Casse - Braquage, Crime - Policier, Drame, Gangster, Mystère, Thriller

THE USUAL SUSPECTS (1995) ★★★★✭

Temps de lecture : 5 minutes
Affiche du film The Usual Suspects montrant les cinq suspects alignés devant un mur de police noir et blanc.
« Cinq criminels, une identité mystère : qui est vraiment Keyser Söze ? »

Le mensonge était trop beau…

Un puzzle machiavélique qui a redéfini le thriller des années 90 en érigeant la manipulation au rang d’art majeur. Bien que la mécanique soit parfois visible, le film reste une leçon de narration vertigineuse portée par un casting en état de grâce. Découvrons à travers cette critique de The Usual Suspects (1995) comment le scénario de Christopher McQuarrie parvient à nous faire douter de chaque image.
Note : 4.5/5 (★★★★✭)

Après l’explosion d’un cargo à San Pedro, qui a laissé derrière elle vingt-sept cadavres et un seul témoin valide, l’agent Kujan interroge Verbal Kint, un petit malfrat boiteux. Ce dernier raconte comment lui et quatre autres complices se sont retrouvés piégés par le mythique et terrifiant Keyser Söze. Un récit de trahison où la vérité n’est qu’un rideau de fumée.

Notre avis sur THE USUAL SUSPECTS

Plus de trente ans après, notre avis sur The Usual Suspects reste teinté d’une admiration pour cette horlogerie scénaristique. En effet, Bryan Singer livre ici un néo-noir chirurgical qui refuse le gras. Le film brille par sa structure en flashbacks imbriqués, créant un labyrinthe mental où le spectateur, à l’instar de l’inspecteur Kujan, cherche désespérément un fil conducteur. Bien que le procédé puisse paraître artificiel lors d’un troisième visionnage, la tension dramatique ne faiblit jamais. C’est le triomphe de l’intrigue pure sur le cinéma d’action décérébré que le Hollywood actuel semble avoir oublié.

La force brute du film réside dans sa construction narrative et la fiabilité (ou non) du récit. Christopher McQuarrie ne se contente pas d’écrire un polar ; il compose une symphonie du mensonge. Par ailleurs, l’atmosphère néo-noire est sublimée par le travail de John Ottman, qui assure à la fois le montage et la musique, créant une symbiose rare entre le rythme visuel et la pulsation sonore. La maîtrise du tempo est exemplaire : chaque interrogatoire est une joute verbale qui resserre l’étau autour de l’invisible Keyser Söze, transformant une simple enquête en une quête mythologique.

Si l’on veut être exigeant, on notera que le film sacrifie parfois l’épaisseur psychologique sur l’autel de l’efficacité narrative. En effet, les membres du quintet, à l’exception de Dean Keaton et Roger « Verbal » Kint, restent des archétypes fonctionnels du genre : le colérique, le flamboyant, l’efficace. Bien que cela serve le côté « légende urbaine » du récit, une profondeur plus humaine aurait ancré le drame dans une réalité plus organique, moins mécanique.

Kevin Spacey dans The Usual Suspects (1995)
Kevin Spacey dans The Usual Suspects (1995)

Bryan Singer opte pour une mise en scène sobre, presque hitchcockienne, laissant toute la place aux dialogues ciselés. Côté interprétation, c’est un festival. Kevin Spacey est magnétique en « petit cafard » infirme, mais n’oublions pas Gabriel Byrne qui apporte une mélancolie bienvenue au personnage de Keaton. Benicio del Toro, avec son phrasé inaudible totalement improvisé, insuffle une dose de bizarrerie nécessaire pour casser le classicisme de l’ensemble.

Le personnage de Keyser Söze est inspiré d’un véritable criminel, John List, qui a assassiné sa famille avant de disparaître pendant des années. Finalement, la célèbre scène du « line-up » (l’identification) était censée être sérieuse, mais les acteurs ne cessaient de rire à cause des flatulences répétées d’un des membres du groupe. Bryan Singer a sagement gardé les prises les plus drôles pour illustrer la camaraderie entre ces criminels.

Un incontournable pour tout amateur de thrillers à tiroirs. Il occupe une place de choix au panthéon des films de braquage qui finissent en mystère total. À voir absolument avant de se faire spoiler l’un des twists les plus célèbres de l’histoire du cinéma. Pour approfondir votre avis sur The Usual Suspects, je vous suggère de jeter un œil à ma critique de Reservoir Dogs (1992), un autre sommet du film de braquage qui mise tout sur ses dialogues.

Le film pose la question de la toute-puissance du narrateur. En nous plaçant dans la position de l’auditeur, Bryan Singer nous interroge sur notre propre crédulité : sommes-nous plus malins que l’agent Kujan, ou acceptons-nous de croire à une fiction simplement parce qu’elle est bien racontée ? Le cinéma n’est-il pas, au fond, le plus grand des mensonges ?

Le twist final vous a-t-il bluffé ou l’aviez-vous vu venir à des kilomètres ?
On en débat dans les commentaires !


En savoir plus sur CritiKs MoviZ

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Avatar de Inconnu

À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Nombres de Visites

  • 575 507 visiteurs ont fréquenté ce blog. Merci à tous !

S'abonner au blog via e-mail

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

Archives

En savoir plus sur CritiKs MoviZ

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture