
COMING TO AMERICA (1988) : Le couronnement d’Eddie Murphy…
Verdict d’entrée
Une masterclass de comédie où Eddie Murphy, au sommet de son charisme, prouve qu’il est le patron absolu du box-office. Oubliez les suites poussives : ici, l’alchimie entre John Landis et son acteur fétiche frise la perfection royale. Découvrons à travers cette critique de Coming to America comment un conte de fées urbain est devenu un pilier indéboulonnable de la pop culture.
Note : 4.5/5
Le pitch
Le prince Akeem, héritier du richissime royaume africain du Zamunda, refuse le mariage arrangé que lui impose son père. Accompagné de son fidèle serviteur Semmi, il s’envole pour New York — plus précisément le quartier du Queens — afin de trouver une femme indépendante qui l’aimera pour lui-même et non pour sa couronne. Entre petits boulots et quiproquos, le choc des cultures est total.
Notre avis sur COMING TO AMERICA
Donner son avis sur Coming to America (ou Un Prince à New York pour les nostalgiques de la VF), c’est replonger dans l’âge d’or de la comédie américaine avant qu’elle ne devienne trop policée. Le film évite miraculeusement le piège de la caricature grossière pour offrir une satire sociale savoureuse sur le rêve américain, vue par le prisme d’une royauté africaine fantasmée mais digne. C’est drôle, c’est généreux, et c’est surtout un formidable véhicule pour le génie transformiste de son duo principal.
Les atouts majeurs
La force du film réside dans son équilibre précaire mais réussi entre romance classique et humour corrosif. John Landis, fort de son expérience sur The Blues Brothers, laisse une liberté totale à Eddie Murphy et Arsenio Hall pour multiplier les rôles sous des tonnes de latex signées Rick Baker. Les scènes dans le salon de coiffure sont des morceaux d’anthologie pure où l’improvisation semble dicter sa loi. La direction artistique, notamment les costumes du Zamunda, apporte une opulence qui crédibilise ce conte de fées moderne. Techniquement, c’est du grand cinéma de studio : propre, rythmé et diablement efficace.

Les faiblesses et limites
Si l’on veut faire la fine bouche, on notera une structure narrative assez prévisible qui respecte à la lettre les codes de la comédie romantique. Certains gags secondaires ont un peu vieilli, et la romance centrale entre Akeem et Lisa manque parfois du piquant que l’on trouve dans les scènes de groupe. Mais c’est vraiment pour chercher la petite bête face à une telle machine à rire.
Focus Réalisateur : John Landis
Maître incontesté de la comédie hybride, John Landis a redéfini le divertissement hollywoodien des années 80 en injectant une dose d’anarchie et de virtuosité technique dans le système des studios. De l’horreur graphique du Loup-garou de Londres (1981) au burlesque millimétré des Blues Brothers (1980), John Landis filme le chaos avec une précision chirurgicale. S’il a offert à Eddie Murphy ses plus beaux écrins, sa carrière s’est malheureusement essoufflée après le tournage tragique de Twilight Zone (1983). Son ultime long-métrage de fiction, le méconnu et grinçant Cadavres à la pelle (2010), témoignait pourtant d’un humour noir intact, vestige d’un cinéma généreux aujourd’hui disparu.

La mise en scène / Le jeu
John Landis filme New York avec une affection évidente, captant l’énergie crasseuse du Queens de la fin des années 80. Sa réalisation est décontractée, laissant respirer les comédiens. Eddie Murphy livre ici sa performance la plus équilibrée, délaissant un temps son tic de langage « grande gueule » pour une composition pleine de douceur et de naïveté feinte en Prince Akeem. Face à lui, James Earl Jones impose une présence impériale (et une voix de stentor) qui reste légendaire.
Le saviez-vous
- Le film marque la deuxième collaboration entre John Landis et Eddie Murphy après Trading Places (1983).
- Samuel L. Jackson fait une apparition remarquée en braqueur de fast-food, l’un de ses premiers rôles marquants.
- Le film a généré entre 288 et 350 millions de dollars, devenant l’un des plus gros succès portés par un casting majoritairement afro-américain.
Conclusion et recommandation
Coming to America est indispensable pour tout amateur de comédie qui se respecte. C’est le vestige d’un temps où Hollywood savait être populaire sans être débile. Un film culte qui a survécu à une presse parfois frileuse à sa sortie pour s’imposer comme un classique multigénérationnel.
Pistes de réflexion
Au-delà du rire, le film questionne la notion de réussite et d’identité. Peut-on réellement s’affranchir de son héritage pour se construire seul ? En 1988, année charnière pour le cinéma, cette question résonnait particulièrement. Pour approfondir ce contexte, ne manquez pas de lire mon dossier sur 1988 : L’ANNÉE DE LA DÉFLAGRATION.
À vous de juger
Alors, Akeem est-il le meilleur rôle de Eddie Murphy ?
Le latex de Rick Baker a-t-il mieux vieilli que les CGI modernes ?
J’attends vos avis tranchés dans les commentaires !

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