
James Nunn lâche un hippopotame meurtrier dans les bayous de Louisiane…
Oubliez cinq minutes les requins et les crocodiles : c’est un hippopotame colossal qui joue les prédateurs alpha dans Hungry, nouveau thriller de survie écrit et réalisé par James Nunn. Prévu pour l’été 2026, le film promet de transformer une excursion touristique en cauchemar à ciel ouvert, avec un casting mené par Madison Davenport et le vétéran Joaquim de Almeida.
Le Développement
L’intrigue nous plonge dans les marécages de Louisiane, où Sistine (Madison Davenport), en quête de dépaysement après une série de coups durs personnels, embarque avec un groupe hétéroclite sur une excursion fluviale bon marché. Comme le veut la tradition du genre, l’appât du gain pousse le guide à s’écarter des zones autorisées. La promenade vire rapidement à l’horreur lorsque le groupe découvre les restes mutilés d’un alligator célèbre, avant d’être pris en chasse par un hippopotame d’une taille et d’une agressivité hors normes.
Produit par Signature Entertainment et tourné à Malte (qui fait office de doublure pour le bayou), le projet est piloté par James Nunn, réalisateur habitué des productions d’action à budget maîtrisé (One Shot, Extraction). La distribution s’articule autour de visages familiers du genre, incluant également Tracey Bonner, Jim Meskimen, Samantha Coughlan et Michel Curiel.
L’Angle « Critiks Moviz »
Soyons clairs : le postulat de départ frôle l’absurde et assume pleinement son héritage de creature feature à l’ancienne. Pourtant, c’est précisément dans ce cadre contraint que l’on attend James Nunn au tournant. La promesse d’effets pratiques pour la créature et les décors naturels est une bouffée d’oxygène bienvenue, loin des dérives d’un CGI lisse et désincarné qui tue trop souvent la tension dans ce type de production. Si la texture de l’image et le design sonore parviennent à restituer la lourdeur viscérale, les vibrations sourdes et la menace physique d’un tel mastodonte dans un espace confiné, le film pourra alors tenir ses promesses techniques.
Sur le plan narratif, le scénario introduit une nuance intéressante en révélant que la fureur de l’animal est motivée par la protection de sa progéniture piégée. Ce choix n’est pas sans évoquer la maestria de Bong Joon-ho dans The Host (2006), où la monstruosité de la créature se doublait d’une tragédie familiale et d’une critique sociale, offrant une résonance émotionnelle inattendue. Ici, l’enjeu sera d’éviter l’écueil des personnages aux décisions scénaristiques idiotes (le fameux « pourboire » pour sortir de la route est un cliché qu’il faudra absolument racheter par une mise en scène implacable et un rythme soutenu). La présence de Joaquim de Almeida, dont le charisme et la gravité ont fait merveille du Desperado à Fast Five, devrait apporter l’ancrage dramatique nécessaire pour que l’ensemble ne bascule pas dans la parodie involontaire.
Conclusion
Hungry devrait pointer son museau en salles et en VOD aux États-Unis dès juin 2026. Reste à savoir si James Nunn est parvenu à dompter sa bête avec la rigueur technique et narrative requise, ou si le projet s’est embourbé dans les facilités du genre. C’est du côté de Netflix qu’il va falloir se pencher, où le métrage est disponible depuis peu…

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