Action, Espionnage, Thriller

LAND OF BAD (2024) ★★★★☆

Temps de lecture : 3 minutes
Russell Crowe en pilote de drone Reaper dans le film Land of Bad.

Le drone et la boue, un enfer à ciel ouvert…

William Eubank livre un thriller d’extraction viscéral qui repose sur un duo asymétrique mais redoutable. C’est tendu, brutal, et ça évite de justesse le piège du patriotisme bas du front grâce à une tension constante. Découvrons à travers cette critique de Land of Bad (2024) l’efficacité d’un « survival » qui réconcilie technologie froide et tripes sur le terrain.
Note : 4/5

Lors d’une mission d’extraction de la Delta Force aux Philippines qui tourne au fiasco, Kinney (Liam Hemsworth), une recrue JTAC inexpérimentée, se retrouve seule en territoire ennemi. Son unique chance de survie repose sur « Reaper » (Russell Crowe), un pilote de drone expérimenté qui le guide à distance depuis une base d’opérations à Las Vegas.

La force du film réside dans son découpage spatial. William Eubank parvient à rendre l’action lisible malgré le chaos de la jungle. L’utilisation du drone n’est pas qu’un gadget ; c’est un véritable outil de mise en scène qui crée un suspense « omniscien » insoutenable. Visuellement, c’est propre, les impacts ont du poids et la photographie ne cherche pas à camoufler l’action derrière un montage épileptique. On est loin de la soupe numérique habituelle.

On n’échappe pas à certains clichés du genre : le commandement obtus qui ne comprend rien au terrain et quelques facilités scénaristiques sur la résistance physique du héros. Le scénario tient sur un ticket de métro, privilégiant l’efficacité brute à la profondeur psychologique. En résumé, c’est du cinéma de « gars sûrs », efficace certes, mais bien trop prévisible dans sa structure narrative.

Si Liam Hemsworth fait le job en « bleu » qui déguste, il n’en reste pas moins que Russell Crowe bouffe littéralement l’écran. Assis dans son fauteuil, en short, il apporte une humanité et une lassitude presque poétique à ce « dieu du ciel » impuissant. De plus, la réalisation de William Eubank est nerveuse, immersive, et prouve qu’il est l’un des rares à savoir filmer l’espace et la géographie d’un combat en 2024.

  • Le film a été tourné principalement dans le Queensland, en Australie, dont la jungle ressemble à s’y méprendre aux paysages des Philippines.
  • William Eubank a insisté pour utiliser des conseillers militaires actifs afin que les procédures de guidage laser et les frappes de drones soient, en effet, le plus réalistes possible techniquement.

Land of Bad (2024) est une excellente surprise pour les amateurs de polars militaires et de survie. Il se place confortablement entre Du Sang et des Larmes et The Covenant. À voir pour la performance habitée de Russell Crowe et la tension qui ne relâche jamais sa proie.

Le film interroge subtilement la déconnexion entre la guerre technologique (confortablement installée dans un bureau climatisé) et la réalité crue du sang et de la boue. Est-on encore un soldat quand on tue à 12 000 kilomètres de sa cible ?

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

Discussion

2 réflexions sur “LAND OF BAD (2024) ★★★★☆”

  1. Avatar de Vampilou fait son Cinéma

    Ah, je l’avais beaucoup aimé celui-ci, une vision assez différente pour un film de guerre et des réflexions finalement très fortes sur le rôle de ceux qui donnent les ordres !

    Publié par Vampilou fait son Cinéma | 15/02/2026, 15h17
    • Avatar de Olivier Demangeon

      Merci pour ton retour ! C’est vrai que le film pose de vraies questions sur cette déconnexion totale entre le confort d’un fauteuil climatisé et l’enfer de la boue.

      Sur le sujet, il y a déjà eu quelques films axés sur les drones de combat, comme DRONE (2017) ou le très clinique GOOD KILL (2014), mais ce LAND OF BAD (2024) offre une vision très réaliste de l’utilisation en mode combat pur. On n’est plus seulement dans la réflexion morale en circuit fermé, mais dans l’appui tactique viscéral. Eubank a vraiment réussi à montrer comment cette technologie devient le cordon ombilical de ceux qui sont au sol.

      Au plaisir de lire tes prochains commentaires sur le blog !

      Publié par Olivier Demangeon | 15/02/2026, 17h08

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