
Jusqu’à ce que la mort nous sépare… ou presque…
Verdict d’entrée
Danny DeVito signe ici un chef-d’œuvre de méchanceté pure, une comédie noire qui transforme le rêve américain en champ de ruines avec une jubilation contagieuse. C’est acide, cruel et techniquement brillant, loin des romances édulcorées que Hollywood nous servait à la louche à l’époque. Découvrons à travers cette critique de The War of the Roses (1989) comment un divorce peut devenir le terrain de jeu d’une mise en scène expressionniste et radicale.
Le pitch
Barbara et Oliver Rose forment le couple idéal : une fortune colossale, deux enfants parfaits et une demeure somptueuse. Mais sous le vernis social, le mépris s’installe. Lorsque Barbara demande le divorce, aucun ne veut céder la maison. Démarre alors une guérilla domestique sans merci où tous les coups, même les plus bas et les plus sanglants, sont permis pour l’emporter.
Notre avis sur THE WAR OF THE ROSES
Notre avis sur The War of the Roses (1989) n’a pas pris une ride : c’est une leçon de cinéma qui ose aller là où personne ne s’aventure plus aujourd’hui. Danny DeVito ne se contente pas de filmer une dispute de couple ; il orchestre une véritable descente aux enfers visuelle. Le film commence comme une comédie de mœurs légère pour glisser lentement, mais sûrement, vers un thriller domestique étouffant, presque horrifique, où l’objet de convoitise (la maison) devient le tombeau de leurs ambitions.

Les atouts majeurs
La force du film réside dans son équilibre précaire entre le burlesque et le tragique. La réalisation de Danny DeVito est d’une inventivité folle, utilisant des angles de caméra déformants et des éclairages contrastés qui rappellent presque le cinéma allemand des années 20. On sent une influence directe du film noir, mais transposée dans un intérieur bourgeois saturé de bibelots coûteux. L’utilisation de l’espace est magistrale : la demeure des Rose s’assombrit et se dégrade au rythme de leur santé mentale, devenant un personnage à part entière, un labyrinthe de haine pure.
Les faiblesses et limites
Si l’on devait chipoter, certains pourraient trouver la dernière demi-heure un brin répétitive dans sa surenchère de destruction. Le film pousse le bouchon tellement loin dans le cynisme qu’il peut perdre les spectateurs en quête d’une once d’humanité. Mais c’est justement ce refus total de la complaisance qui fait son sel ; reprocher sa noirceur à The War of the Roses, c’est reprocher au feu de brûler.
La mise en scène / Le jeu
Le trio Michael Douglas / Kathleen Turner / Danny DeVito, déjà rodé par À la poursuite du diamant vert (1984), atteint ici une alchimie inverse. Michael Douglas est génial en mari décontenancé puis possédé, tandis que Kathleen Turner livre une performance habitée, froide et déterminée. Ils ne jouent pas la comédie, ils jouent la guerre. La direction d’acteurs de Danny DeVito (qui s’octroie le rôle narratif de l’avocat lucide) est d’une précision chirurgicale, transformant chaque échange de répliques en duel à l’arme blanche.
Le saviez-vous ?
- Étymologie guerrière : Le titre n’est pas qu’une métaphore florale. Il fait directement référence à la Guerre des Deux-Roses, cette série de luttes dynastiques entre les maisons d’York et de Lancastre pour le trône d’Angleterre au XVe siècle.
- Succès colossal : Malgré son ton radical, le public a répondu présent. Le film a engrangé 160 millions de dollars de recettes mondiales (dont 87 millions aux USA), prouvant qu’un peu de venin ne fait pas peur au box-office.
Conclusion et recommandation
Ce film est indispensable pour quiconque sature des comédies romantiques sirupeuses. C’est l’antithèse absolue du genre. Il s’inscrit parfaitement dans cette année charnière où le cinéma osait encore tout. Pour comprendre pourquoi cette période était si riche, je te conseille de jeter un œil à notre dossier .
Pistes de réflexion
Le film pose une question brutale : la possession matérielle est-elle le prolongement de notre ego ou le moteur de notre destruction ? En voyant les Rose s’entretuer pour des lustres et des porcelaines, on ne peut que s’interroger sur la vacuité de la réussite matérielle lorsqu’elle n’est plus cimentée par l’empathie.
À vous de juger
Alors, team Barbara ou team Oliver ? Ou préférez-vous rester prudemment à l’écart comme l’avocat D’Amato ? Dites-moi en commentaire si ce jeu de massacre vous réjouit autant que moi. [1]

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J’ai autant aimé celui-ci, que le remake ! Ils exposent deux époques différentes et deux visions du couple assez réalistes..
Publié par Vampilou fait son Cinéma | 09/03/2026, 17h49Il me semble que je n’ai jamais vu le remake ou du moins je ne m’en souviens pas…
Publié par Olivier Demangeon | 11/03/2026, 8h32