
La maternité devient cauchemar absolu…
Note & Verdict d’entrée
Rob Savage délaisse les artifices de l’écran partagé pour plonger dans les tréfonds de la terreur domestique avec une intensité formelle qui cloue au fauteuil. Si le film souffre d’une écriture parfois trop pressée d’en découdre, la maestria visuelle et le duel psychologique compensent largement ces raccourcis d’écriture. Une proposition viscérale qui rappelle que la cellule familiale reste le plus terrifiant des terrains de jeu. Découvrons à travers cette critique du film « Other Mommy » (2026) si cette relecture horrifique de l’angoisse parentale réussit son examen de passage ou se perd dans ses propres jump scares.
Note : 3.5/5 (★★★✮☆)
Le Pitch
Bela, sept ans, assiste impuissante à l’effritement du couple formé par ses parents, Ursula et Russ. Fragilisée par ce silence pesant, la fillette répond aux sollicitations d’une présence spectrale qui usurpe l’identité de sa génitrice : « l’Autre Maman ». Réclamant d’entrer dans son cœur, l’entité isole la famille et massacre méthodiquement les obstacles sur sa route. Pour survivre, le trio devra affronter ses propres mensonges au cœur d’un foyer devenu piège mortel.
Notre avis sur OTHER MOMMY
En adaptant le roman percutant de Josh Malerman, Rob Savage prouve qu’il sait manier l’angoisse sans avoir recours aux béquilles technologiques de ses débuts. Notre avis sur Other Mommy (2026) oscille entre fascination plastique et légère frustration narrative. Le métrage fonctionne comme un uppercut sensoriel qui prend aux tripes, exploitant la fracture parentale pour matérialiser un croque-mitaine viscéral. En effet, la peur ne naît pas seulement des apparitions spectrales, mais de cette démission émotionnelle des adultes face au désarroi de leur enfant. Bien que l’intrigue sacrifie quelques respirations salutaires en cours de route, le film s’impose comme une proposition horrifique d’une rare élégance visuelle.
Les atouts majeurs
L’impact du film repose sur une gestion maniaque du hors-champ et de la spatialisation sonore. Rob Savage compose avec le chef opérateur Lowell A. Meyer des plans d’une précision chirurgicale, où le moindre recoin d’ombre et chaque poignée de porte deviennent des vecteurs de pure paranoïa. L’entité ne se contente pas d’effrayer : ses déformations corporelles et son occupation insolite des pièces génèrent un sentiment de menace permanente, appuyé par un mixage sonore minimaliste où le silence pèse autant qu’un cri. Par ailleurs, la dynamique émotionnelle entre la fillette et sa mère confère au récit une gravité tragique qui évite au projet de sombrer dans l’exercice de style creux.
Les faiblesses et limites
Le bât blesse dès lors que Nathan Elston confond tension continue et précipitation scénaristique. Le récit cavale à bride abattue, écourtant l’installation de la crise conjugale et forçant l’acceptation du surnaturel par des parents étonnamment dociles face à l’indicible. À force de privilégier l’efficacité immédiate, le scénario dilue la portée de ses métaphores sur la culpabilité maternelle et accorde au démon des capacités élastiques sans limites claires, transformant certains actes du dernier tiers en commodités d’écriture un peu grossières.

La mise en scène / Le jeu
Jessica Chastain livre une partition dédoublée remarquable, alternant la froideur d’une mère en plein burn-out affectif et la démence d’un reflet monstrueux avec une aisance glaçante. Face à elle, la jeune Arabella Olivia Clark évite tous les pièges du rôle d’enfant martyre : son regard d’une vulnérabilité désarmante ancre chaque scène dans une vérité dramatique poignante. Jay Duplass assure un contrepoint sobre mais solide, tandis que le montage nerveux de John Cutler resserre l’étau sans laisser le spectateur reprendre son souffle.
Le saviez-vous ?
- Le film adapte Incidents Around the House de Josh Malerman, l’auteur à succès déjà derrière le phénomène Bird Box (2018).
- Le compositeur Patrick Jonsson a conçu une bande originale utilisant des berceuses déstructurées et des bruits organiques enregistrés directement dans les cloisons du décor principal.
- Pour concevoir Other Mommy, Rob Savage a fait appel à des artistes de contorsionnisme physique afin de limiter au maximum les retouches numériques lors des scènes d’apparition.
- Jessica Chastain a insisté pour tourner certaines scènes clés de l’entité elle-même sous prothèses plutôt que de déléguer l’ensemble des plans à une doublure cascade.
Conclusion et recommandation
Efficace, oppressant et visuellement irréprochable, le film s’adresse aux amateurs d’épouvante psychologique et de terreur domestique prête à mordre. Pour ne rien rater des futures sorties et recevoir mes verdicts sans filtre directement sur ton smartphone, rejoins ma chaîne WhatsApp : c’est gratuit, totalement anonyme et garanti sans langue de bois.
Pistes de réflexion
L’entité maléfique représente-t-elle le révélateur clinique d’un divorce inévitable ou la projection de la terreur d’abandon vécue par Bela ? En refusant de trancher nettement entre le dysfonctionnement familial réel et la malédiction purement démoniaque, le film interroge la part de responsabilité parentale dans les traumatismes transmis à l’enfance.
À vous de juger
Pensez-vous que Rob Savage a réussi sa transition vers l’horreur de studio ou préférez-vous le minimalisme sauvage de ses premiers films ? Venez en débattre dans l’espace commentaires ci-dessous !

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