
Eddie Murphy s’égare dans la quatrième dimension….
Verdict d’entrée
The Golden Child est le prototype même du projet mal né, une œuvre hybride qui ne sait jamais si elle doit faire peur ou faire rire. Eddie Murphy tente d’y injecter son bagout habituel dans un univers fantastique qui lui sied aussi mal qu’un costume de pingouin. Découvrons à travers cette critique du film The Golden Child (1986) l’échec d’une tentative de blockbuster mystique qui sacrifie son atmosphère sur l’autel du « One-Man Show« .
Note : 4/10.
Synopsis
Chandler Jarrell, un travailleur social spécialisé dans la recherche d’enfants disparus, se voit confier une mission divine : retrouver « l’Enfant Sacré » du Tibet, kidnappé par des forces démoniaques. Propulsé malgré lui dans une lutte entre le Bien et le Mal, ce New-Yorkais cynique devra troquer ses vannes contre des dagues magiques.
Les atouts majeurs
Le seul véritable intérêt du film réside dans la performance de Charles Dance, qu’on avait pu voir dans Viva Sardabapale (1986). En méchant démoniaque, Sardo Numspa, il apporte une élégance froide et une menace réelle qui contrastent avec la légèreté de l’ensemble. On retiendra également quelques effets visuels signés Industrial Light & Magic, notamment la créature ailée finale qui, bien que datée, témoigne du savoir-faire artisanal de l’époque. La photographie joue par moments sur des ambiances sombres et brumeuses assez réussies, rappelant que le projet initial était censé être un thriller noir et sérieux (initialement prévu pour John Carpenter).
Les faiblesses et limites
Le film souffre d’un déséquilibre tonal schizophrénique. Le scénario traite d’infanticide, de démons et de fin du monde, mais Eddie Murphy passe son temps à briser le quatrième mur avec des blagues qui désamorcent toute tension. La réalisation de Michael Ritchie est plate, incapable de donner de l’ampleur aux scènes d’action ou de la poésie au mysticisme tibétain. Les décors de studio font « faux », la romance est inexistante et le rythme s’essouffle dès que l’intrigue quitte les rues de Los Angeles pour les montagnes du Tibet de pacotille. C’est un film qui semble avoir été remonté à la hache pour coller à l’image de star d’Eddie Murphy après le succès du Flic de Beverly Hills (1984).
Le saviez-vous ?
Le film a failli être radicalement différent ! À l’origine, le script était un drame d’aventure sombre intitulé The Tibet Project. Le rôle principal avait été proposé à Mel Gibson, qui a refusé. C’est suite à ce refus que Paramount a décidé d’embaucher Eddie Murphy et de réécrire tout le film pour en faire une comédie. On imagine mal Mel Gibson faire des blagues sur Pepsi au beau milieu d’un temple sacré…
Conclusion et recommandation
The Golden Child est une curiosité des années 80 qui se regarde aujourd’hui avec un sourire poli, mais sans passion. C’est le film qui a marqué le début d’une certaine paresse chez Eddie Murphy. À réserver aux nostalgiques de l’époque ou à ceux qui veulent voir l’acteur galérer face à des effets spéciaux en stop-motion. On est très loin du génie de son comparse Tony Scott.
- Source d’autorité : Fiche complète de The Golden Child sur IMDb.
- Contexte additionnel : Retour sur les effets spéciaux de ILM dans les années 80.
Pistes de réflexion
Le film pose la question du formatage des stars hollywoodiennes. En transformant un script de dark fantasy en comédie pour Eddie Murphy, les studios ont-ils tué une œuvre potentiellement culte ? C’est l’exemple parfait du film « produit » plutôt que « réalisé », où le marketing dicte la tonalité au détriment de la vision artistique.
À vous de juger
Comédie culte ou ratage fantastique ? Chandler Jarrell reste pour beaucoup un souvenir d’enfance, mais le film résiste mal à une analyse adulte et rigoureuse. Votre nostalgie est-elle plus forte que mon cynisme ?
La discussion est ouverte en commentaire.

En savoir plus sur CritiKs MoviZ
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Discussion
Pas encore de commentaire.