
Une paranoïa délicieusement poisseuse…
Note & Verdict d’entrée
Damian McCarthy confirme qu’il est l’un des rares à savoir filmer le silence et l’invisible sans nous prendre pour des imbéciles. En effet, Hokum (2026) est une plongée viscérale dans un labyrinthe mental où l’on finit par douter de sa propre ombre. Découvrons à travers cette critique du film comment le réalisateur irlandais manipule nos nerfs avec une économie de moyens exemplaire.
Note : 3.5/5 (★★★✮☆)
Le Pitch
Isolé dans une demeure aux secrets rances, un homme (Adam Scott) se retrouve confronté à des phénomènes de plus en plus inexplicables. Alors que la frontière entre réalité et hallucination s’effrite, il doit démêler les fils d’une manipulation psychologique macabre. Entre les murs oppressants d’une bâtisse qui semble respirer, chaque craquement devient une menace et chaque certitude un piège mortel.
Notre avis sur HOKUM
Damian McCarthy ne fait pas dans la dentelle hollywoodienne, et c’est tant mieux. Notre avis sur Hokum (2026) est clair : le film brille par son atmosphère. On est loin des sursauts faciles du cinéma d’horreur français actuel qui s’écoute parler. Ici, la direction artistique épurée et les teintes glauques créent une immersion sensorielle totale. Le travail sur le son est absolument oppressant, transformant le moindre silence en une agression potentielle. C’est du cinéma de genre exigeant qui préfère l’angoisse durable au jump-scare périmé.
Les atouts majeurs
Le pilier central du film reste sa signature visuelle et sonore. La mise en scène de Damian McCarthy utilise l’espace pour enfermer le spectateur, magnifiant l’horreur pratique lors de séquences particulièrement saisissantes. Par ailleurs, l’utilisation des décors et des ombres témoigne d’une maîtrise totale de l’immersion, rappelant que l’horreur est avant tout une affaire d’ambiance avant d’être une affaire de sang.
Les faiblesses et limites
Bien que l’ambiance soit royale, le milieu de métrage s’étire inutilement, diluant un peu l’urgence dramatique. On peste aussi contre des personnages secondaires à peine esquissés qui servent davantage de fonctions narratives que de véritables ressorts émotionnels. Certains raccourcis dans le dernier acte fragilisent la cohérence globale, laissant un arrière-goût de « déjà-vu » dans la résolution de certains tropes du thriller psychologique.

La mise en scène / Le jeu
Adam Scott livre une performance tout en retenue, ancrant solidement cette dérive paranoïaque. Sa sobriété contraste parfaitement avec la folie ambiante. Damian McCarthy, lui, filme l’organique et le bois mort avec une précision chirurgicale, prouvant qu’il n’a pas besoin de gros budgets pour foutre les jetons.
Le saviez-vous ?
La musique de Joseph Bishara (le sorcier derrière les partitions de Conjuring et Insidious) a été conçue pour intégrer des fréquences infrasonores afin de provoquer une sensation d’inconfort physique réel chez le spectateur. De plus, la bâtisse utilisée pour le tournage est une véritable demeure isolée en Irlande, réputée pour ses légendes locales, ce qui a grandement aidé l’équipe à rester dans l’ambiance durant les prises de nuit.
Conclusion et recommandation
Hokum s’adresse aux amateurs d’horreur atmosphérique et de folk-horror qui n’ont pas peur de la lenteur. C’est une œuvre sensorielle qui confirme que Damian McCarthy est un nom à suivre de très près pour tout fan de thriller psychologique sombre. Finalement, pour ne rien rater de nos coups de gueule et de nos pépites, rejoins notre chaîne WhatsApp. En outre, si tu aimes le folk-horror, n’hésite pas à découvrir notre dossier spécial à ce sujet.
Pistes de réflexion
Le film interroge brillamment notre rapport à la perception : jusqu’où pouvons-nous faire confiance à nos propres sens lorsqu’ils sont soumis à un stress extrême ? La manipulation mentale est ici traitée comme un virus qui contamine non seulement le protagoniste, mais aussi le spectateur.
À vous de juger
Alors, prêt à perdre la tête ou trouves-tu que Damian McCarthy en fait trop dans la contemplation ?
On en discute en commentaires !

En savoir plus sur CritiKs MoviZ
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
J’espère avoir l’occasion de le voir !
Publié par Vampilou fait son Cinéma | 04/05/2026, 20h44Franchement, ne le rate pas, ça change des purges habituelles du genre.
Tu m’en diras des nouvelles !
Publié par Olivier Demangeon | 05/05/2026, 12h46Un film qui, avec Obsession et quelques autres (2026 est, encore une fois, une très bonne année à ce niveau), fait du bien, de par son traitement, son sérieux, son atmosphère lente qui fonctionne. Pourtant j’avais peur au début avec ce personnage d’écrivain antipathique, mais finalement, tout retombe sur ses pattes, malgré sans doute quelques facilités dans la dernière partie.
Publié par Rick | 10/06/2026, 19h51Salut Rick,
C’est exactement ça. En ces temps de disette artistique, Hokum fait un bien fou par sa rigueur. Tu as tout à fait raison de souligner l’atmosphère : McCarthy sait installer un malaise durable sans avoir à s’excuser d’être lent.
Concernant le personnage, c’est vrai qu’il est rugueux au départ, mais la performance d’Adam Scott finit par payer en ancrant idéalement la paranoïa du récit. Et pour la dernière partie, on est d’accord, il y a de grosses ficelles, mais le voyage sensoriel vaut largement le coup d’œil.
2026 démarre fort pour le genre, pourvu que ça dure ! Merci pour ton retour affûté.
Publié par Olivier Demangeon | 16/06/2026, 11h54