Action, Aventure, Drame, Dystopie, Science fiction

WATERWORLD (1995) ★★★☆☆

Temps de lecture : 5 minutes
Affiche officielle du film Waterworld avec Kevin Costner debout sur son trimaran en pleine mer.
Une affiche iconique pour un film qui a failli couler un studio.

L’apocalypse en eaux troubles…

Un caprice pharaonique qui a failli couler la carrière de Kevin Costner, mais qui reste une curiosité fascinante du cinéma de divertissement. Bien que le film prenne l’eau sur le plan de l’écriture, son ambition plastique force le respect dans un paysage hollywoodien désormais aseptisé. Découvrons à travers cette critique de Waterworld (1995) le paradoxe d’un blockbuster aussi aride narrativement qu’il est humide visuellement.
Note : 3/5 (★★★☆☆)

Dans un futur où la fonte des glaces a transformé la Terre en un océan sans fin, le Mariner, un mutant solitaire aux branchies discrètes, sillonne les flots sur son trimaran high-tech. En effet, sa routine de survie est brisée lorsqu’il croise la route d’Helen et de la petite Enola, dont le tatouage dorsal serait la carte menant à la mythique « Terre Ferme« .

Notre avis sur WATERWORLD

Projet maudit au budget devenu incontrôlable, Waterworld reste, avec le recul, un vestige d’une époque où l’on construisait réellement des cités flottantes plutôt que de les dessiner sur un écran vert. Notre avis sur Waterworld (1995) est teinté d’une certaine nostalgie : c’est un spectacle total, physique, et parfois épuisant. Cependant, force est de constater que si le contenant est grandiose, le contenu, lui, manque singulièrement de densité. On est face à un « Mad Max » aquatique qui, bien que généreux en tôle froissée et en explosions maritimes, oublie parfois de nous raconter une histoire qui tienne la route… ou la vague.

Le film brille par son audace technique et sa direction artistique monumentale. La réalisation de Kevin Reynolds profite de plateaux de tournage en mer qui confèrent à l’œuvre une texture organique irremplaçable. Chaque plan transpire l’effort, la sueur et le sel. Par ailleurs, la musique de James Newton Howard apporte un souffle épique nécessaire, tandis que la photographie de Dean Semler sublime cette étendue bleue infinie. Les scènes d’action, notamment l’attaque de l’Atoll par les « Smokers« , sont des modèles de cascades « à l’ancienne » d’une efficacité redoutable.

Le bât blesse dès qu’on s’arrête de ramer pour écouter les dialogues. Le décalage entre l’ambition visuelle et la cohérence scénaristique est flagrant. En effet, le script accuse de sérieuses incohérences diégétiques (où trouvent-ils tout ce pétrole et ces cigarettes après des siècles d’inondation ?) et un rythme narratif qui prend l’eau en milieu de parcours. Finalement, le film souffre d’un sérieux problème de tonalité, oscillant entre la fable écologique sérieuse et le cartoon grotesque.

Kevin Costner, Jeanne Tripplehorn et Tina Majorino dans Waterworld (1995)
Kevin Costner, Jeanne Tripplehorn et Tina Majorino dans Waterworld (1995)

Kevin Costner livre une prestation monolithique, presque mutique, qui sied à son personnage de Mariner, mais qui limite l’empathie. À l’opposé, Dennis Hopper cabotine à outrance dans le rôle du Deacon, transformant son antagoniste en méchant de foire un peu fatiguant. La mise en scène de Kevin Reynolds est solide dans l’action, mais elle peine à donner du relief aux interactions humaines, laissant Jeanne Tripplehorn et la jeune Tina Majorino dans des rôles trop archétypaux pour marquer les esprits.

Le tournage fut un cauchemar logistique absolu à Hawaï. Le décor principal de l’Atoll, pesant plus de 1 000 tonnes, a été partiellement détruit par un ouragan, faisant exploser un budget déjà record pour l’époque (175 millions de dollars). Pour la petite histoire, Kevin Costner a dû investir ses propres fonds pour boucler le film, tandis que Joss Whedon a été appelé en catastrophe sur le plateau pour réécrire les dialogues à la volée, une expérience qu’il a qualifiée de « sept semaines en enfer« .

Waterworld est une œuvre de genre sincère, idéale pour les amateurs de survie et de SF post-apocalyptique qui savent fermer les yeux sur les trous d’air (ou de bulle) du scénario. Il occupe une place bâtarde dans l’histoire du cinéma : trop imparfait pour être un chef-d’œuvre, mais trop spectaculaire pour être ignoré. Bien que la critique de l’époque l’ait assassiné, il se laisse regarder aujourd’hui comme un témoignage de la démesure des années 90. Pour approfondir cette époque de blockbusters massifs, n’hésite pas à consulter notre dossier spécial 1995 : L’ANNÉE DE LA MAESTRIA.

Le film interroge notre rapport à la ressource : l’eau potable y est plus précieuse que l’or. Trente ans plus tard, ce thème de l’égoïsme face à la rareté climatique n’a jamais été aussi actuel. Le Mariner est-il l’ancêtre du héros écologique cynique ?

Alors, Waterworld, grand film visionnaire ou naufrage industriel ?
On attend vos arguments (salés) en commentaires !


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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