Action, Ciné-Asia, Corée du Sud, Crime - Policier, Thriller

PROTECTOR (2025) ★★✮☆☆

Temps de lecture : 5 minutes
Affiche du film Protector (2025) avec le gros plan intense du visage marqué et tuméfié de Milla Jovovich.
Milla Jovovich porte à bout de bras la rage maternelle de Protector (2025).

Mère vengeresse, thriller sous tension…

Adrian Grünberg tente le croisement bâtard entre le thriller d’action sud-coréen ultra-brutal et la redite usée jusqu’à la corde du modèle Taken. Porté à bout de bras par une Milla Jovovich investie corps et âme, le film aligne quelques séquences de castagne bien nerveuses qui réveillent les instincts primaires des amateurs de série B musclée. Pourtant, entre une écriture criblée d’incohérences, une réalisation technique parfois illisible et un virage final discutable, l’ensemble peine à s’élever au-dessus du simple divertissement du samedi soir. Découvrons à travers cette critique du film si cette traque maternelle brutale parvient à transcender ses lourdes limites formelles.

Note : 2.5/5 (★★✮☆☆)

Nikki Halstead, redoutable ancienne soldat d’élite retirée du circuit, mène une vie paisible loin du chaos des armes. Cette tranquillité vole brutalement en éclats lorsque sa fille adolescente est enlevée par un réseau sans scrupule de traite des êtres humains. Acculée, prise en étau entre la police et son ancienne hiérarchie militaire déterminée à l’éliminer, Nikki s’enfonce dans les bas-fonds criminels pour une course contre la montre sanglante où chaque seconde compte.

Notre avis sur PROTECTOR

Quand une coproduction américano-coréenne affiche la promesse d’une série B punitive avec Adrian Grünberg aux commandes (Rambo: Last Blood), notre curiosité s’aiguise immédiatement. Notre avis sur Protector (2025) reste néanmoins mitigé : si le film évite le naufrage total grâce à l’énergie destructrice de son actrice principale, il illustre les dérives d’un cinéma d’action hybride qui veut copier la noirceur coréenne sans en maîtriser la rigueur scénaristique. Le résultat hésite constamment entre le polar viscéral sans concession et le film de commande bousculé par des contraintes budgétaires évidentes.

L’atout majeur indiscutable repose sur l’incarnation viscérale de Milla Jovovich. L’actrice délaisse les acrobaties numériques pour une approche physique, abrasive, où chaque coup porté ou reçu pèse son poids de douleur. Dès les premiers assauts en milieu clos, le long-métrage distille des décharges de violence frontale qui évoquent la hargne des polars de Séoul. Le rythme soutenu de ces affrontements au corps-à-corps, appuyé par les compositions oppressantes signées Don Cherel et Sean Brennan, offre des poussées d’adrénaline jubilatoires qui comblent temporairement les trous d’air de l’intrigue.

En effet, dès que les armes se taisent, les faiblesses structurelles éclatent au grand jour. Le scénario écrit par Bong-Seob Mun s’embourbe dans une gestion temporelle calamiteuse : le fameux compte à rebours perd toute cohérence au fil des détours superflus et d’une voix off explicative superflue qui souligne lourdement ce que l’image devrait suggérer. Par ailleurs, le traitement du réseau criminel bascule dans la complaisance gratuite avec un dénouement controversé qui trahit la gravité du drame pour tenter un choc artificiel, achevant de décrédibiliser le propos.

Du côté de la mise en scène, Adrian Grünberg déçoit par un découpage haché. Le montage confié à Christian Wagner et Todd Miller, couplé à la photographie sombre de Vern Nobles Jr., plonge plusieurs corps-à-corps dans une confusion spatiale regrettable, symptôme d’une production contrainte par son économie. Bien que Matthew Modine, Manny Montana ou Don Harvey assurent le service minimum dans des rôles balisés d’antagonistes et de fédéraux, Milla Jovovich demeure l’unique rempart émotionnel évitant au projet de basculer dans le pur nanar d’action.

  • Un pont USA-Corée du Sud : Le scénariste Bong-Seob Mun a développé cette intrigue spécifiquement pour injecter les codes narratifs du cinéma d’exploitation coréen (vengeance impitoyable, violence crue) au sein d’une structure de production américaine.
  • Retrouvailles musclées : Le réalisateur Adrian Grünberg continue d’explorer le thème de la traque frontale et du démantèlement de cartels après avoir dirigé Sylvester Stallone dans Rambo: Last Blood (2019) et Mel Gibson dans Kill the Gringo (2012).
  • Une actrice sans doublure de complaisance : Pour les affrontements rapprochés dans les couloirs étroits, Milla Jovovich a exécuté la quasi-totalité de ses cascades sous la supervision d’une équipe de coordinateurs formés aux méthodes asiatiques de combat au corps-à-corps.

Protector s’adresse en priorité aux spectateurs en manque de thrillers d’action bruts et sans fard, désireux de retrouver une héroïne d’action qui cogne sans filtre numérique. Même s’il reste loin des sommets du thriller coréen contemporain ou des références du cinéma d’action [1], il fait office de divertissement défoulant mais vite oublié. Pour ne rien manquer de mes prochaines critiques et analyses sans langue de bois, rejoins gratuitement et anonymement ma chaîne WhatsApp, directement sur ton smartphone !

Face à la multiplication des productions d’action interchangeables, l’hybridation des codes asiatiques et hollywoodiens suffit-elle à masquer la pauvreté d’une écriture sans nuance ? Le cynisme d’un twist final mal calibré ne finit-il pas par saborder toute l’empathie construite autour du deuil et de la détresse maternelle ?

As-tu été convaincu par la rage viscérale de Milla Jovovich ou agacé par les facilités scénaristiques de cette traque ? Viens partager ton ressenti sans détour dans l’espace commentaires ci-dessous !


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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