Action, Science fiction, Super-Héros, Thriller

JUSTICE LEAGUE (2017) ★★✮☆☆

Temps de lecture : 5 minutes
Affiche de Justice League avec Cyborg, Batman, Aquaman, Flash et Wonder Woman sous le slogan You Can't Save The World Alone.
Les super-héros de l’univers DC réunis sur l’affiche officielle de Justice League (2017).

Le Frankenstein du blockbuster moderne…

Victime d’un tiraillement artistique sans précédent, ce rassemblement super-héroïque sacrifie son âme sur l’autel du compromis hollywoodien. Entre grandeur mythologique sabordée et vannes imposées au forceps, l’édifice s’effondre sous le poids de sa propre schizophrénie. Découvrons à travers cette critique du film Justice League (2017) comment le choc frontal entre Zack Snyder et Joss Whedon a transformé une fresque épique en un divertissement bancal.

Note : 2.5/5 (★★✮☆☆)

Après le sacrifice ultime de Superman, Bruce Wayne s’associe à Diana Prince pour bâtir une alliance de métahumains. Flanqués de Flash, Aquaman et Cyborg, ils affrontent Steppenwolf, un conquérant cosmique prêt à anéantir la Terre à l’aide des Boîtes Mères. La survie de l’humanité exige le retour du protecteur suprême.

Notre avis sur JUSTICE LEAGUE

Porter un avis sur Justice League (2017) revient à ausculter les plaies ouvertes d’un tournage martyr. Le long-métrage souffre d’un grand écart permanent : la gravité quasi religieuse propre à la vision originelle heurte de plein fouet l’ironie désinvolte greffée par le studio pour mimer la formule rivale. Ce manque d’harmonie empêche l’épopée de respirer, compressant des arcs narratifs majeurs en péripéties expédiées. Pourtant, malgré ce montage haché, l’alchimie brute du groupe et quelques fulgurances sauvent le spectacle d’un naufrage total.

La force motrice réside dans l’incarnation de ses nouveaux visages. Jason Momoa insuffle une férocité bienvenue à Aquaman, tandis que Ray Fisher apporte à Cyborg une dimension tragique déchirante, constituant le véritable cœur émotionnel du récit. Les envolées visuelles héritées du matériel brut captivent par leur composition graphique, le tout porté par la partition symphonique de Danny Elfman qui injecte une touche classique salutaire à l’ensemble.

En effet, les faiblesses techniques et structurelles éclatent dès que le récit accélère. Le retour de Superman est traité avec une désinvolture scénaristique coupable, illustrée par un effacement numérique de moustache aussi hideux que distrayant. Par ailleurs, Steppenwolf est réduit à un simple punching-ball numérique sans envergure, perdant toute substance dramatique dans un troisième acte saturé d’effets visuels approximatifs et de ciels rougeâtres peu flatteurs.

La mise en scène trahit cette lutte intestine derrière la caméra. Aux cadres picturaux, amples et solennels succèdent sans transition des champs-contrechamps plats et des répliques comiques forcées qui brisent net la tension dramatique. Du côté du jeu d’acteur, Ben Affleck livre un Batman désabusé mais parfois bridé par l’humour imposé, tandis qu’Ezra Miller amuse autant qu’il agace en ressort comique omniprésent face à une Gal Gadot toujours souveraine en Wonder Woman.

Batman, Wonder Woman, Cyborg, Flash et Aquaman côte à côte émergeant de la fumée dans Justice League.
L’équipe de la Justice League au grand complet prête pour l’affrontement final.
  • Pour effacer la moustache que portait Henry Cavill en raison de son engagement simultané sur le tournage de Mission: Impossible – Fallout, la production a dépensé des millions de dollars dans des retouches numériques devenues tristement célèbres.
  • Danny Elfman a réutilisé son propre thème culte de 1989 pour Batman ainsi que le mythique leitmotiv de Superman composé par John Williams, choisissant délibérément de s’éloigner des sonorités industrielles développées sur les précédents opus de la franchise.
  • Les armures des Amazones ont suscité une polémique lors des reshoots, le nouveau vestiaire dévoilant davantage de peau par rapport aux tenues de combat fonctionnelles conçues initialement pour Wonder Woman.
  • Zack Snyder s’est retiré du projet suite à un drame familial tragique, laissant les commandes à Joss Whedon qui a réécrit et retourné une part substantielle du métrage final.

Ce divertissement s’adresse aux inconditionnels de la maison DC prêts à fermer les yeux sur un manque flagrant d’homogénéité artistique. Pour ne rien manquer des sorties et échanger autour du 7ᵉ art, rejoins la communauté sur notre chaîne WhatsApp : c’est gratuit, direct sur mobile et sans collecte de données personnelles.

Finalement, ce cas d’école illustre le danger des interventions intempestives des studios sur la vision d’un auteur. Peut-on encore concevoir une fresque chorale sans la diluer dans un moule préfabriqué ?

Qu’as-tu pensé de ce compromis entre deux styles irréconciliables ?
Laisse ton analyse dans l’espace commentaires.


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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