
Fureur, poudre et rock’n’roll…
Verdict d’entrée
Rempli de bruit, de coups de feu, de fureur et de paysages d’une beauté à couper le souffle, ce western génère une excitation visuelle plus intense que n’importe quel film du genre depuis la fin de l’âge d’or de Sam Peckinpah et Sergio Leone dans les années 70. Découvrons à travers cette critique de Young Guns II (1990) comment le mythe de Billy the Kid s’offre une relecture sous testostérone.
Note : 4/5.
Le pitch
Traqué par la loi et les éleveurs impitoyables du Nouveau-Mexique, William H. Bonney, alias Billy the Kid, reforme sa bande pour fuir. Mais les autorités engagent un nouvel homme pour l’abattre : son ancien frère d’armes, Pat Garrett. Une course-poursuite mortelle s’engage alors dans l’Ouest sauvage.
Notre avis sur YOUNG GUNS II
Donner un avis sur Young Guns II, c’est replonger dans une époque où Hollywood savait encore trousser des divertissements solides et charnus sans se perdre dans une bien-pensance stérile (suivez mon regard fatigué vers 90 % de notre cher cinéma hexagonal actuel). Geoff Murphy prend la relève derrière la caméra avec une énergie brute et communicative. Si le métrage prend logiquement quelques libertés créatives avec l’Histoire, il a l’immense mérite de montrer les événements majeurs ayant conduit à la mort documentée de Billy. On y retrouve ses entretiens sous haute tension avec le gouverneur Lew Wallace, sa capture par son ami devenu Némésis Pat Garrett, son procès expéditif, et bien sûr, son évasion sanglante où il laisse deux adjoints sur le carreau.
Les atouts majeurs
L’atout principal de cette suite réside dans son rythme effréné et sa générosité visuelle de tous les instants. Contrairement à certaines productions modernes sclérosées, la caméra capte la crasse, la sueur et la poussière d’un Ouest crépusculaire avec un panache indéniable. La photographie, signée Dean Semler, met remarquablement en valeur des paysages grandioses qui servent d’écrin mortel à une tragédie inéluctable. L’action est sèche, brutale, et s’éloigne heureusement des fusillades chorégraphiées et aseptisées pour privilégier l’impact et la fureur.
Les faiblesses et limites
Tout n’est pas parfait pour autant dans cette chevauchée sauvage. Le scénario souffre parfois de raccourcis faciles et sacrifie allègrement la psychologie de certains personnages secondaires sur l’autel de l’efficacité pyrotechnique. On pourrait également reprocher à l’intrigue un aspect légèrement redondant dans sa structure de traque perpétuelle, manquant par instants de cette profondeur poisseuse et mélancolique qu’un Sam Peckinpah aurait pu insuffler à chaque plan.

La mise en scène / Le jeu
Geoff Murphy emballe l’ensemble avec une nervosité qui fait souvent mouche, multipliant les fulgurances esthétiques au cœur de l’action. Devant l’objectif, Emilio Estevez incarne un Billy the Kid halluciné, rieur et délicieusement psychopathe, portant une grande partie du film sur ses épaules. Face à lui, William Petersen compose un Pat Garrett sobre et douloureusement tiraillé. Christian Slater, Lou Diamond Phillips et un impeccable Kiefer Sutherland complètent ce casting gueulard qui prend un malin plaisir à dégainer plus vite que son ombre.
Le saviez-vous ?
La bande-son cache une histoire fascinante. Emilio Estevez avait initialement contacté Jon Bon Jovi pour lui demander d’inclure la chanson « Wanted Dead or Alive ». Le rockeur a jugé ses propres paroles inappropriées pour le film ; mais, galvanisé par le projet, il a décidé de composer un titre inédit, plus en phase avec l’époque. Il a ainsi écrit l’immense tube « Blaze of Glory » et l’a interprété à la guitare acoustique, en plein désert de l’Utah, directement pour Emilio Estevez et le scénariste John Fusco.
Ouvrez l’œil : Bon Jovi fait même un caméo en tant que prisonnier dans la fosse avec Doc et Chavez.
Côté tiroir-caisse, le film fut une belle réussite, récoltant 44 millions de dollars aux États-Unis et au Canada, et 15 millions à l’international, pour un total mondial de 59 millions de dollars. Enfin, pour les nostalgiques, sachez que depuis quelques années, un projet de suite officielle serait dans les tuyaux.
Conclusion et recommandation
Young Guns II est une pépite nerveuse et réjouissante à redécouvrir d’urgence. C’est le film de potes idéal pour les amateurs de chevauchées implacables et de gunfights percutants. C’est d’ailleurs l’occasion parfaite pour lire ou relire notre grand dossier 1990 : L’ANNÉE DU BASCULEMENT, car ce western s’inscrit pleinement dans l’énergie de cette année charnière.
Pistes de réflexion
La figure du hors-la-loi romantique et autodestructeur a-t-elle encore sa place dans le cinéma consensuel d’aujourd’hui ? À l’heure où les héros sont souvent lisses et les enjeux désincarnés, la folie meurtrière et la loyauté toxique de la bande de Billy the Kid posent la question de notre rapport à la violence expiatoire et décomplexée sur grand écran.
À vous de juger
Et toi, tu valides cette virée explosive dans le Far West ou tu restes accroché au classicisme de John Ford ?
Lâche ton commentaire en dessous et dis-moi quel est ton personnage préféré dans cette bande de têtes brûlées.

En savoir plus sur CritiKs MoviZ
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Discussion
Pas encore de commentaire.