
YOUNG GUNS (1988) : Le « Brat Pack1 » sort les colts pour un western pop-corn…
Verdict d’entrée
Imaginez les idoles des posters de chambres d’ados chaussant des éperons : le résultat est un divertissement solide, nerveux, mais qui privilégie parfois le look à la poussière. C’est le western version MTV, efficace mais un poil superficiel. Découvrons à travers cette critique de Young Guns (1988) film comment le comté de Lincoln est devenu le terrain de jeu d’une génération dorée d’Hollywood.
Note : 3.5/5
Le pitch
Au Nouveau-Mexique, Tunstall John, un éleveur raffiné, recrute des jeunes marginaux pour protéger son bétail. Parmi eux, un gamin nommé Bonney William, futur Billy the Kid. Lorsque Tunstall est froidement assassiné par le clan de Murphy Lawrence, ses « Régulateurs » entrent en guerre. Ce qui devait être une quête de justice légale se transforme en une cavale sanglante et sauvage à travers le comté de Lincoln.
Notre avis sur YOUNG GUNS (1988)
Notre avis sur Young Guns reste globalement positif, même si le film de Christopher Cain souffre du syndrome « trop de chapeaux, pas assez de bétail« . C’est un métrage qui a le mérite de dépoussiérer le genre en injectant une énergie rock’n’roll à une mythologie souvent trop rigide. Si le scénario prend des libertés flagrantes avec l’histoire, le plaisir coupable de voir cette bande de têtes brûlées s’enfoncer dans la violence est immédiat et communicatif.
Les atouts majeurs
La grande force du film réside dans son alchimie de groupe. On sent une véritable cohésion entre ces acteurs qui bouffaient littéralement l’écran à l’époque. La photographie de Cronenweth Jordan (le génie derrière Blade Runner) apporte une texture visuelle bien supérieure à la moyenne des productions de série B. Le film ne perd jamais de temps et enchaîne les morceaux de bravoure avec une efficacité redoutable, notamment lors du siège final qui reste un modèle de tension pyrotechnique.
Les faiblesses et limites
Le revers de la médaille, c’est ce côté « poseur ». Le film sacrifie souvent la profondeur psychologique et la véracité historique sur l’autel de l’esthétique. Certains personnages secondaires manquent cruellement d’épaisseur, servant simplement de cibles mobiles pour les fusillades. C’est un western qui manque de boue et de sueur réelle ; tout y est un peu trop propre, un peu trop calibré pour plaire au public urbain des eighties.

La mise en scène / Le jeu
Christopher Cain livre une réalisation fonctionnelle mais dynamique, sachant parfaitement mettre en valeur ses jeunes stars. Emilio Estevez est possédé par son rôle de Billy the Kid, alternant entre charisme enfantin et folie meurtrière avec une aisance déconcertante. Face à lui, les vétérans Terence Stamp et Jack Palance apportent la caution « vieille école » nécessaire, offrant un contrepoint de classe et de menace sourde à la fougue des juvéniles Régulateurs.
Le saviez-vous ?
Saviez-vous que Young Guns est le tout premier film produit par Morgan Creek Productions ? Un coup d’essai transformé en coup de maître financier avec 56 millions de dollars de recettes. Pour l’anecdote, Tom Cruise fait une apparition quasi invisible en tant que tireur d’élite lors de la fusillade finale, simplement pour le plaisir de traîner avec ses potes du « Brat Pack ». Enfin, le film s’inspire de la véritable Guerre du comté de Lincoln (1878), même s’il traite la chronologie avec une désinvolture très hollywoodienne.
Conclusion et recommandation
C’est le film idéal pour une soirée entre potes ou pour ceux qui veulent découvrir le western sans l’austérité de John Ford ou la lenteur de Sergio Leone. Il a parfaitement sa place dans la catégorie des divertissements robustes des années 19802. À noter qu’une suite, Young Guns II, verra le jour en 1990 avec une partie du casting original.
Pistes de réflexion
Peut-on filmer l’histoire sans la trahir ? Young Guns pose la question de la « starification » des criminels historiques. En transformant Billy the Kid en icône pop, le cinéma ne finit-il pas par effacer la tragédie réelle derrière le mythe ?
À vous de juger
Et vous, ce casting vous a-t-il convaincu ou trouvez-vous que ces « jeunes loups » manquent de bouteille ?
On en débat en commentaires !

- Le Brat Pack : Les « Jeunes Loups » d’Hollywood
Le terme Brat Pack (jeu de mots sur le célèbre Rat Pack de Frank Sinatra) désigne un groupe de jeunes acteurs et actrices devenus les visages incontournables du cinéma américain des années 1980.
Caractéristiques principales :
• Membres récurrents : Emilio Estevez, Rob Lowe, Andrew McCarthy, Demi Moore, Judd Nelson, Molly Ringwald, Anthony Michael Hall et Ally Sheedy.
• Films emblématiques : The Breakfast Club (1985) et St. Elmo’s Fire (1985).
• Impact : Ils incarnaient une jeunesse urbaine, souvent tourmentée ou rebelle, et dominaient les box-offices avant de voir leurs carrières prendre des trajectoires divergentes dans les années 90.
Dans Young Guns (1988), la présence d’Emilio Estevez, Kiefer Sutherland ou Charlie Sheen ancre définitivement le film dans cette mouvance « pop » et juvénile. ↩︎ - Pour conclure sur cette période faste, n’oublie pas que ce film s’inscrit parfaitement dans notre rétrospective 1988 : L’ANNÉE DE LA DÉFLAGRATION, une année où le cinéma de genre a définitivement muté. ↩︎
En savoir plus sur CritiKs MoviZ
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Discussion
Pas encore de commentaire.