
Le désir devient un poison…
Note & Verdict d’entrée
Curry Barker livre une œuvre hybride, visuellement magnétique mais narrativement prévisible, qui gratte là où ça fait mal sans pour autant réinventer la roue du thriller domestique. C’est un exercice de style efficace, porté par une esthétique clinique qui finit par masquer un manque de punch dans son écriture. Découvrons à travers cette critique de Obsession (2025) l’anatomie d’une dérive psychologique entre voyeurisme et paranoïa.
Note : 3.5/5 (★★★✮☆)
Le Pitch
Un jeune homme sans histoire voit son existence basculer lorsqu’une rencontre fortuite se transforme en une spirale obsessionnelle dévastatrice. Ce qui n’était au départ qu’un intérêt passager mute en un jeu de manipulation dangereux, où chaque geste devient une menace et chaque silence un aveu. En effet, la frontière entre protection et persécution s’évapore, laissant place à une terreur sourde.
Notre avis sur OBSESSION
Notre avis sur Obsession (2025) est partagé, oscillant entre l’admiration pour sa forme et un certain agacement face à son fond. Curry Barker prouve qu’il a un œil, c’est indéniable. Il filme l’enfermement mental avec une précision chirurgicale, transformant des décors banals en prisons psychologiques étouffantes. Bien que l’on soit loin du génie viscéral d’un Park Chan-wook pour traiter de la folie humaine, le métrage propose une tension constante qui ne lâche pas le spectateur, malgré des sentiers battus que le scénario emprunte avec un peu trop d’assurance.
Les atouts majeurs
La force d’Obsession réside dans sa direction artistique et sa photographie. Curry Barker utilise les contrastes et les jeux d’ombres pour structurer l’espace comme un prolongement direct de la psyché de ses personnages. Chaque cadre semble calculé pour susciter un malaise organique. La gestion du hors-champ et des confrontations muettes témoigne d’une maîtrise formelle rare dans la production horrifique actuelle. Par ailleurs, la musique de Rock Burwell enveloppe le tout dans une nappe sonore dissonante qui renforce l’immersion sensorielle de manière exemplaire.
Les faiblesses et limites
Le bât blesse dès que l’on gratte la surface esthétique. Le film succombe trop souvent aux archétypes du thriller psychologique conventionnel. On voit venir les twists à des kilomètres, la faute à des arcs secondaires qui manquent cruellement de profondeur et de crédibilité. Finalement, à force de vouloir cocher les cases du genre, Curry Barker finit par lisser son propos et perd de cette audace qui aurait pu transformer un bon film en un choc durable.
La mise en scène / Le jeu
Michael Johnston livre une prestation solide, tout en nuances, parvenant à rendre palpable la descente aux enfers de son personnage. À ses côtés, Inde Navarrette apporte une intensité bienvenue. La mise en scène est nerveuse, jouant habilement avec un montage qui saccade le temps pour illustrer la perte de repères. C’est propre, carré, peut-être même un peu trop pour un sujet qui aurait mérité plus de crasse et de chaos.

Le saviez-vous ?
Curry Barker a insisté pour que le chef opérateur utilise des optiques vintages afin de donner une texture organique à l’image, contrastant avec la modernité froide des intérieurs. De plus, certaines scènes de tension ont été tournées en temps réel, sans coupure, pour pousser les acteurs Michael Johnston et Inde Navarrette dans leurs retranchements émotionnels.
Conclusion et recommandation
Obsession s’adresse aux amateurs de thrillers atmosphériques qui privilégient l’ambiance à l’originalité pure. C’est une œuvre visuellement marquante qui trouvera sa place chez les fans de tension psychologique, même si elle ne bouscule pas les codes établis. Une curiosité de 2025 qui confirme le talent formel de son réalisateur. Rejoins la chaîne WhatsApp CritiKs MoviZ : c’est gratuit, 100 % anonyme et tu reçois mes derniers verdicts ciné direct sur ton smartphone ! Si vous avez aimé cette ambiance étouffante, allez jeter un œil à notre dossier sur le Cinéma Coréen pour découvrir des thrillers autrement plus radicaux.
Pistes de réflexion
Le film nous interroge sur la porosité de nos propres limites : à quel moment la passion bascule-t-elle dans la pathologie ? Curry Barker semble suggérer que le voyeurisme numérique de notre époque a définitivement tué la notion de distance saine. Est-on tous l’obsédé de quelqu’un d’autre dans ce monde ultra-connecté ?
À vous de juger
Qu’avez-vous pensé de cette plongée dans la paranoïa ? Le style de Curry Barker a-t-il suffi à vous convaincre malgré les clichés ?
On en discute en commentaires !

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Les atouts de ce film semblent surpasser les quelques défauts sur lesquels tu ne passes pas l’éponge. Déjà encensé par Mad Movies, voilà un candidat idéal qui pourrait bien me faire revenir au cinéma d’horreur contemporain.
J’avais aussi noté « Hokum » parmi les propositions originales.
Publié par princecranoir | 14/05/2026, 14h48Salut Florent ! Content de voir que cet angle formel te redonne un peu d’appétit pour le genre. En effet, Curry Barker a cette patte visuelle qui fait cruellement défaut à beaucoup de productions actuelles. Bien que je sois resté sur ma faim concernant la profondeur du script, la maîtrise de l’espace et du malaise organique mérite clairement le déplacement en salle.
Quant à Hokum, c’est effectivement un projet que je garde dans le viseur. Si Curry Barker confirme son talent technique sur ce genre de métrage, il pourrait bien devenir l’un des rares à nous sortir de la routine des « jump scares » faciles. Atendons de voir ce que va donner son « Anything but Ghosts « … À suivre de très près sur ce blog !
Publié par Olivier Demangeon | 14/05/2026, 14h55Voilà un bel avis qui donne terriblement envie ! Je ne savais pas vraiment quoi en attendre, mais je suis ô combien convaincue 😍
Publié par Vampilou fait son Cinéma | 16/05/2026, 20h50Let’s go !
Publié par Olivier Demangeon | 18/05/2026, 8h53