Action, Comédie, Disney+, Science fiction, Super-Héros

DEADPOOL & WOLVERINE (2024)  ★★★✮☆

Temps de lecture : 4 minutes
Affiche officielle du film Deadpool & Wolverine (2024) avec Ryan Reynolds et Hugh Jackman.

Le rire comme dernier refuge des héros abandonnés

Deadpool & Wolverine (2024) est une œuvre hybride, à la fois jubilatoire et mélancolique, qui transforme le chaos du multivers en terrain de jeu méta-cinématographique. Shawn Levy orchestre une rencontre aussi attendue que réflexive, où l’humour masque une vraie interrogation sur la fin de cycle des super-héros version Fox.
Note : 7/10

Wade Wilson est arraché à sa routine par une organisation qui manipule le multivers. Sa mission improbable le force à faire équipe avec un Logan brisé. Ensemble, ils affrontent une menace née du « Vide », un espace où s’accumulent les vestiges des univers oubliés.

La grande force du film réside dans sa tension permanente entre hommage sincère et fan service assumé. Le scénario joue avec la nostalgie de l’ère Fox sans jamais la nier, tout en exploitant pleinement son potentiel commercial. Ce fragile équilibre nourrit une réflexion méta sur la mémoire collective des spectateurs.

L’évolution de Wade et Logan dépasse le simple arc narratif. Ils deviennent les incarnations symboliques de franchises mises à l’écart après le rachat de la Fox par Disney. Leur quête de rédemption personnelle reflète celle de personnages rendus obsolètes par un système industriel en mutation.

La chimie entre Ryan Reynolds et Hugh Jackman est indéniable. Ryan Reynolds maîtrise toujours son débit comique autoréférentiel, mais c’est Jackman qui surprend par une interprétation plus vulnérable, presque crépusculaire, éloignée de l’icône invincible.

La présence de Wesley Snipes constitue l’un des clins d’œil les plus chargés de sens du film. Plus qu’un simple caméo nostalgique, son retour agit comme un rappel frontal de l’ère pré-MCU, celle où les adaptations Marvel tâtonnaient encore mais osaient des propositions plus radicales. En convoquant l’icône de Blade, le film reconnaît implicitement une filiation souvent effacée par le récit officiel du MCU, transformant cette apparition en geste de réhabilitation symbolique autant qu’en hommage sincère à un pionnier du cinéma de super-héros adulte.

Enfin, Matthew Macfadyen et Emma Corrin imposent un jeu volontairement théâtral. Leur présence apporte une étrangeté bienvenue, presque shakespearienne, qui contraste avec l’humour contemporain et renforce le ton carnavalesque du film.

Le principal écueil reste un scénario volontairement lâche, davantage prétexte à une succession de gags, caméos et références qu’à une narration solide. Cette approche séduira les fans avertis mais peut laisser le spectateur moins investi émotionnellement.

Le métahumour, pourtant marque de fabrique de Deadpool, montre ici ses limites. Malgré une classification R, le film demeure étonnamment autocensuré. La subversion promise se heurte aux impératifs de Disney, créant une dissonance entre provocation affichée et conformité structurelle au MCU.

Visuellement, les effets spéciaux sont inégaux. Certaines séquences nocturnes impressionnent par leur énergie, tandis que d’autres passages diurnes manquent de relief. Le rythme, pourtant contenu (127 minutes), s’essouffle parfois sous la répétition de vannes méta.

Deadpool & Wolverine (2024) s’adresse avant tout aux spectateurs familiers de l’univers Marvel et de l’héritage Fox. Idéal pour une séance en salle ou un visionnage collectif, le film trouve sa place comme œuvre-charnière dans la filmographie de Shawn Levy, plus réflexive qu’il n’y paraît.

Le « Vide » agit comme une allégorie puissante de la culture populaire consumériste, où les univers narratifs sont créés, exploités puis abandonnés. Le film interroge, sans toujours l’assumer pleinement, la logique d’obsolescence programmée du divertissement moderne.

Entre hommage affectueux et produit calibré, Deadpool & Wolverine (2024) pose une question centrale : peut-on encore être irrévérencieux dans un système qui récupère tout ? La discussion est ouverte en commentaire.


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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