
SOS Recyclage : quand le slime rose patine dans la semoule…
Verdict d’entrée
Une suite qui sent le réchauffé de luxe, emballée à la hâte pour satisfaire une major affamée. Si le plaisir de retrouver la bande est réel, le film s’embourbe dans une redite paresseuse qui lisse l’insolence du premier opus pour draguer le jeune public. Découvrons à travers cette critique de Ghostbusters II (1989) comment le slime rose a fini par étouffer l’étincelle de génie des casseurs de fantômes.
Note : 2,5/5.
Le pitch
Cinq ans après avoir sauvé New York, les Ghostbusters sont tombés en disgrâce, réduits à animer des goûters d’anniversaire. Mais lorsqu’une rivière de slime psychomagnétique, alimentée par la négativité des New-Yorkais, menace d’incarner le tyran médiéval Vigo l’Hercule de Moldavie, le quatuor doit reprendre du service. Entre un tableau hanté et une statue de la Liberté mobile, la ville s’apprête à vivre un nouveau chaos spectral.
Notre avis sur GHOSTBUSTERS II
Notre avis sur Ghostbusters II (1989) est celui d’une déception polie mais ferme. On sent trop l’hésitation d’une production qui a mis quatre ans à convaincre ses stars pour finalement accoucher d’un scénario qui calque, presque point par point, la structure de l’original. Le cynisme mordant de 1984 a laissé place à une bienveillance un peu niaise où l’amour et les bons sentiments deviennent l’arme ultime contre le mal. C’est propre, c’est efficace techniquement, mais c’est désespérément sage.
Les atouts majeurs
Le film sauve les meubles grâce à l’alchimie intacte de son casting. Le duo Dan Aykroyd/Harold Ramis à l’écriture conserve un certain sens de la punchline scientifique absurde, et l’introduction du slime « réactif aux émotions » est une trouvaille thématique intéressante pour parler de l’urbanité new-yorkaise. Visuellement, les effets spéciaux ont bénéficié d’un gap technologique évident : Vigo le Carpathe est une figure d’antagoniste imposante, et la séquence de la Statue de la Liberté, bien que grotesque, reste un morceau de bravoure de divertissement pur jus.
Les faiblesses et limites
Le problème majeur, c’est que cette suite n’ose rien. Elle n’approfondit aucun personnage : Peter Venkman fait du Venkman, les enjeux amoureux avec Dana Barrett tournent en rond, et Winston est toujours honteusement sous-exploité. La structure narrative est un copier-coller flagrant : l’arrestation, le procès, la montée en puissance du paranormal, et un final « géant » qui singe le Bibendum Chamallow sans en avoir l’impact iconique. On est face à une suite « sécurité » qui refuse de prendre le moindre risque narratif.

La mise en scène / Le jeu
Ivan Reitman assure le service minimum avec une réalisation fonctionnelle mais sans relief. Heureusement, le film est porté par des seconds rôles qui volent la vedette : Peter MacNicol est absolument hilarant en Janosz Poha, possédé par un accent improbable, et Rick Moranis (Louis Tully) confirme qu’il était le génie comique méconnu de cette décennie. Bill Murray, bien qu’en mode pilote automatique, garde un flegme qui justifie à lui seul le visionnage.
Le saviez-vous ?
- Production express : Suite à des projections tests catastrophiques, de larges pans du film ont été retournés seulement deux mois avant la sortie en salles. Ce montage « dernière minute » explique certaines ellipses brutales.
- Le message caché : Dan Aykroyd et Harold Ramis voulaient initialement faire un film plus sombre sur la pollution psychique des villes, une idée née de leur observation du stress urbain à la fin des années 80.
- BO à succès : Si le film a déçu le studio, la bande originale a cartonné, notamment grâce au titre « On Our Own » de Bobby Brown, qui est resté un tube massif bien après que le film a quitté les écrans.
Conclusion et recommandation
Ghostbusters II reste un divertissement familial décent, mais il marque le début du déclin de la franchise en édulcorant son ADN. C’est un film pour les nostalgiques du quatuor original, mais il ne boxe pas dans la même catégorie que son prédécesseur. Il s’inscrit toutefois parfaitement dans la folie créative de cette fin de décennie, comme on peut le voir dans notre rétrospective 1989 : L’ANNÉE DE L’APOTHÉOSE.
Pistes de réflexion
Le film pose une question intéressante, bien qu’effleurée : une ville peut-elle littéralement s’étouffer sous sa propre méchanceté ? En transformant la frustration urbaine en menace physique, Ivan Reitman offrait une métaphore sociale puissante qui méritait un traitement moins enfantin.
À vous de juger
Alors, suite injustement mal-aimée ou simple produit marketing sans âme ?
Le slime rose vous a-t-il convaincu ou restez-vous bloqués en 1984 ?
On attend vos avis en commentaires.

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