
Chez Stanley Kubrick, rien n’est laissé au hasard, surtout pas la palette. Si The Shining (1980) nous hante autant, c’est parce qu’il utilise les couleurs comme des déclencheurs psychologiques, une symphonie visuelle où le rouge, l’or et le bleu racontent une tout autre histoire que celle du script.
Le Rouge : de la moquette au « Redrum »
Le rouge est l’obsession centrale du film. Ce n’est pas seulement la couleur du sang qui s’échappe des ascenseurs, c’est une présence étouffante qui sature l’écran. Elle symbolise la violence cyclique de l’hôtel. De la veste de Jack Torrance (Jack Nicholson) au mobilier des toilettes de l’Overlook, le rouge annonce le passage à l’acte. Stanley Kubrick l’utilise pour maintenir le spectateur dans un état d’alerte permanent, transformant chaque plan en une menace imminente.
L’Or et le Jaune : le luxe de la folie
À l’opposé du rouge viscéral, Stanley Kubrick utilise l’or et le jaune (la salle de bal, le bureau d’Ullman) pour représenter le passé glorieux mais dévoyé de l’hôtel. C’est la couleur de la tentation pour Jack, celle qui le lie à Lloyd (Joe Turkel) le barman et aux fantômes de la haute société des années 20. L’or ici n’est pas chaleureux ; il est froid, artificiel et souligne le décalage entre la réalité sordide de Jack et ses délires de grandeur.
Le Bleu : le froid de la mort
Le bleu intervient comme un contrepoint glacial. Il représente la réalité extérieure, le froid du Colorado et, par extension, l’issue fatale qui attend Jack dans le labyrinthe enneigé. Ce contraste entre les intérieurs chauds/oppressants et l’extérieur bleu/mortel crée un étau visuel dont aucun personnage ne peut s’échapper.

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