Action, Crime - Policier, Thriller

GUNNER (2024) ★★✮☆☆

Temps de lecture : 5 minutes
Luke Hemsworth en tenue de combat, le visage marqué, tenant un fusil d'assaut dans une forêt.
Luke Hemsworth, plus massif que jamais pour son premier grand rôle d’action.

GUNNER (2024) : L’aîné des Hemsworth sort l’artillerie lourde…

Un actioner qui fleure bon la sueur et le soufre des vidéoclubs des années 90, porté par un Luke Hemsworth qui prouve enfin qu’il est le véritable patron de la fratrie. C’est brut, c’est parfois fauché, mais ça ne triche pas sur l’intention. Découvrons à travers cette critique de Gunner (2024) si ce baroud d’honneur paternel mérite votre attention ou s’il s’enraye dès le premier chargeur.

Lee Gunner, vétéran des forces spéciales, emmène ses deux fils camper pour renouer les liens. La sortie vire au cauchemar lorsqu’ils tombent sur un laboratoire de drogue caché en pleine forêt. Ses fils kidnappés par un cartel impitoyable, Gunner n’a plus qu’une solution : redevenir la machine à tuer qu’il était. Un homme, une mission, zéro pitié.

Notre avis sur GUNNER1

Honnêtement, notre avis sur Gunner est partagé entre la nostalgie d’un cinéma d’action « à l’ancienne » et le constat amer d’un manque de moyens criant. Dimitri Logothetis nous livre une série B qui assume ses rides et ses clichés, se calquant sur le modèle du héros solitaire face à une organisation criminelle. Si le film ne réinvente absolument rien, il possède cette honnêteté viscérale des productions qui savent qu’elles ne finiront pas aux Oscars mais cherchent à divertir le fan d’action pur et dur. C’est un plaisir coupable qui manque malheureusement de finition technique.

Le film repose intégralement sur l’héritage des films d’action des années 90. C’est un choix stylistique volontaire : ici, pas de déconstruction du héros ou de méta-commentaire foireux. On est dans le premier degré total, celui du « père protecteur-prédateur ». L’autre grande satisfaction vient du casting de soutien. Mykel Shannon Jenkins campe un antagoniste complexe qui ne se contente pas de hurler des ordres, tandis que Morgan Freeman, même en service minimum « figure d’autorité« , apporte une classe immédiate qui rehausse le niveau global de la production malgré un temps d’écran trop court.

Le bât blesse dès que l’on regarde les pixels. La gestion du budget est erratique et les effets visuels (VFX) lors des explosions ou des séquences de parachutisme sont, disons-le franchement, indignes de 2024. Cela brise l’immersion. Pire encore, la direction musicale fait des choix lunaires : caler du blues ou du hip-hop sur des scènes de tension censées être suffocantes annihile totalement le danger. On a parfois l’impression de regarder un clip vidéo plutôt qu’un thriller poisseux, ce qui dessert totalement l’impact dramatique des enjeux.

Morgan Freeman et Luke Hemsworth dans Gunner (2024).
Morgan Freeman et Luke Hemsworth dans Gunner (2024).

Luke Hemsworth est la révélation ici. À 45 ans, l’aîné de la famille impose une maturité et une présence physique pragmatique qui font cruellement défaut aux jeunes premiers du genre. Il apporte une crédibilité de vétéran, loin des paillettes de ses cadets Chris et Liam. La mise en scène de Dimitri Logothetis est efficace dans le corps-à-corps, mais peine à masquer la pauvreté des décors dès que la caméra s’éloigne. On sent un artisan qui se bat avec ses outils, réussissant quelques fulgurances de brutalité réaliste.

Dimitri Logothetis est un habitué des suites de franchises musclées (il a dirigé les derniers Kickboxer). Pour ce film, il a insisté pour que Luke Hemsworth réalise une grande partie de ses cascades afin de renforcer le réalisme des combats, s’éloignant des doublures numériques habituelles. On notera aussi que le scénario est co-écrit par Gary Scott Thompson, le créateur de la franchise Fast & Furious.

Gunner (2024) s’adresse exclusivement aux nostalgiques du format VHS et aux amateurs de récits de vengeance sans fioritures. C’est un divertissement compétent mais handicapé par sa technique. À voir pour la naissance d’un « action hero » solide en la personne de Luke Hemsworth, le patriarche de la famille.

Le film pose la question de la survie de la série B traditionnelle face aux plateformes de streaming. Peut-on encore séduire avec des clichés assumés quand le budget ne suit pas l’ambition visuelle ? Le charisme d’un acteur suffit-il à pardonner des CGI médiocres ?

Alors, Luke Hemsworth a-t-il enfin montré la voie à ses frères cadets ?
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  1. Si cet avis sur Gunner (2024) t’a plu, tu devrais jeter un œil à notre critique de The Roundup (2022), où le cinéma coréen montre comment on filme de la vraie mandale avec un budget maîtrisé. ↩︎

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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