Comédie, Drame

ONCE UPON A TIME IN HOLLYWOOD (2019) ★★★★☆

Temps de lecture : 5 minutes
Affiche illustrée du film Once Upon a Time in Hollywood montrant Leonardo DiCaprio, Brad Pitt et Margot Robbie.
Le Los Angeles flamboyant de 1969 revisité par Quentin Tarantino.

Requiem pop pour l’âge d’or…

Une reconstitution maniaque, un duo impérial au sommet de son art et une générosité émotionnelle désarmante font de cette fresque l’une des propositions les plus touchantes de Quentin Tarantino. Malgré des langueurs contemplatives assumées, le geste frappe fort par son insolence réparatrice face au réel. Découvrons à travers cette critique du film « Once Upon a Time in Hollywood » (2019) comment le cinéma s’impose ici comme le seul refuge capable de terrasser la tragédie historique.

Note : 4/5 (★★★★☆)

À Los Angeles en 1969, Rick Dalton (Leonardo DiCaprio), star de séries western télévisées en perte de vitesse, lutte pour sauver sa carrière. Il traverse ces bouleversements avec son fidèle cascadeur et homme à tout faire, Cliff Booth (Brad Pitt). Tandis que l’industrie se métamorphose, le duo côtoie sans le savoir la rayonnante Sharon Tate (Margot Robbie), voisine de Rick sur Cielo Drive, ignorant la menace grandissante de la secte de Charles Manson.

Notre avis sur ONCE UPON A TIME IN HOLLYWOOD

Le long-métrage s’affirme comme une formidable capsule temporelle où l’amour du septième art déborde à chaque plan. Loin des explosions de violence habituelles du cinéaste, le métrage prend le temps d’arpenter les boulevards californiens et d’observer le crépuscule d’une époque. En effet, donner son avis sur Once Upon a Time in Hollywood impose d’accepter une déambulation mélancolique : ce n’est pas un polar nerveux mais une élégie cinéphile. Quentin Tarantino y troque son cynisme habituel contre une tendresse inattendue, sublimant le quotidien trivial de ses protagonistes jusqu’à un embrasement final d’une rare puissance réparatrice.

Les atouts majeurs reposent sur l’immersion sensorielle totale orchestrée par la mise en scène et la formidable alchimie de ses interprètes. La caméra de Robert Richardson caresse les néons de Sunset Boulevard au son des transistors d’époque, transformant la ville en organisme vivant. Par ailleurs, la relation fraternelle entre Rick et Cliff transcende le simple récit d’amitié : elle capture avec gravité le sentiment d’obsolescence d’une génération d’hommes dépassée par le Nouvel Hollywood. La séquence où Rick doute de lui sur le plateau de Lancer illustre à merveille cette fragilité bouleversante, tandis que le final uchronique, d’une férocité jubilatoire, agit comme un acte de justice poétique où la fiction venge magnifiquement l’Histoire.

Les faiblesses et limites tiennent principalement à une narration volontairement lâche qui flirte souvent avec l’errance pure. Le rythme, très indolent, pourra désarçonner ceux qui attendent la tension millimétrée de Pulp Fiction (1994). Bien que Margot Robbie irradie l’écran, le personnage de Sharon Tate demeure confiné à une icône évanescente sans réel développement psychologique. Enfin, le passage opposant Cliff Booth à Bruce Lee sombre dans une caricature inutilement provocatrice qui frôle la complaisance potache.

Leonardo DiCaprio et Brad Pitt discutant dans la rue dans le film Once Upon a Time in Hollywood.
Rick Dalton et son fidèle cascadeur Cliff Booth, complices sous le soleil californien de 1969.

La mise en scène privilégie les plans-séquences fluides en voiture et les travellings contemplatifs, capturant la texture même de la pellicule 35 mm. Brad Pitt déploie un magnétisme nonchalant irrésistible qui lui a valu un Oscar indiscutable, formant avec Leonardo DiCaprio un tandem comique et tragique absolument parfait.

  • La cheffe décoratrice Barbara Ling a orchestré une prouesse titanesque en métamorphosant des tronçons entiers d’Hollywood Boulevard, masquant les façades modernes derrière des enseignes rétro construites sur mesure sans recourir aux fonds verts.
  • Contrairement à la majorité des films à gros budget, le long-métrage n’a pas de compositeur attitré : Quentin Tarantino a puisé l’intégralité de sa bande-son dans ses propres vinyles et les archives de la station de radio californienne KHJ de 1969.
  • Leonardo DiCaprio a improvisé en grande partie sa crise de colère dans sa caravane après avoir bafouillé ses répliques sur le tournage de la série Lancer.
    Pour recréer le ranch Spahn où vivait la « Famille » Manson, l’équipe a reconstruit à l’identique les décors en bois délabrés sur les lieux mêmes du site d’origine.

Indispensable pour les nostalgiques du grand cinéma américain et les passionnés de pop culture, cette fresque réjouira les amateurs d’expériences immersives même si elle laissera de marbre les adeptes d’intrigues ultra-rythmées. Pour ne rater aucune critique et suivre mes analyses sans algorithme, rejoins gratuitement et anonymement ma chaîne WhatsApp, directement sur ton smartphone ! Retrouvez également notre analyse de Pulp Fiction (1994) pour mesurer l’évolution stylistique du réalisateur.

Quentin Tarantino propose ici bien plus qu’un simple hommage : en réécrivant le massacre de Cielo Drive, il questionne notre rapport au deuil collectif et affirme la toute-puissance de la caméra sur la barbarie. Le cinéma a-t-il le devoir éthique de réparer la mémoire ou s’agit-il d’un splendide déni de réalité ?

Le film t’a-t-il envoûté par sa torpeur solaire ou agacé par ses digressions ? As-tu été touché par cette réécriture historique ? Viens partager tes impressions en commentaire !


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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