
Un aller simple pour la naphtaline…
Note & Verdict d’entrée
Jean Girault nous ressert la soupe populaire avec un Louis de Funès en roue libre, sauvant de justesse une comédie dont le vernis s’écaille sérieusement. Découvrons à travers cette critique du film comment l’abattage de la star tente de masquer une intrigue cousue de fil blanc.
Note : 3/5 (★★★☆☆)
Le Pitch
M. Bosquier, directeur de pensionnat intransigeant, décide d’envoyer son fils aîné en Écosse pour parfaire son anglais, accueillant en échange la jeune Shirley. Mais les plans déraillent : le fils reste secrètement naviguer sur la Seine tandis qu’un ami part à sa place, entraînant le patriarche dans une course-poursuite absurde.
Notre avis sur LES GRANDES VACANCES
Alors que les cloches viennent tout juste de sonner la fin des cours et que les collégiens s’égayent enfin pour la pause estivale, se replonger dans l’année 1967 s’impose comme une évidence cinéphilique de saison. Une cuvée particulièrement chère à mon cœur, qui voyait naître cette comédie à la française, bien avant la médiocrité de nos productions hexagonales contemporaines. Toutefois, notre avis sur Les Grandes Vacances est nuancé : si le rythme effréné fait le travail, le fond demeure d’une légèreté presque suspecte.
Les atouts majeurs
L’exploitation du génie comique de Louis de Funès est totale et incontestable. L’acteur déploie une physicalité irrésistible, incarnant à la perfection l’archétype du patriarche autoritaire perpétuellement au bord de l’apoplexie. En effet, chaque mimique, chaque crise de nerfs devient le véritable moteur de l’attraction du film, palliant les vides d’une mise en scène très scolaire. Le film capte également une atmosphère rafraîchissante, un contraste saisissant entre l’éducation rigide des pères et la soif d’émancipation d’une jeunesse à l’aube des bouleversements de Mai 68.
Les faiblesses et limites
Par ailleurs, le scénario s’appuie beaucoup trop lourdement sur des stéréotypes nationaux qui ont largement vieilli. Le Français râleur et bon vivant opposé à l’Écossais flegmatique et rigide frôle aujourd’hui la caricature paresseuse. L’humour repose presqu’entièrement sur ce choc culturel de pacotille, délaissant la profondeur des personnages secondaires au profit de gags mécaniques. Bien que le charisme des interprètes sauve certaines scènes du naufrage, l’intrigue s’enferme dans une formule giraultienne désespérément prévisible.
La mise en scène / Le jeu
Côté mise en scène, Jean Girault se contente d’illustrer son propos. Il pose sa caméra et laisse le champ libre à sa vedette. Face au tourbillon Louis de Funès, des acteurs comme Claude Gensac ou Ferdy Mayne font de leur mieux pour exister et apportent une caution théâtrale solide. Finalement, c’est la jeune garde, notamment François Leccia, qui parvient à insuffler une énergie adolescente bienvenue, donnant un peu de chair à cette quête de liberté.

Le saviez-vous ?
- C’est la deuxième fois qu’Olivier de Funès joue aux côtés de son père, instaurant une véritable dynamique familiale à l’écran.
- La bande originale est signée Raymond Lefèvre, complice musical incontournable de Jean Girault, dont les envolées cuivrées marquent l’âge d’or de la comédie française.
Conclusion et recommandation
Un pur produit de son époque, à réserver aux inconditionnels de Louis de Funès ou aux soirées familiales sans prise de tête. C’est un divertissement redoutablement efficace grâce à son acteur principal, mais qui demeure trop superficiel et daté pour marquer l’histoire du cinéma au-delà de la nostalgie. Rejoins la chaîne WhatsApp CritiKs MoviZ : c’est gratuit, 100 % anonyme et tu reçois mes derniers verdicts ciné direct sur ton smartphone !
Pistes de réflexion
Jusqu’à quel point l’hyper-focalisation sur le talent brut d’un acteur vedette peut-elle justifier la paresse d’un scénario et d’une réalisation ?
À vous de juger
Et toi, cette comédie d’antan parvient-elle encore à te faire rire, ou la trouves-tu définitivement dépassée ? Laisse ton avis dans les commentaires.

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Maurice Risch me faisait rire. Mais ta critique incisive et tranchante vise juste. Ce De Funès n’est pas même à inscrire au rang le plus mémorable de sa carrière. Même d’autres films de Fufu au script tout aussi médiocre parviennent à imprimer quelques scènes d’anthologie. Celui-ci, aucune.
Publié par princecranoir | 03/07/2026, 22h26