaitement dans notre analyse : 1988 : L’ANNÉE DE LA DÉFLAGRATION. ↩︎


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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