
La démesure version bac à sable…
Note & Verdict d’entrée
Disney troque l’infiniment petit pour le gigantisme urbain dans une suite qui, si elle amuse la galerie, peine à retrouver le sel de l’original. Rick Moranis sauve les meubles face à un scénario en pilotage automatique qui mise tout sur ses trucages. Découvrons à travers cette critique de Honey, I Blew Up the Kid (1992) l’envers du décor de cette farce colossale à Las Vegas.
Note : 3/5 (★★★☆☆)
Le Pitch
Trois ans après avoir rétréci ses enfants, l’inventeur génial mais maladroit Wayne Szalinski récidive. En testant une machine à agrandir la matière, il expose accidentellement son plus jeune fils, Adam, au rayon laser. Résultat : dès que le bambin entre en contact avec une source d’électricité, il grandit de plusieurs mètres, transformant la ville de Las Vegas en un immense terrain de jeu destructeur.
Notre avis sur HONEY, I BLEW UP THE KID
En effet, passer de la jungle microscopique d’un jardin de banlieue aux néons de « Sin City » avec un poupon de trente mètres de haut offrait un potentiel comique indéniable. Pourtant, cet avis sur Honey, I Blew Up the Kid (ou Chérie, j’ai agrandi le bébé pour la version française) est teinté d’une certaine nostalgie pour l’inventivité du premier opus. Là où le film de Joe Johnston jouait sur l’émerveillement et le danger miniature, Randal Kleiser livre une comédie plus convenue, une sorte de « King Kong » en couches-culottes qui oublie parfois de raconter une véritable histoire au profit du pur divertissement familial.
Les atouts majeurs
Le film repose quasi intégralement sur la prouesse technique, et force est de constater qu’en 1992, le résultat impose le respect. Le travail sur les perspectives forcées, les animatroniques et l’intégration du jeune Adam dans les rues de Las Vegas est bluffant. On sent une réelle maîtrise des effets visuels pour l’époque, parvenant à rendre crédible ce bébé géant manipulant des voitures comme des jouets. Par ailleurs, Bruce Broughton signe une partition orchestrale dynamique qui soutient parfaitement l’aspect « aventure » de cette course-poursuite urbaine, donnant au film une ampleur qu’il n’aurait pas eue avec une musique plus générique.
Les faiblesses et limites
Bien que visuellement réussi, le long-métrage souffre d’une anémie scénaristique flagrante. On sent que les scénaristes ont simplement inversé le concept de 1989 sans chercher à approfondir les personnages. Les enjeux sont prévisibles et les antagonistes, comme le personnage de John Shea, sont des caricatures de méchants de cartoons sans aucune épaisseur. Le film finit par tourner en rond dans son dernier acte, multipliant les situations de slapstick un peu datées qui raviront les moins de dix ans mais laisseront les adultes sur le bord de la route.

La mise en scène / Le jeu
Randal Kleiser (le papa de Grease) filme l’ensemble avec une efficacité très « studio », sans grande signature visuelle mais avec un sens du rythme honnête. Le véritable pilier du film reste Rick Moranis. Avec son flegme légendaire et sa capacité à rendre attachant ce père de famille dépassé, il apporte une humanité indispensable à l’œuvre. À ses côtés, on notera les débuts d’une toute jeune Keri Russell, bien avant sa consécration, qui apporte un peu de fraîcheur à une distribution par ailleurs assez effacée.
Le saviez-vous ?
Le projet ne devait initialement pas être une suite ! Le script original s’intitulait Big Baby et n’avait aucun lien avec les Szalinski. Disney a racheté le scénario pour le transformer en franchise. Pour les scènes de Las Vegas, la production a dû construire des maquettes immenses, car il était impossible de bloquer le « Strip » durant les nuits de tournage sans perturber l’économie des casinos. Enfin, pour obtenir les expressions du bébé, l’équipe technique utilisait des marionnettes et des bruits étranges derrière la caméra pour capter les réactions naturelles des jumeaux qui jouaient Adam.
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Conclusion et recommandation
C’est le type même du film « pop-corn » du dimanche après-midi. S’il n’atteint jamais le statut de classique de son prédécesseur, il reste un divertissement solide pour les enfants. Finalement, on le regarde surtout pour le plaisir de voir Rick Moranis et pour la qualité de ses trucages « à l’ancienne » qui conservent un charme que le tout-numérique actuel peine parfois à égaler. Si vous aimez les expériences scientifiques qui tournent mal, allez jeter un œil à notre dossier sur l’année 1992 : 1992 : L’ANNÉE DE LA TENSION.
Pistes de réflexion
Le film illustre parfaitement la tendance des studios des années 90 à transformer chaque succès original en formule répétitive. Est-ce que le passage au gigantisme n’a pas tué la poésie de l’infiniment petit ? On peut aussi s’interroger sur l’image de la science au cinéma, toujours présentée comme une force incontrôlable dès qu’elle entre dans une maison de banlieue.
À vous de juger
Et vous, cette suite vous a-t-elle fait retomber en enfance ou l’avez-vous trouvée trop enfantine ? On attend vos commentaires !

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