Gore, Horreur, Slasher, Thriller

FRIDAY THE 13TH PART VII: THE NEW BLOOD (1988) ★★✮☆☆

Temps de lecture : 5 minutes
Jason Voorhees, émerge des eaux de Crystal Lake dans Vendredi 13 chapitre 7.
Premier passage iconique de Kane Hodder sous le masque de Jason.

Friday the 13th Part VII: The New Blood (1988) : Jason contre Carrie ?

La franchise de la Paramount commence sérieusement à sentir le sapin et l’eau stagnante. À force de tirer sur la corde, les producteurs nous livrent un duel improbable qui ressemble plus à un épisode de série B fauchée qu’à un véritable cauchemar. Découvrons à travers cette critique de Friday the 13th Part VII: The New Blood (1988) l’angle d’attaque spécifique d’un affrontement télékinétique qui tente désespérément de masquer la vacuité de son scénario.
Note : 2,5/5

Tina Shepard, une adolescente hantée par la mort de son père qu’elle a provoquée via ses pouvoirs de télékinésie, retourne à Crystal Lake pour une thérapie. Sous la manipulation d’un psychiatre véreux, ses facultés psychiques réveillent accidentellement Jason Voorhees, enchaîné au fond du lac. La jeune fille devra utiliser toute sa puissance mentale pour stopper le colosse putréfié dans un duel surnaturel inédit.

Notre avis sur FRIDAY THE 13TH PART VII: THE NEW BLOOD

Chercher à renouveler une saga qui en est à son septième opus est louable, mais cet avis sur Friday the 13th Part VII: The New Blood ne peut occulter la paresse de l’écriture. On sent que l’idée de génie — un crossover avec Freddy Krueger — ayant échoué, Daryl Haney a recyclé le concept de Carrie pour donner le change. Le résultat est un slasher hybride qui perd en tension ce qu’il gagne en effets spéciaux pyrotechniques.

Le véritable choc visuel vient de l’interprétation de Kane Hodder. Pour sa première fois sous le masque de Jason, il impose une physicalité brutale, une respiration lourde et une menace constante que ses prédécesseurs n’avaient pas. Le travail de John Buechler sur le maquillage de Jason est exceptionnel : le mort-vivant est ici une carcasse en décomposition absolument magnifique de détails glauques. Le combat final, bien que flirtant avec le ridicule, offre une dynamique de mise en scène qui casse enfin la routine du « cache-cache » habituel dans les bois.

Le bât blesse du côté des victimes. On se retrouve face à une galerie de stéréotypes insupportables dont on attend la mort avec une impatience non dissimulée. De plus, la censure de la MPAA a littéralement massacré le film : la plupart des mises à mort sont coupées au montage, rendant le « sang neuf » promis par le titre singulièrement anémique. La sous-intrigue avec le docteur incarné par Terry Kiser est d’une lourdeur dramatique qui frise le ridicule.

Kane Hodder dans le rôle de Jason Voorhees dans Friday the 13th Part VII: The New Blood (1988).
Kane Hodder dans le rôle de Jason Voorhees dans Friday the 13th Part VII: The New Blood (1988).

John Buechler, grand nom des effets spéciaux, filme ce chapitre comme un artisan honnête mais manque singulièrement de vision artistique. Il se repose sur ses acquis techniques au détriment de l’ambiance. Lar Park Lincoln s’en sort honorablement dans le rôle de la « Final Girl » aux pouvoirs psy, apportant une fragilité bienvenue, tandis que Kane Hodder pose les bases de ce qui restera pour beaucoup la version définitive du tueur au masque de hockey.

  • Un héritage manqué : Paramount voulait désespérément s’associer à New Line Cinema pour un crossover avec Freddy, mais les deux studios ne parvinrent pas à un accord financier à l’époque.
  • Tournage risqué : Kane Hodder a réellement mis le feu à sa combinaison pour la scène finale, restant embrasé pendant un temps record pour l’époque afin d’assurer le réalisme de la séquence.
  • Censure record : Presque chaque scène de meurtre a dû être raccourcie pour éviter le classement X, ce qui explique le montage parfois abrupt de certaines séquences gore.

Ce septième chapitre s’adresse avant tout aux complétistes de la saga ou aux amateurs d’effets de plateau des années 80. Bien qu’il apporte un souffle fantastique intéressant, il reste un divertissement mineur. Si tu cherches la quintessence de cette année-là, je t’invite à consulter mon dossier sur 1988 : L’ANNÉE DE LA DÉFLAGRATION.

Le passage du slasher pur au film de « super-monstre » fantastique a-t-il tué l’essence de la peur urbaine instaurée par les premiers volets, ou était-ce l’unique moyen de survie pour Jason Voorhees face à la lassitude du public ?

Alors, Jason contre Carrie, c’est un génie ou un aveu de faiblesse ?
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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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