Dossier

CINEMA: l’héritage de Norman

Temps de lecture : 3 minutes
Affiche en noir et blanc inspirée de Psychose d’Alfred Hitchcock montrant une silhouette menaçante derrière un rideau de douche, couteau à la main, avec le Bates Motel en arrière-plan sous la pluie et le titre « Comment Hitchcock a inventé le Slasher ».

Comment Alfred Hitchcock a inventé le slasher…

Avant 1960, l’horreur appartenait aux monstres de la Universal ou aux créatures de l’espace. Avec Psychose1 (1960), Alfred Hitchcock déplace la menace : le monstre n’est plus un loup-garou, c’est le voisin d’à côté, le fils dévoué. En créant Norman Bates, il pose les fondations du « Boogeyman » humain.

Tous les piliers du slasher moderne découlent directement de la structure de Psychose :

  • Le lieu isolé : Le Bates Motel est l’ancêtre direct de Crystal Lake dans Vendredi 13 (1980) ou de la maison des Myers dans Halloween (1978).
  • L’arme blanche : Le couteau de cuisine devient le prolongement du corps, une menace intime et viscérale.
  • L’ombre de la mère : La pathologie familiale de Norman Bates irrigue tout le genre, de la vengeance de Pamela Voorhees à la folie de Leatherface dans Massacre à la Tronçonneuse (1974).

C’est ici que le bât blesse. Alors que Alfred Hitchcock terrifiait le monde avec « trois bouts de ficelle » et du sirop de chocolat, le cinéma d’horreur français contemporain semble incapable de générer une telle icône.

  • Le syndrome du « trop propre » : À force de vouloir faire du « cinéma de genre » intellectuel et subventionné par le CNC, on oublie l’efficacité. Le cinéma français récent est souvent trop bavard, trop léché techniquement, mais désespérément vide de tension réelle.
  • L’absence de mythologie : On nous sort des drames psychologiques déguisés en films d’horreur, là où Alfred Hitchcock comprenait que le suspense naît de l’image et du montage, pas de longues jérémiades métaphoriques sur la société.

Le passage du thriller psychologique au slasher pur se fait par l’épuration. Alfred Hitchcock montrait la folie ; John Carpenter, avec Halloween (1978), en fera une force de la nature abstraite. Mais sans le voyeurisme de Norman Bates, Michael Myers n’aurait jamais eu de masque.

Le slasher est devenu une industrie de la répétition, mais l’original reste une œuvre d’art totale. Si les réalisateurs français actuels passaient moins de temps en commissions d’aide et plus de temps à étudier le découpage de la scène de la douche, le genre s’en porterait mieux.

  1. Relisez notre critique du film Psycho pour comprendre l’origine de cette révolution sanglante. ↩︎

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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