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FUZE (2026) ★★★✮☆

Temps de lecture : 5 minutes
Affiche du film Fuze montrant les visages tendus de Theo James, Gugu Mbatha-Raw, Aaron Taylor-Johnson et Sam Worthington.
Quatre visages, une bombe et un Londres au bord de l’implosion : le casting de Fuze sous haute tension.

Braquage à fleur de peau…

David Mackenzie signe avec Fuze (2026) (diffusé en France sous le titre de The Criminals) un polar urbain nerveux qui, bien que percutant, finit par s’essouffler dans sa dernière ligne droite. C’est du cinoche carré, sec, mais qui manque d’un poil de souffle pour devenir un classique instantané du genre. Découvrons à travers cette critique du film l’efficacité d’un thriller social qui préfère la sueur à l’esbroufe.

Note : 3.5/5 (★★★✮☆)

À Londres, la découverte d’une bombe non explosée de la Seconde Guerre mondiale provoque une évacuation massive. Profitant du chaos et du périmètre de sécurité, une équipe de braqueurs tente le coup du siècle. Mais quand l’opération déraille, le casse se transforme en une traque psychologique étouffante où la frontière entre criminels et victimes devient dangereusement poreuse.

Notre avis sur FUZE

En effet, poser son regard sur Fuze, c’est accepter de plonger dans une atmosphère poisseuse où David Mackenzie retrouve l’énergie brute qui faisait le sel de Comancheria (2016). Notre avis sur Fuze (2026) reste globalement positif : le cinéaste utilise intelligemment l’espace urbain déserté pour instaurer un sentiment d’isolement total. Bien que le concept de départ puisse sembler tiré par les cheveux, le traitement ultra-réaliste nous maintient sous pression. Par ailleurs, le film évite l’écueil du manichéisme en ancrant ses protagonistes dans une réalité sociale tangible, loin des super-braqueurs invincibles d’Hollywood.

La grande force du film réside dans sa gestion de la tension initiale et son ancrage social. David Mackenzie ne se contente pas de filmer un casse ; il filme des hommes acculés par un système défaillant. L’arc structurel du premier acte est un modèle de précision, alternant entre l’urgence du déminage et la minutie criminelle. La photographie contrastée de Giles Nuttgens (fidèle collaborateur du réalisateur) sublime cette grisaille londonienne, transformant la ville en un labyrinthe de béton oppressant. La profondeur morale est ici le moteur de l’action, chaque choix des personnages pesant lourdement sur leur conscience.

Finalement, c’est au moment de conclure que le film trébuche. Le troisième acte, précipité, semble soudainement pressé de boucler ses intrigues, quitte à sacrifier la complexité psychologique installée jusque-là. Les seconds rôles, pourtant portés par des acteurs solides comme Sam Worthington, manquent cruellement d’épaisseur et finissent par n’être que des fonctions narratives. On regrettera aussi une certaine confusion spatiale lors des scènes d’action finales : à force de vouloir être « nerveux« , le montage finit par perdre le spectateur dans la géographie des lieux.

Aaron Taylor-Johnson de profil, l'air déterminé, épaulant un fusil de précision avec lunette posé sur le capot d'une voiture.
Aaron Taylor-Johnson, impérial en homme acculé, apporte une intensité physique rare au film de David Mackenzie.

Aaron Taylor-Johnson et Théo James forment un duo électrique, injectant une humanité brute à des rôles qui auraient pu être de simples archétypes. La mise en scène de David Mackenzie est chirurgicale lorsqu’il s’agit de filmer l’attente et la paranoïa. Il utilise les silences et les bruits de la ville avec une maestria rare, bien aidé par la partition minimaliste mais efficace de Tony Doogan.

  • Le scénario s’inspire de faits réels : la découverte de bombes de la Luftwaffe est encore un événement fréquent lors de chantiers à Londres, causant régulièrement des évacuations de grande ampleur.

  • David Mackenzie a insisté pour tourner le maximum de scènes en décors réels dans le quartier de l’East End pour préserver l’authenticité de la lumière naturelle.

Fuze s’adresse aux amateurs de polars secs « à l’ancienne« , quelque part entre le style de Sidney Lumet et le dynamisme moderne. C’est un thriller social exigeant qui, malgré ses quelques scories narratives, offre une expérience cinématographique bien plus honnête que la production française actuelle, souvent trop polie pour être honnête. Si vous avez aimé cette ambiance, je vous conseille vivement de redécouvrir Comancheria (2016) du même réalisateur. Rejoins la chaîne WhatsApp CritiKs MoviZ : c’est gratuit, 100 % anonyme et tu reçois mes derniers verdicts ciné direct sur ton smartphone !

Le film nous interroge : le crime est-il une fatalité ou une réponse désespérée à une société qui n’offre plus de filets de sécurité ? En utilisant une bombe du passé pour déclencher une tragédie du présent, David Mackenzie souligne brillamment que nos traumatismes collectifs ne demandent qu’une étincelle pour exploser à nouveau.

Alors, braquage de génie ou pétard mouillé ?
Donnez-moi votre avis en commentaire !


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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